15/06/2021 11:25
Amarré dans le port fluvial de Varsovie, le voilier Ojciec Boguslaw qui vient d'être baptisé du nom d’un prêtre catholique, a permis à des sans-abri qui l’ont construit pendant quatorze ans de redonner un cap à leur vie.
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Vue aérienne sur la goélette "Ojciec Boguslaw" (le père Boguslaw), le 12 juin, lors de son baptême dans le port de Varsovie.
Photo : AFP/VNA/CVN

Il a été baptisé samedi 12 juin du nom du père Boguslaw, de l'ordre des Camilliens, qui en 2006 avait lancé ce projet fou aux yeux de beaucoup. Lui-même était ouvrier naval de Szczecin, une ville portuaire du Nord-Ouest de la Pologne, avant d'entrer au séminaire. Sa vocation était d'aider les sans-abri à retourner à une vie normale. Le projet devait surtout avoir une fonction thérapeutique.

Le résultat est impressionnant. La goélette fait 17,8 mètres (57 pieds de long) sur 5,2 mètres.

En présence d'anciens sans-abri, de sponsors et de membres du gouvernement, le capitaine Waldemar Rzeznicki qui durant quatorze ans a dirigé sa construction, a hissé le pavillon sur le mât.

Tradition oblige, la marraine -l'épouse du capitaine, Anna Rzeznicka, a brisé une bouteille de prosecco à défaut de vrai champagne, trop cher. Elle s'est brisée seulement au quatrième coup. "On a été puni car au lieu de prendre une boisson sans alcool, on a pris une bouteille d'alcool, alors qu'on lutte contre l'alcoolisme", a déclaré M. Rzeznicki.

"Navigue sur les mers et les océans, vante le nom de ton initiateur et de ceux qui t'ont construit (...). Je te donne pour nom +Ojciec Boguslaw+(le père Boguslaw)", a déclaré la marraine, prononçant la formule traditionnelle.

Sa propre âme 

"Enfin on sent vraiment l'eau sous nos pieds. Le bateau vit enfin", se réjouit le capitaine.

"Chaque bateau a sa propre âme, chaque bateau est différent, celui-ci est vraiment unique", ajoute-t-il.

"On n'avait pas les moyens techniques utilisés normalement dans des chantiers navals comme des grues ou des chariots élévateurs", se souvient Slawomir Michalski, 64 ans.

"On avait de simples outils de bricoleur: une torche de soudage pour couper l'acier, des marteaux, des cisailles à tôle ou des meuleuses", se souvient cet homme que l'AFP avait interrogé en 2017 lors des travaux.

Le capitaine Waldemar Rzeznicki lors du baptême de la goélette "Ojciec Boguslaw", le 12 juin à Varsovie.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le capitaine Rzeznicki déplore que le constructeur Bogdan Malolepszy, qui a offert le projet du voilier, n'ait pas pu assister à la cérémonie. "Le COVID-19 l’a emporté en automne dernier."

Une grande partie du matériel, comme le bois pour les mâts, la tôle ou les huit tonnes de plomb pour la quille, ont été offerts par des sponsors. Le moteur diesel provient d'un vieux bateau de pêche. Il faudra encore le réparer.

Après le décès du père Boguslaw Paleczny en 2009, le projet n'avait pas été abandonné. Quelque 300 personnes - des pensionnaires du centre pour sans-abri, mais aussi des scouts et des bénévoles, ont participé à sa construction.

"On a réalisé son testament, c'est comme si c'était son enfant", ajoute M. Michalski.

Rajeuni 

"Le projet a changé ma vie de manière radicale, à 180 degrés, j'ai appris que quand je commence quelque chose, je termine ce travail. Avant, c’était tout le contraire", explique Marek Metrak, un des sans-abri qui a participé au projet.

"J'ai gagné une nouvelle vie, comme ce bateau qui a été mis à l'eau et peut naviguer, moi, je suis devenu indépendant. Il y a tout juste deux semaines j'ai reçu de la municipalité les clés de mon logement. J'écris des livres. Je ne bois plus, je ne fume plus. J'ai rajeuni", dit cet homme de 74 ans.

Avant de prendre le large, il reste encore du travail à faire. Trois jours avant la cérémonie du baptême, les voiles ont été livrées, achetées grâce à ses sponsors.

Le bateau doit encore être équipé en système de navigation électrique, gilets et radeaux de sauvetage, avant de mettre le cap sur Gdansk, en mer Baltique.

AFP/VNA/CVN
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