29/05/2021 06:22
En 2020, les médecins de l’Hôpital central de pédiatrie à Hanoï ont mené des opérations de transposition de grosses artères sur 60 petits patients. Le taux de réussite, de 96,7%, est le plus élevé en Asie du Sud-Est. Un progrès énorme pour le secteur de la santé du Vietnam.
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Le docteur Nguyên Ly Thinh Truong, directeur du Centre cardio-vasculaire dépendant de l’HCP, et le petit patient Quôc Thiên.
Photo : VN+/CVN

Vers 15h00 un jour de février 2020, Dô Van Luong, 35 ans, de la province septentrionale de Bac Giang, s’est accroché fermement à son fils de quatre jours pour la dernière fois avant de le laisser partir avec le personnel médical.

Des malformations cardiaques mortelles

Un très lourd processus médical attendait son fils, Quôc Thiên, atteint d’une transposition des grandes artères (TGA). C’est à l’Hôpital central de pédiatrie (HCP) qu’il allait subir une des opérations cardiaques les plus compliquées, en particulier pour les nouveau-nés.

La TGA est une malformation cardiaque grave qui survient avant la naissance. Elle provoque une modification de la circulation sanguine dans tout le corps, entraînant un manque d’oxygène dans le sang lorsque celui-ci quitte le cœur. Les bébés pourront alors faire face à de graves complications, et même en mourir, s’ils ne sont pas diagnostiqués et traités rapidement.

Le docteur Nguyên Ly Thinh Truong, directeur du Centre cardio-vasculaire dépendant de l’HCP, et ses collègues se sont soigneusement préparés pour l’opération et étaient prêts à tout tenter pour sauver le petit garçon.

Son père, Dô Van Luong, admit qu’il était bouleversé et anxieux, mais qu’il se sentait aussi soulagé de savoir que l’intervention allait être menée par une équipe dirigée par l’un des meilleurs médecins en chirurgie cardiaque pour les enfants. Il apprit en effet que le médecin Truong est un expert dans le traitement des cas rares, comme celui dont souffre son fils.

Le petit Quôc Thiên a été diagnostiqué avec la maladie de TGA alors qu’il était encore dans le ventre de sa mère. Son père amena tout de suite sa femme de Bac Giang à l’Hôpital national d’obstétrique et de gynécologie à Hanoï. À sa naissance, l’enfant fut immédiatement emmené à l’HCP.

"Ce cas est particulièrement difficile. Un écart de seulement un tiers ou un demi-millimètre affectera sa vie, car le travail de l’artère coronaire est de fournir presque tout le sang du cœur", explique le médecin Truong.

Selon lui, le diamètre d’une artère coronaire chez un nouveau-né n’est que d’environ 1 à 1,5 mm, ce qui n’est même pas visible à l’œil nu, les médecins utilisent donc une loupe pour effectuer la chirurgie. L’écart admissible n’est que d’environ 0,2 à 0,5 mm. La plupart des bébés dans cette condition subissent une chirurgie TGA au cours de leur premier mois de vie, mais certains en ont besoin dans les deux premières semaines. Si la chirurgie réussit, le bébé pourra vivre une vie tout à fait normale.

Cependant, "il est important de prendre particulièrement soin de ces enfants et de faire des examens réguliers, comme doivent le faire les patients atteints d’autres maladies cardiaques congénitales. Certains d’entre-eux auront besoin d’une deuxième opération à un moment de leur vie", nuance-t-il.

"La maladie de transfert artériel peut être décelée avant la naissance ou lors des tous premiers jours après la naissance", informe le docteur Truong, ajoutant qu’il s’agit de la 581e chirurgie TGA réalisée à l’HCP.

"C’est une maladie cardiaque congénitale compliquée et grave qui nécessite souvent une intervention chirurgicale dans le premier mois après la naissance. S’ils ne sont pas détectés à temps, 80-90% des bébés mourront au cours de la première année. Et ils ne peuvent pas subir de chirurgie après l’âge de deux ou trois mois", fait savoir le docteur Truong.

Un rapport de l’HCP a fait le bilan de ces opérations en 2020 : sur 60 chirurgies réalisées l’an dernier sur des patients souffrant de ces types de malformations cardiaques, le taux de réussite a été de 96,7%. Un taux élevé et encourageant pour le Vietnam, qui se place maintenant au même niveau que Singapour, la Malaisie ou encore la Thaïlande.

Il y a de cela seulement une dizaine d’années, une majorité des patients pédiatriques présentant de telles anomalies décédaient, car la chirurgie au Vietnam était impossible et se rendre à l’étranger était une option trop coûteuse pour la plupart des gens.

L’excellence vietnamienne dans la chirurgie

L’opération du petit Quôc Thiên a été un succès.
Photo : VN+/CVN

Des chiffres récents montrent que le taux d’enfants atteints de maladies cardiovasculaires au Vietnam est d’environ 1% à 1,5%. Parmi ceux-ci, 60% ont besoin d’une intervention chirurgicale, mais 80% d’entre eux arrivent à mener une vie saine. La chirurgie est le seul traitement des cardiopathies congénitales compliquées, car sans intervention directe, le risque de décès au cours de la première semaine de vie est d’environ 30% et de près de 100% dans la première année.

Le processus chirurgical est divisé en plusieurs étapes et comprend l’administration de l’anesthésie, l’arrêt du rythme cardiaque divisé, le fonction-nement d’un cœur artificiel, la chirurgie proprement dite, puis la réanimation active.

Le docteur Truong  déclare que faire cesser le cœur de battre est le plus difficile, car même la plus petite des erreurs peut avoir des conséquences terribles. Pour garantir le fonctionnement normal du cœur après l’opération, les médecins doivent déplacer à la fois l’aorte et l’artère pulmonaire. La partie la plus complexe est le repositionnement des artères coronaires, qui ne font qu’environ 0,5 mm de diamètre, ce qui signifie qu’une précision absolue est nécessaire.

Les chirurgies TGA pratiquées à l’HCP affirment que le professionnalisme des médecins et du personnel médical vietnamiens est au moins égal à celui des pays avancés de la région, rassurant les gens sur le fait que même la maladie la plus grave peut désormais être traitée ici, "à la maison".

Huong Linh/CVN


 
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