20/11/2021 18:12
Plus de 150 galeries exposent depuis vendredi 19 novembre un demi-millier d'artistes, créateurs confirmés ou jeunes talents, pour la première foire d'art contemporain organisée à Rome, temple de l'art classique.
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Baptisée "Art dans le Nuage", la foire se tient au "Nuage" ou "Nuvola" en italien, un bâtiment ultra-moderne signé de l'architecte Massimiliano Fuksas dans un quartier monumental des années 1930 de la capitale.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Nous voulons combler un vide qu'il y avait à Rome", explique Alessandro Nicosia, concepteur et directeur de l'événement, reconnaissant ainsi indirectement l'absence depuis des années d'un mouvement artistique et culturel avant-gardiste dans la capitale italienne.

Cet événement inédit, ouvert au public jusqu'à dimanche 21 novembre, se tient au Nuage ou Nuvola en italien, un bâtiment ultra-moderne signé de l'architecte Massimiliano Fuksas dans un quartier monumental des années 1930 de la capitale, l'EUR, à une dizaine de kilomètres du centre historique, loin des églises et vestiges romains qui ont les faveurs d'une grande part du public.

Dans le Nuage, peintures, sculptures, installations et vidéos se succèdent sur 7.000 m² où l'on peut admirer les hommes sans tête de Donato Piccolo, la peinture numérique de David Maria Coltro avec ses paysages en constante évolution, ou encore la vidéo intrigante de la jeune Pamela Diamante.

État des lieux 

La fragilité inquiétante de la nature et des espèces inspire de nombreux artistes, qui créent des vidéos et des sculptures sonores comme Marta et l'éléphant de Stefano Bombardieri, dont les éléphants et les hippopotames suspendus sont une métaphore de la condition humaine.

Baptisée "Art dans le Nuage", la foire permet de faire une sorte d'état des lieux de la vitalité de l'art contemporain en Italie après la pandémie.

Elle a aussi pour ambition de devenir un point de référence pour les galeristes, collectionneurs et directeurs de musées.

Particulièrement impressionnant, un énorme cube de fer noir recouvert de morceaux de charbon, conçu dans les années 70 par le Grec Jannis Kounellis, décédé en 2017 mais qui a vécu à Rome. Ce grand maître du mouvement Arte Povera rappelle ainsi aux visiteurs que l'art va au-delà du commerce et qu'il peut naître de matériaux considérés comme pauvres : charbon, terre ou déchets.

Kounellis apprécierait certainement l'installation de Cyril de Commarque, The Goddess of All Things (La déesse de toutes les choses), fabriquée à partir de matériaux recyclés et sculptée en partie par un robot, avec un énorme œuf ouvert d'où émerge une femme enceinte, sorte allégorie moderne de la naissance.

Ouverte sur l'étranger, la foire a choisi d'inviter Israël, qui a sélectionné un groupe de 17 artistes abordant à leur manière les multiples facettes de l'État hébreu, qui accueille des origines, des cultures et des ethnies différentes.

AFP/VNA/CVN

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