13/11/2017 06:12
Le français est une grande langue de communication internationale avec plus de 274 millions de locuteurs sur les cinq continents. Dans le contexte où l’anglais est dominant, il est nécessaire de promouvoir la formation du français surtout au Vietnam et dans la région.
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Tô Minh Phuong se détend en lisant un manuel de méthode de communication en français. Photo : Huong Giang/CVN

Dans son appartement au 31e étage donnant sur le fleuve Rouge de Times City, un nouveau quartier moderne au sud-est de Hanoï, Tô Minh Phuong se détend après les heures de classe par la lecture d’un livre, en écoutant une douce mélodie. Ce n’est ni un roman ni un livre best-seller, mais un manuel de méthode de communication en français. Il s’agit d’un document que cette enseignante d’université utilise pour son métier.

Avec sa silhouette fluette, Phuong ressemble plutôt à une lycéenne qu’à une professeure. Âgée de 29 ans, elle est l’une des plus jeunes professeurs du Département de français de l’Université de Hanoï (HANU).

Chercher à renouveler la méthodologie

Après avoir obtenu un master en information et communication à finalité communication des entreprises à l’Université Libre de Bruxelles (ULB) en 2013, Phuong s’engage dans la spécialité Communication d’entreprise du HANU. «C’est une nouvelle spécialité de formation en français destinée à répondre aux besoins du contexte actuel. Un certain nombre de jeunes l’ont choisi après leur bac», raconte-t-elle.

Dans le contexte du multilinguisme où la langue française n’est pas dominante, Phuong et les autres professeurs cherchent toujours à renouveler la méthodologie, acquérir de nouvelles connaissances afin de rendre leurs cours plus attrayants. S’y ajoute la participation à des stages dans des pays francophones organisés par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF).

«À chaque stage, j’accumule de nouvelles connaissances qui m’aident dans l’enseignement et rendent mes cours plus animés. Les étudiants sont encouragés à exprimer leurs points de vue. Une rareté, car la plupart des étudiants vietnamiens sont timides et échangent peu avec leur professeur, confie Phuong. Je n’ai qu’un souhait, celui de rehausser l’attractivité du français surtout dans le contexte où le nombre d’étudiants vietnamiens suivant des formations du et en français diminue».

L’enseignement du français se décline d’un point de vue administratif en deux cursus : langue vivante 1 et langue vivante 2. Phuong ressent bien les difficultés de l’enseignement du et en français actuellement au Vietnam. «Le français n’est pas une langue plébiscitée par les jeunes. S’ils la choisissent, c’est en général sans motivation», témoigne la jeune professeure.

Le français, le chemin de la réussite

Un cours de français à l’Université de langues et d’études internationales – Université nationale de Hanoï. Photo : Quê Anh/CVN

La langue de Molière est peu visible au Vietnam. Selon des chiffres de l’ambassade de France à Hanoï, sur quelque 90 millions de Vietnamiens, on estime à 470.000 le nombre de locuteurs francophones, soit 0,5% de la population totale.

Pourtant, la diversité des programmes scolaires d’apprentissage du français permet des orientations diversifiées dans les études supérieures, où l’on dénombre actuellement 15.000 apprenants de français. Cette langue est utilisée dans différents secteurs et organisations francophones au Vietnam, dans l’enseignement secondaire, universitaire, dans maintes formations, dans la coopération avec les pays francophones ou dans les séminaires, les rencontres, dans les activités artistiques et culturelles…, avec le soutien des instances francophones dont l’OIF, l’AUF, l’ambassade de France et des pays francophones.

«Je dis à mes étudiants que si vous considérez seulement le français comme un moyen de trouver un boulot, vous échouerez. Au contraire, vous réussirez si le français est un outil d’apprentissage qui vous aide à élargir vos compétences, votre savoir-faire, vos connaissances… à l’image du slogan de l’OIF :  Le français, langue de réussite en Asie», explique Tô Minh Phuong.

Depuis 2000, en collaboration avec les établissements de formation francophone de la région et les autres partenaires francophones, le Centre régional francophone d’Asie-Pacifique (CREFAP) de l’OIF organise des activités en faveur de la formation de formateurs et accompagne les activités de recherche visant à améliorer la qualité des enseignements et des formations du et en français.

Les séminaires ont pour objectif de réfléchir à des mesures pour résoudre totalement ou en partie les problèmes posés par le terrain. Les projets et résultats de recherches présentés dans le cadre des séminaires régionaux permettent aussi de fédérer les ressources humaines et compétences dans les domaines concernés, de profiter d’une expertise locale et internationale et d'obtenir ainsi une reconnaissance pour les recherches abouties. Ces travaux apportent également des éléments de réponse ou des solutions pour obtenir des résultats immédiats dans le cadre de la programmation du CREFAP/OIF.

Cette année, en vue de faire émerger des travaux de recherche dans les domaines de la didactique des langues et de l’ingénierie éducative, le CREFAP/OIF organisera du 13 au 15 novembre à Hanoï, avec la tutelle de l’Université de langues et d’études internationales, relevant de l’Université nationale de Hanoï, un séminaire régional de recherche intitulé «Enseignement/formation du et en français en contexte plurilingue».  Il permettra aux enseignants-chercheurs du et en français dans la région d’échanger des points de vue, des expériences.

De manière spécifique, il s’agira d’études visant à dégager des modèles d’action en déterminant les critères essentiels et les conditions nécessaires pour professionnaliser de façon efficace les formations initiales et continues existantes, dans chaque domaine proposé.

«L’enseignement du français à orientation professionnelle, la collaboration avec les entreprises afin de faciliter la recherche d’emploi pour les étudiants une fois diplômés… sont parmi les solutions pour rendre plus efficace la formation universitaire du et en français», propose Tô Minh Phuong.       
      
Huong Giang/CVN
 
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