11/06/2017 12:00
Urgence. Au premier trimestre, à Hanoï et Hô Chi Minh-Ville, la teneur de l’air en particules fines a été bien supérieure aux normes recommandées par l’OMS. Pourquoi et quelles conséquences sur la santé ? Enquête.
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L’air à Hanoï et Hô Chi Minh-Ville est de plus en plus pollué.
Photo : VNA/CVN

Le rapport périodique sur la qualité de l’air à Hanoï et Hô Chi Minh-Ville, réalisé par le Centre de développement et d’innovation verte (GreenID), a montré, lors d’un récent colloque à Hanoï, qu’au premier trimestre, la qualité de l’air de la capitale s’est améliorée tandis que celle de Hô Chi Minh-Ville a été pire  qu’à la même période de l’année passée. Mais à Hanoï, le nombre de jours pendant lesquels la qualité de l’air a été estimée «très nuisible à la santé» a également augmenté. Concrètement, la ville a compté 37 jours sur 90 où la teneur en PM2,5 (microparticules de moins de 0,25 micromètre de diamètre) a été supérieure aux normes vietnamiennes (de 50 microgrammes par mètre cube)  et 78 jours où elle a été supérieure aux normes de l’OMS (25 microgrammes par mètre cube).

Le 15 février, un pic a été atteint à Hanoï avec 234 microgrammes par mètre cube, soit dix fois plus que les normes de l’OMS ! La surveillance est réalisée par un dispositif installé dans la rue Lang Ha. Au premier trimestre, la mégapole du Sud a enregistré six jours avec des teneurs en PM2,5 supérieures aux normes nationales et 78 jours, supérieures aux normes de l’OMS.

L’étude de Green ID a également montré que la pollution atmosphérique au Vietnam avait comme origine les véhicules, la combustion des déchets, la cuisson, les polluants transfrontaliers et les centrales au charbon.

Des effets délétères sur la santé

Les PM2,5 sont suffisamment petites pour s’infiltrer dans les poumons jusqu’au plus profond des alvéoles et même traverser les masques en papier (ne parlons pas des masques en tissu que tout le monde utilise à moto et qui n’offrent aucune protection). Leurs effets sur la santé sont encore mal connus mais indiscutables. Les femmes enceintes, les enfants, les personnes âgées, les malades souffrant de pathologies cardiovasculaires ou respiratoires figurent parmi les plus sensibles. Les particules fines sont particulièrement toxiques, car elles pénètrent profondément les poumons et l’arbre bronchique. Elles ont été reconnues responsables de cancers du poumon par l’OMS en 2012.

Selon le médecin Nguyên Trong An, directeur adjoint du Centre de recherche et de formation pour le développement communautaire (RTCCD) : «Actuellement,  le nombre d’enfants et de personnes âgées souffrant de pathologies respiratoires comme asthme, pneumonie… a tendance à augmenter. De plus, les pathologies respiratoires infantiles sont courantes toute l’année, alors qu’elles étaient saisonnières autrefois».

D’après l’étude sur l’«Estimation des dégâts sur la santé et l’économie causés par la pollution de l’air à Hô Chi Minh-Ville pour la période 1990-2013», du Docteur Lê Viêt Phu, de l’Université Fulbright, la teneur en particules en suspension dans l’air n’a cessé d’augmenter et est trois fois supérieure aux normes recommandées par l’OMS. Au Vietnam, on impute à la pollution de l’air 40.000 décès en 2013 contre 20.000 en 1990. À Hô Chi Minh-Ville seule, ce nombre s’est élevé à 3.000 en 2013.

Quelles solutions à mettre en place ?

Au Vietnam, on impute à la pollution de l’air 40.000 décès en 2013, contre 20.000 en 1990.
Photo : Huong Linh/CVN

Dans le cadre de ce colloque, Green ID a présenté une étude datée de décembre 2016 sur la préoccupation de l’opinion publique vietnamienne en matière de qualité de l’air. Il en ressort que parmi 1.400 personnes interrogées, environ 48% ne connaissent pas la définition de l’indice de qualité de l’air (IQA), 85,6% sont insatisfaits de la qualité de l’air local et  93% considèrent que leur santé est influencée par la pollution atmosphérique. 

Face à cette situation inquiétante, Nguy Thi Khanh, directrice de Green ID, a proposé que le pays se dote de lois sur l’air, sur la diminution des émissions de gaz à effet de serre et sur le développement des énergies renouvelables. Selon elle, «il faut établir un système d’alerte pour prévenir les habitants lors d’un épisode de forte pollution et mieux évaluer l’impact de certains projets, centrales au charbon par exemple».

En juin 2016, le gouvernement a approuvé un Plan national sur la gestion de la qualité de l’air d’ici 2020 et à l’horizon 2025. Il prévoit de renforcer la gestion de la qualité de l’air par le biais de contrôles. L’air doit être considéré comme «une ressource naturelle à protéger» et la pollution atmosphérique comme «une catastrophe naturelle». Il est important aussi de déterminer quelles sont les sources de pollution majeures, et d’agir en conséquence. Les politiques d’encouragement au développement  des énergies renouvelables et des transports «propres» sont aussi indispensables.    
 
Huong Linh/CVN


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