09/01/2019 09:19
Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a débuté mardi 8 janvier à Amman une tournée-marathon au Moyen-Orient, appelant les alliés régionaux des États-Unis à poursuivre le combat contre les jihadistes malgré l'annonce du retrait américain de Syrie.
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>>Trump décide, seul, de retirer les troupes américaines de Syrie

Le secrétaire d'État Mike Pompeo (gauche) rencontre le chef de la diplomatie jordanienne Aymane Safadi à Amman, le 8 janvier.
Photo: AFP/VNA/CVN

"Les menaces les plus importantes qui planent sur la région sont Daech", a lancé M. Pompeo lors d'une conférence de presse avec son homologue jordanien Aymane Safadi, dont le pays est l'un des principaux alliés régionaux des États-Unis. Il faisait allusion au groupe jihadiste État islamique (EI) que les États-Unis combattent principalement en Syrie.

En décembre et à la surprise générale, M. Trump a annoncé le retrait des quelque 2.000 soldats américains déployés en Syrie pour combattre l'EI, dont il a clamé la défaite.

Il a d'abord évoqué un départ immédiat et rapide, semant le trouble chez ses partenaires régionaux et occidentaux, déjà ébranlés par la stratégie parfois illisible de M. Trump au Moyen-Orient. Depuis, l'administration américaine s'emploie à rassurer, parlant d'un retrait lent et coordonné.

Le conseiller à la sécurité nationale John Bolton, arrivé en Turquie venant d'Israël, a lui affirmé que les États-Unis allaient vérifier si l'EI a été vraiment vaincu avant de quitter la Syrie, tandis que Mike Pompeo s'est refusé à évoquer un calendrier.

Augmenter la "pression" 

"La décision du président de retirer nos gars de Syrie n'a aucune conséquence sur notre capacité à réussir cela", a dit M. Pompeo, qui a également rencontré le roi Abdallah II de Jordanie à Amman, promettant de "redoubler dans les prochains jours et semaines les efforts diplomatiques et commerciaux pour mettre vraiment la pression sur l'Iran", soumis à des sanctions économiques américaines.

Voulant conforter l'idée que les États-Unis restaient bien actifs en Syrie, un porte-parole du Pentagone a dit que les forces de la coalition antijihadistes, sous commandement américain, continuaient de fournir une assistance aux "partenaires syriens, avec un soutien aérien et des frappes d'artillerie dans la vallée de l'Euphrate".

La coalition assiste les Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition dominée par les forces kurdes, dans son offensive contre l'EI dans cette région de l'Est syrien, frontalière de l'Irak.

Preuve que l'EI n'est pas encore vaincu dans ce secteur, son ultime bastion en Syrie, les jihadistes y ont lancé des contre-attaques contre les FDS, faisant plus de 30 morts, selon une ONG syrienne.

Pour rassurer les Kurdes, Mike Pompeo a dit que la Turquie avait promis de les protéger. Et John Bolton a assuré que le retrait américain serait conditionné à des garanties concernant la sécurité des alliés kurdes. Mais le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé les propos de M. Bolton, jugés "inacceptables".

Voyage dans six pays du Golfe 

L'entourage de M. Erdogan a démenti avoir promis de protéger des miliciens kurdes que le chef de l'État turc considère toujours comme des "terroristes". "Nous allons très bientôt passer à l'action pour neutraliser les groupes terroristes en Syrie", insisté M. Erdogan.

Interrogé à Amman, Mike Pompeo n'a pas répondu aux attaques turques.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo (centre) parle à la presse dans un avion qui l'emmène au Moyen-Orient le 7 janvier.
Photo: AFP/VNA/CVN

Outre la Jordanie, le responsable américain doit se rendre en Égypte, à Bahreïn, à Abou Dhabi, au Qatar, en Arabie saoudite, à Oman et au Koweït. La Maison Blanche avait évoqué un déplacement à Bagdad mais cette étape n'a pas été confirmée à ce stade par le département d'État.

Fait rare, Mike Pompeo se rendra au cours d'un même voyage dans les six pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), miné par la crise entre le Qatar d'une part, Ryad, Abou Dhabi et Bahreïn de l'autre, pour les appeler s'unir.

Au menu des discussions dans le Golfe figure également la guerre dévastatrice au Yémen où le royaume saoudien intervient militairement au côté du pouvoir face aux Houthis.
AFP/VNA/CVN

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