20/03/2020 08:46
L'Italie est devenue jeudi 19 mars le pays le plus endeuillé au monde par le nouveau coronavirus, devant la Chine, et l'ONU a estimé que des "millions" de vie pourraient être perdues faute de solidarité envers les pays pauvres.
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Des policiers italiens, le visage couvert par un masque, près de la place St-Pierre à Rome, le 19 mars.
Photo : AFP/VNA/CVN

Petite lueur d'espoir : le président américain Donald Trump a promis un recours imminent à la chloroquine, un antipaludéen, comme possible traitement pour les malades du COVID-19. Un optimisme qu'ont immédiatement tempéré les autorités sanitaires. Le virus, véritable "ennemi de l'humanité" selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a déjà contaminé plus de 230.000 personnes dans le monde et en a tué plus de 9.800.

Et les bilans ne cessent de s'alourdir: au cours des dernières 24 heures, 427 patients ont succombé en Italie, 169 en Espagne, 149 en Iran, 108 en France... poussant les autorités à renforcer les mesures de confinement, au risque de peser encore un peu plus sur l'économie et le moral des populations. Au delà du drame sanitaire, le nouveau coronavirus risque en effet de plonger le monde dans la récession, malgré les milliards de dollars débloqués en urgence aux États-Unis et en Europe.

"L'avenir" de l'Europe

Le vieux continent, qui a passé jeudi 19 mars la barre des 100.000 cas recensés, est aujourd'hui le plus affecté. Son "avenir politique" est en jeu, a mis en garde le ministre français de l'Économie Bruno Le Maire, et son économie "va se contracter considérablement", d'après la Banque centrale européenne (BCE).

Une semaine après le début du confinement généralisé de sa population, l'Italie dénombre 3.405 décès, le nombre le plus élevé au monde, et le pic de la pandémie ne semble pas atteint. Ces dernières 48 heures, la péninsule a enregistré un nombre de décès quotidiens dépassant celui enregistré au plus fort de la maladie dans la ville de Wuhan, berceau chinois de l'épidémie.

La Chine, où 3.245 personnes ont succombé, n'a fait état jeudi 19 mars d'aucune nouvelle contamination d'origine locale, une première depuis le début de l'épidémie en décembre dans ce pays. Mais 34 cas "importés" ont été dénombrés. L'Iran, troisième pays le plus touché en nombre de morts avec 1.284 victimes, envisage des mesures plus strictes pour limiter les contaminations. En attendant, près de 10.000 détenus vont être graciés, afin de diminuer la pression sur les prisons.

Les derniers développements de la pandémie de nouveau coronavirus, et carte des cas et décès.
Photo : AFP/VNA/CVN

En Espagne, qui déplore 767 morts, les autorités se préparent "au plus dur". Plus aucune partie du monde n'est épargnée : le nouveau coronavirus a fait un premier mort en Afrique subsaharienne, au Burkina Faso en Russie, et un premier cas au Fidji et au Niger.

La moitié des élèves

Pour tenter de limiter la propagation du virus, les restrictions à la liberté de circulation se multiplient et plus d'un demi-milliard de personnes dans le monde sont appelées par leurs autorités à rester confinées chez elles. D'après l'UNESCO, les établissements de près de la moitié des élèves et étudiants dans le monde sont fermés. Les écoliers britanniques les rejoindront vendredi 20 mars.

Le Brésil a fermé jeudi 19 mars pour 15 jours toutes ses frontières terrestres, sauf avec l'Uruguay. Les États-Unis, qui ont franchi le cap des 10.000 cas, ont exhorté les américains à ne plus voyager à l'étranger. L'inquiétude est de mise dans les pays les plus pauvres, où le confinement sera impossible, comme dans les immenses bidonvilles asiatiques. En outre, trois milliards de personnes n'ont même pas les armes les plus basiques contre le virus, l'eau courante et le savon, s'alarment des experts de l'ONU.

"Des millions" de vies sont en jeu si le monde n'est pas solidaire, notamment vis-à-vis des pays les moins riches, a averti jeudi 19 mars le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. Des multinationales de l'industrie pharmaceutique se sont engagées jeudi 19 mars à fournir un vaccin contre la maladie COVID-19, accessible "partout dans le monde", dans un délai de 12 à 18 mois.

Les Ramblas à Barcelone, quasi-déserts, le 19 mars.
Photo : AFP/VNA/CVN

De son côté, Donald Trump a salué les résultats "encourageants" de l'antipaludéen chloroquine pour soigner les malades, promettant qu'il serait bientôt disponible. Les autorités sanitaires ont précisé qu'elles vérifieraient d'abord qu'il est "sûr et efficace". Le président américain a adopté une posture particulièrement belliqueuse vis-à-vis des responsables chinois, leur reprochant leur lenteur initiale à transmettre des informations. "Le monde paie le prix fort pour ce qu'ils ont fait", a-t-il accusé.

Un silence angoissant

Peur de la contagion, anxiété liée à l'isolement : l'épidémie et le confinement risquent aussi de laisser des traces psychiques chez les plus fragiles. "La seule chose qui m'angoisse, c'est le silence !", confie à Rome Roberto Fichera, fringant octogénaire. "On n'entend pas un bruit, pas une voiture, les rues sont vides... Quand on sort marcher et qu'on entend des pas derrière soi, on a presque peur".

Les mesures de confinement en Italie seront pourtant "prolongées à leur échéance" du 3 avril, selon les autorités, qui envisagent aussi d'interdire les activités de plein air comme le jogging ou les balades. En France aussi, un prolongement du confinement au-delà des 15 jours prévus sera "vraisemblablement nécessaire", selon les autorités.

Projection des drapeaux de tous les pays infectés par le coronavirus, sur le Christ rédempteur de Rio de Janeiro, le 18 mars.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'une des dernières lucarnes à se refermer : le festival de Cannes, rendez-vous du rêve et du glamour, n'aura pas lieu en mai comme prévu. En prévision d'une lutte "marathon" contre le coronavirus et de l'épuisement des militaires, l'Allemagne va mobiliser ses réservistes.

Millions d'emplois

Jusqu'à 25 millions d'emplois sont menacés à travers le monde, en l'absence de réponse coordonnée à l'échelle internationale, a averti l'Organisation internationale du Travail. Des dizaines de milliers de personnes ont été licenciées en raison de l'épidémie aux États-Unis, où le nombre de demandeurs d'emploi est au plus haut depuis septembre 2017.

Les compagnies aériennes, touchées de plein fouet, ont besoin d'une aide d'urgence de jusqu'à 200 milliards de dollars (185 milliards d'euros), a estimé l'Association internationale du transport aérien (Iata). Et le tourisme en Italie risque un recul d'un demi-siècle, selon les opérateurs. De nouvelles mesures économiques ont été annoncées pour aider États, travailleurs, et entreprises.

La Banque centrale européenne a débloqué 750 milliards d'euros destinés à des rachats de dette publique et privée. Donald Trump a promulgué un plan d'aide de 100 milliards de dollars pour les travailleurs touchés, et les négociations se poursuivent pour un plan de relance qui pourrait atteindre 1.300 milliards de dollars. Après de lourdes pertes mercredi 18 mars, les Bourses européennes et Wall Street ont connu une journée fluctuante avant de terminer en hausse, ragaillardies par les déclarations médicales de Donald Trump.

AFP/VNA/CVN

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