16/12/2019 09:11
Les autorités ont ordonné la fermeture des écoles à Téhéran et dans plusieurs villes d'Iran, dimanche 15 décembre, en raison d'une pollution atmosphérique qui atteint de nouveaux seuils d'alerte pour la santé.
>>Des écoles fermées en raison d’une forte pollution de l’air

Forte pollution à Téhéran, le 15 décembre. Photo : AFP/VNA/CVN

Depuis plusieurs jours, un épais nuage grisâtre enveloppe la capitale iranienne, oblitérant totalement les montagnes de l'Alborz qui la dominent. Samedi 14 décembre, le nuage de pollution était visible dans les vallées à plus de vingt kilomètres au nord de la ville. Indépendamment des pics de pollution qui touchent leur ville en automne et pendant l'hiver, les habitants de Téhéran respirent un air insalubre au quotidien.

Face à ce problème persistant, les autorités sont régulièrement accusées d'immobilisme par la population . "Nous sommes contraints de vivre dans ces conditions et de les tolérer", dit Irane, dentiste, qui, comme tant d'autres, est sortie dans la rue avec un masque. La population "est responsable, surtout ces gens qui sortent avec leur voiture, avec un seul passager" (le conducteur), ajoute-t-elle, mais "les autorités aussi ne font pas correctement leur travail".

"Notre jeunesse souffre"

Pour Reza, qui se présente comme "un sportif", la pollution hypothèque l'avenir du pays "car notre jeunesse (en) souffre". "La municipalité (de Téhéran) doit être tenue pour responsable (de la situation) pour tous les permis (de construire) qu'elle a accordés sans tenir compte du fait qu'il faut des espaces verts" pour permettre à l'air de circuler, dit-il. "Ils ont privilégié l'argent au détriment de la santé publique", dénonce-t-il.

Tous les ans entre novembre et février, la pollution atmosphérique atteint des pics à Téhéran - agglomération située entre 1.400 et 1.800 mètres - en raison du phénomène dit d'"inversion thermique" : l'air froid en altitude empêche l'air chaud et pollué de se dégager. Les principales causes de la pollution sont les véhicules lourds, les motocyclettes, les raffineries et les centrales thermiques, selon un rapport publié en 2018 par la Banque mondiale.

La décision de fermer les écoles de la capitale a été annoncée par le vice-gouverneur de la province de Téhéran, Mohammad Taghizadeh après que la pollution de l'air eut atteint un seuil "nocif pour les groupes (de personnes) vulnérables". Les écoles, fermées dimanche dans toute la province de la capitale sauf deux cantons, le resteront lundi 16 décembre, troisième jour ouvré de la semaine, a indiqué M. Taghizadeh à la télévision d'Etat.

Selon l'agence semi-officielle Isna, M. Taghizadeh a ajouté que les universités de la capitale n'assureraient aucun cours lundi 16 décembre. Les autorités invitent les personnes âgées, les enfants et les personnes sujettes à des difficultés respiratoires à rester chez elles. La pratique d'activités sportives est également déconseillée.

Selon l'agence officiel Irna, les écoles sont également fermées dimanche dans la province d'Alborz, limitrophe de celle de Téhéran, ainsi que dans les villes de Qom et Arak, dans le centre de l'Iran. Les écoles de Téhéran avaient déjà été fermées pendant plusieurs jours en novembre pour cause de pollution atmosphérique.

Un Iranien porte un masque sur son scooter pour mieux respirer lors d'un épisode de forte pollution à Téhéran, le 15 décembre. Photo : AFP/VNA/CVN

Selon les relevés de la municipalité, la concentration en particules fines (PM 2,5) atteignait vers 17h00 (13h30 GMT) 145 microgrammes par mètre cube en moyenne sur 24 heures et pour la ville, et dépassait les 165 µg/m3 dans plusieurs quartiers de la capitale. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande un taux inférieur à 25 µg/m3 en moyenne sur 24 heures.

"Plus de métro"

Pour tenter de faire baisser la pollution, les autorités imposent des restrictions à la circulation automobile dans l'agglomération de la capitale, qui compte quelque 8,5 millions d'habitants. La circulation des camions est interdite dans toute la province. Pour Bardiya Danaï, étudiant, il n'y a rien d'autre à faire que "d'attendre que le vent souffle ou que tombe la pluie" pour dissiper le nuage de pollution. "Peut-être qu'il y aura des solutions à long terme", dit-il, fataliste, "mais il n'y en aura aucune à court terme".

Selon des chiffres officiels publiés dans la presse iranienne, la pollution de l'air provoque chaque année 30.000 décès en Iran. Pour Mohammad, "tant que les autorités circuleront dans des voitures aux vitres teintées, il ne se rendront pas compte que l'air est pollué."

"La solution, dit-il, passe par l'électrification des transports publics, les bus doivent impérativement devenir électriques. Ils devraient aussi penser à une solution pour les taxis (et) il devrait y avoir plus de (lignes de) métro."

AFP/VNA/CVN



 
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