24/01/2016 16:39
Le ralentissement chinois n'entraînera pas de catastrophe économique, ont estimé le 23 janvier plusieurs dirigeants lors du traditionnel débat sur l'économie mondiale qui achève le Forum de Davos, largement consacré à la multiplication des risques.
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La directrice du FMI, Christine Lagarde, les ministres des Finances britannique George Osborne et indien Arun Jaitley, le 23 janvier à Davos.
Photo : AFP/VNA/CVN

Comme chaque année, les décideurs économiques et politiques se sont réunis quatre jours dans le village des Alpes suisses enneigé et placé sous haute protection.

De débats en séminaires, de réunions en rendez-vous, ils ont navigué entre les hôtels de luxe, le Palais des congrès fortifié et les soirées plus ou moins fermées.

Le ralentissement économique de la Chine, les turbulences sur les marchés financiers, la baisse des prix du pétrole et des matières premières sont de gros nuages en provenance de l'hémisphère économique. Crise des migrants, populismes, guerres, tensions diplomatiques plombent eux l'hémisphère géopolitique.

"En 46 ans (depuis que le Forum économique mondial, ou WEF, existe) je ne me souviens pas avoir eu à faire face à autant de problèmes en même temps", a déclaré le patron du WEF, Klaus Schwab.

Le ralentissement économique de la Chine, qui a enregistré en 2015 sa croissance annuelle la plus faible en 25 ans (6,9%) a été largement évoqué ces derniers jours, mais plusieurs voix prépondérantes se sont montrées rassurantes.

"Nous ne voyons pas un atterrissage brutal" de la Chine. "Nous voyons une évolution, une grande transition qui va peut être secouer, provoquer des turbulences, nous devons nous y habituer", a dit Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire intertional (FMI), alors que les marchés ont les nerfs en pelote: "C'est simple, nous avons connu le pire début d'année jamais enregistré sur les marchés", a commenté le directeur général de Credit Suisse, Tidjane Thiam.

Le 21 janvier, toujours à Davos, Mme Lagarde avait toutefois déclaré que Pékin avait "un problème de communication" sur ses politiques économiques et sa stratégie de change.

"La Chine a été un des gros sujets de cette semaine à Davos", a déclaré ministre des Finances britanniques George Osborne. "Même à ce rythme de croissance, la Chine aura ajouté à l'économie mondiale l'équivalent de l'Allemagne à la fin de cette décennie", a-t-il relativisé.

Crise migratoire

Des migrants et réfugiés attendent un train pour passer la frontière entre la Macédoine et la Grèce, le 29 septembre 2015 à Gevgelija.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Nous pensons que la Chine connaîtra un atterrissage en douceur, cela ne nous inquiète pas vraiment", a abondé M. Thiam.

Le soir du 21 janvier, le milliardaire américain George Soros, figure de la finance mondiale, avait lui déclaré que l'atterrissage brutal avait déjà eu lieu, mais que "la Chine avait les ressources pour le gérer et plus de marge de manœuvre que beaucoup d'autres pays".

Si les participants au Forum de Davos se sont finalement montrés plutôt tranquilles face à la Chine, ils le sont moins face à la crise migratoire en Europe qui selon plusieurs, menace la survie de la construction européenne.

Christine Lagarde, les premiers ministres français Manuel Valls et néerlandais Mark Rutte et M. Soros ont estimé que l'afflux de migrants qui déferlaient sur l'Europe mettait en péril l'existence même des institutions qui peinent à trouver une solution, poussant les pays membres à agir de manière individuelle.

La ministre autrichienne de l'Intérieur, Johanna Mikl-Leitner, a menacé le 23 janvier la Grèce d'une "exclusion provisoire" de l'espace de libre circulation Schengen si Athènes ne renforce pas davantage ses contrôles aux frontières face à l'afflux de migrants.

L'effondrement des cours du pétrole, un autre sujet de préoccupation a suscité des opinions divergentes. Certains pensant que c'était mauvais pour l'économie mondiale, traduisant le ralentissement de la demande mondiale, affaiblissant les émergents, compromettant les investissements à moyen terme.

D'autres, a contrario, juge un pétrole au plus bas, est positif. "Nous pensons que les prix du pétrole sont bons pour l'économie mondiale, bons pour le consommateur américain, pour l'Europe, bons pour 5 milliards de gens qui sont des consommateurs de pétrole", a déclaré M. Thiam.

AFP/VNA/CVN
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