01/12/2019 07:15
Quelque 400 journalistes francophones se sont réunis à Yaoundé du 18 au 22 novembre pour participer aux 48es Assises de la presse francophone. Objectif : débattre des questions relatives à l’information et à l’émotion face à la montée en puissance des réseaux sociaux.
>>Yaoundé pour un journalisme moins d’émotion et plus d’information
>>Ouverture des 48es Assises de la presse francophone à Yaoundé

Cérémonie d’inauguration des 48es Assises internationales de la presse francophone, le 19 novembre à Yaoundé, en présence du Premier ministre camerounais, Dr Joseph Dion Ngute.

Le thème "Journalisme d’émotion, journalisme d’information ?" des 48es Assises de Yaoundé est "d’interroger sur la pertinence des pratiques professionnelles dans le monde aujourd’hui", a insisté Madiambal Diagne, président du Comité international de l’Union de la presse franco-phone (UPF), lors de la cérémonie inaugurale tenue le 19 novembre à Yaoundé, capitale du Cameroun.

À la séance d’ouverture, le Premier ministre camerounais, Dr. Joseph Dion Ngute, et le Responsable de programme médias et représentant de la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Tidiane Dioh, étaient présents.

Cette rencontre annuelle de l’UPF a posé la question de l’émotion, qui fait que le monde et les médias "deviennent incontrôlables", selon Madiambal Diagne. Il a également ajouté que l’UPF s’est rendue à Yaoundé pour "réaffirmer le droit des citoyens à une information crédible, équilibrée et féconde". "Yaoundé devra marquer le renouveau de l’information et des pratiques professionnelles dans l’espace francophone. Les différentes sessions de travail indiqueront les formules pour revenir aux fondamentaux d’un métier noble et nécessaire à la dynamique sociale et à l’idéal démocratique", a-t-il confirmé.

Le chef du gouvernement camerounais a, dans son discours inaugural, exprimé le souhait de voir les journalistes francophones "tirer avantage des Assises de Yaoundé pour réinventer de nouvelles pratiques professionnelles, mais aussi pour découvrir ce beau pays, terre d’hospitalité".

Dans cet esprit, de nombreux ateliers et tables rondes ont été organisés selon divers sous-thèmes tels que "L’émotion dans les médias, frein ou atout pour l’information ?" ; "Le photojournalisme : entre information et mise en scène, lorsque la recherche de l’émotion déforme les faits" ; "La couverture des grands mouvements populaires, objectivité  de l’information, subjectivité de l’émotion" ; "Journalisme d’investigation : du droit absolu à l’information"…

Une rencontre couronnée de succès

Signature d’un accord-cadre entre les représentants de l’UPF et du Forum des éditeurs africains, devant quelque 400 journalistes francophones.

Au terme de ces trois jours, les 48es Assises de la presse francophone se sont clôturées avec succès. Impression : satisfaction générale tant au point de vue de l’organisation que du contenu des ateliers.

D’après la secrétaire générale internationale de l’UPF, Zara Nazarian, "l’objet de cette rencontre était de sensibiliser davantage les journalistes à l’éthique et à la déontologie, et  l’on y est parvenu". "Ce thème était une excellente idée, les conférenciers l’ont abordé d’une façon variée, mais tous ont réussi à relever des aspects positifs et négatifs de l’émotion et de l’information", a estimé Eva Vamos, présidente de l’UPF-Hongrie.

Le président de l’UPF-Cameroun, Aimé Robert Bihina, quant à lui, a rappelé la conclusion des ateliers de promouvoir un journalisme "moins émotionnel et plus informatif". Il a reconnu que le poids de l’émotion pesait lourdement sur le traitement de l’information. Mais il s’est aussi déclaré convaincu que les participants rentreraient avec un "viatique appréciable" issus des débats forts riches.

À la cérémonie de clôture, les participants ont également assisté à la signature d’un accord-cadre entre l’UPF et le Forum des éditeurs africains, qui œuvreront ensemble pour promouvoir les médias, la liberté et l’indépendance des journalistes en Afrique et à travers le monde. Le secrétaire général de la Fédération internationale des journalistes, Anthony Béranger, a saisi cette occasion pour présenter la nouvelle Charte d’éthique professionnelle des journalistes, adoptée en juin 2019.

Cet événement s’est terminé avec la révision et l’adoption par la majorité des membres du Comité international des modifications de ses statuts, dans le but d’adapter le fonctionnement de l’UPF aux règles démocratiques et de transparence.

Rendez-vous en 2020 en Tunisie

"Le Journalisme d'investigation : du droit +absolu+ à l'information ?", une table ronde organisée en partenariat avec la revue "Le Monde diplomatique".  

Lors de la cérémonie de clôture, le 21 novembre à Yaoundé, le ministre camerounais de la Communication, René Emmanuel Sadi, et le président du Comité international de l’UPF, Madiambal Diagne, ont informé que les 49es Assises de l’UPF se tiendront en décembre 2020 à Tunis (Tunisie), en marge du Sommet de l’OIF.

"Sur proposition de la section de l’UPF-Tunisie et avec l’adoption du Comité international,  la thématique de ces 49es Assises sera axée sur le leadership féminin pour répondre à une volonté de l’UPF exprimée depuis longtemps de promouvoir les femmes dans les médias”, a ajouté Madiambal Diagne, en insistant que "ce sera l’occasion de fêter dignement les 70 ans de notre organisation".

"Notre section passe le relais à son homologue tunisienne à la fin de fructueux échanges sur le thème +Journalisme d’émotion, journalisme d’information+, une problématique qui intéresse tous les professionnels des médias", a remarqué Aimé Robert Bihina, président de l’UPF-Cameroun.

Pour sa part, le représentant de la section UPF-Tunisie, Mourad Belami, s’est engagé à "faire des efforts pour le succès des prochai-nes Assises, qui marqueront le 70e anniversaire de l’institution".

Texte et photos : Hà Nguyên/CVN


Union de la presse francophone

Fondée en 1950 d’une initiative franco-canadienne, l’Union de la presse francophone (UPF) est la plus ancienne association francophone de journalistes reconnue par les organisations internationales telles l’ONU, l’UNESCO et l’OIF. Son appellation d’origine est Association internationale des journalistes de langue française (AIJLF). Étant une organisation non gouvernementale, l’UPF a pour objectif de défendre la liberté et les valeurs fondamentales de la presse.

Depuis sa naissance, elle s’est employée à développer ses relations dans le monde. Aujourd’hui, elle regroupe quelque 50 sections et plus de 3.000 journalistes, responsables et éditeurs de la presse écrite et audiovisuelle répartis dans 110 pays ou régions du monde.
Siégeant à Paris, elle est présidée par le Sénégalais Madiambal Diagne depuis novembre 2014, et son secrétaire général international, Zara Nazarian, depuis novembre 2018.

La Section UPF-Vietnam a été créée en 1997 par l’Agence Vietnamienne d’Information, à la veille des 29es Assises de la presse francophone et du VIIe Sommet de la Francophonie, tenus respectivement à Hanoï.
 

 

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