22/07/2018 09:38
Les villages d’artisans sont des atouts pour la capitale, en particulier pour son essor touristique. Analyse du président de l’Association des villages de métiers du Vietnam, Luu Duy Dân.
>>Artisans et voyagistes main dans la main
>>Hanoï: assurer la pérennité des savoir-faire

Luu Duy Dân, président de l’Association des villages de métiers du Vietnam.
Photo: ST/CVN
Quel regard portez-vous sur l’état actuel du développement des villages de métiers de Hanoï?

La capitale est une source de talents artisanaux qui, au-delà des considérations matérielles, sont des témoins de la vigueur de la culture nationale. Par ailleurs, la ville, peuplée de 7,6 millions d’habitants, rayonne sur le plan international et est en cela très attractive.

Afin de conjuguer ces deux états de fait, nous avons organisé avec succès beaucoup d’événements à caractère international.

Il est clair que ses 1.350 villages de métiers caractérisés par leur production, parfois connue mondialement comme les soieries de Van Phuc ou les céramiques de Bat Tràng, et leur symbolique, nombre d’entre eux étant parfois vieux de 500 à 1.000 ans, sont des moteurs de développement inestimable pour Hanoï.

Il ne faut pas non plus se cacher que malgré ces efforts, les objets qui sortent des ateliers ont encore du mal à trouver leur style et passent souvent pour se copier les uns les autres. Mais cela s’arrangera avec le temps.

Comment sont mis en valeur ces potentiels à l’heure actuelle?

D’un point de vue général, de gros efforts sont fournis afin de communiquer avec l’extérieur s’agissant des attraits du pays. Considérés comme "ressource touristique", les villages de métiers constituent un argument commercial à la fois par leur facette traditionnelle et rustique.

La palette d’objets à découvrir est considérable. Et regarder les artisans, héritiers d’un savoir-faire ancestral, travailler en direct permet d’offrir émerveillement et authenticité aussi bien aux visiteurs nationaux qu’étrangers.

À ce jour, nous avons choisi deux villages tests afin de régler les paramètres indispensables à une mise en valeur optimum: Bat Tràng et Van Phuc. Ainsi, nous travaillons à les inclure dans les principaux circuits touristiques de la ville. De la même façon, les premières mesures permettant la mise en place d’un processus de développement durable en accord avec les objectifs touristiques ont déjà été prises. Plus généralement, la communication à propos de ces villages a été renforcée sous toutes ses formes afin qu’ils soient plus visibles.

Le village de céramique de Bat Tràng, à Hanoï, est une destination de choix pour de nombreux touristes étrangers.
Photo: Hoàng Phuong/CVN

Côté infrastructure, les autorités locales ont compris leurs intérêts commerciaux et construisent des marchés artisanaux plus modernes sans jamais rompre avec leur style séculaire.

D’un point de vue plus personnel, je milite activement pour que les localités dépositaires d’un savoir-faire manuel créent des musées spécifiques pour insister sur leur valeur culturelle et leur statut de trait d’union entre passé et présent. Si on prend l’exemple du musée privé de la famille du feu artisan Vu Thang, dans le village de Bat Tràng, on comprendra tout de suite l’impact significatif d’un tel lieu sur le plan touristique.

Les autorités locales ont un rôle majeur à jouer concernant cette problématique. Pourriez-vous nous en indiquer les limites?

Le rôle des autorités locales est capital dans le traitement des statistiques nécessaires aux études de marché, le marketing et l’investissement. Si elles veulent bien gérer leur patrimoine culturel et l’adapter aux besoins touristiques pour en retirer des bénéfices sociaux, elles doivent également mettre en place une planification stratégique efficace.

On pourrait également imaginer que, sans sacrifier le traditionnel et la rusticité, quelques changements pourraient être apportés dans le processus de production afin de gagner en originalité et en qualité. Bat Tràng en est un excellent exemple étant donné que les artisans ont modifié quelques-uns de leurs ingrédients ainsi que leurs techniques de cuisson pour obtenir des émaux d’une qualité jusqu’alors jamais atteinte.

Les soies de Van Phuc sont appréciées.
Photo: Thanh Hà/VNA/CVN

Le renouvellement et la transmission du savoir-faire restent la question épineuse étant donné le désintérêt des jeunes générations. Sans doute faudrait-il que les artisans et les localités tissent des partenariats avec les universités de la culture et des beaux-arts pour dénicher de nouveaux talents.

Enfin, la distinction des artisans est indispensable au niveau local afin de faire remonter l’estime des populations pour ce genre de métier indispensable à la survie de l’identité profonde du pays.

Bao Khanh - Hoàng Phuong/CVN
 

Bat Tràng, l’un des villages de poterie
les plus célèbres du Vietnam


La céramique de Bat Tràng est connue et reconnue pour son originalité, sa qualité et sa beauté.
Photo: Hoàng Phuong/CVN

Situé sur la rive gauche du fleuve Rouge, à environ une dizaine de kilomètres au sud-est de Hanoï, Bat Tràng est renommé pour être l’un des plus anciens villages de poterie du Vietnam. Son histoire millénaire est étroitement liée à la naissance de l’ancienne capitale Thang Long (actuelle Hanoï). La céramique de Bat Tràng est connue et reconnue pour son originalité, sa qualité et sa beauté. Elle constitue ainsi un motif de fierté pour le pays.

La beauté des objets de Bat Tràng tient principalement à la finesse et à la blancheur de leur production ainsi qu’à la capacité des locaux à maîtriser diverses sortes d’émaux. En effet, l’émail de fond est particulièrement important car il confère l’élégance aux produits finis. Plusieurs espèces d’émaux de Bat Tràng ont donné le ton de la mode vietnamienne en termes de céramique comme les émaux émeraude, blanc ou brun... La céramique de Bat Tràng atteste et exprime à la fois l’habileté et la créativité de ses auteurs.
 

 

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