27/01/2019 14:11
Les pompiers brésiliens ont suspendu samedi 26 janvier pour la nuit la recherche de survivants à la coulée de boue provoquée par la rupture d'un barrage du géant minier Vale, catastrophe qui a fait 34 morts et près de 300 disparus.
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Les conséquences, le 26 janvier, de la coulée de boue qui a ravagé la veille la région de Brumadinho, au Brésil.
Photo: AFP/VNA/CVN

L'un des barrages du site de Mina Feijão, à Brumadinho (État de Minas Gerais, Sud-Est), près de Belo Horizonte, avait cédé vendredi matin 25 janvier, pour une raison qui reste à déterminer. Les espoirs de retrouver les disparus étaient minces. Et la pluie a rendu les recherches encore plus difficiles au lendemain de la catastrophe.

Sur plus de 150 mètres de large s'étendait un fleuve noirâtre de boue, qui par endroit dévalait la pente comme le font les rapides. Des habitants indiquaient les endroits où se trouvaient des maisons, balayées dans le désastre.

Les pompiers ont fait état en fin de journée de 34 morts, dont huit ont été identifiés, 23 blessés, et 366 rescapés. Le bilan de 296 disparus n'a pas été modifié. Vale disait être sans nouvelles de 252 salariés et sous-traitants.

Les secouristes ont retrouvé un autocar destiné aux salariés totalement englouti, avec plusieurs corps sans vie à l'intérieur, qui n'ont pas pu être extraits et n'ont pas encore été comptabilisés officiellement.

Des dizaines d'hélicoptères ont sillonné le lieu de la catastrophe toute la journée pour repérer le moindre signe de vie parmi les restes de bâtiments ou de véhicules.

Emerson dos Santos, habitant de Brumadinho (Brésil), sur le toit de sa maison effondrée en raison d'une coulée de boue, le 26 janvier.
Photo: AFP/VNA/CVN

Après la rupture du barrage, "tout tremblait et j'ai vu de grands arbres et des personnes disparaître sous la boue", a raconté Emerson dos Santos, 30 ans, assis sur le toit de sa maison effondrée pour empêcher un pillage. "Il y avait des gens ici, des maisons... Je suis dévastée par cette tragédie", a dit une riveraine, Rosilene Aganetti.

Aide israélienne 

Des personnes parcouraient les abords du périmètre de sécurité avec des photos de proches disparus. D'autres se proposaient aux sauveteurs pour chercher les habitations enfouies, se déplaçant entre les décombres mélangés avec la boue, ont constaté des journalistes de l'AFP.

À la recherche de son mari, Suely de Oliveira Costa était retenue par des agents de sécurité, qui l’empêchaient d’accéder au site et lui demandaient de "se calmer". "Comment voulez-vous que je sois calme s'il est déjà mort?", s'écriait-elle.

L'armée a annoncé dans un communiqué qu'environ 1.000 militaires avaient été mobilisés sur décision du président brésilien Jair Bolsonaro et étaient prêts à être déployés dans la zone.

Le chef de l'État, qui a survolé la zone à bord d'un hélicoptère militaire dans la matinée, a confié par la suite sur Twitter qu'il était "difficile d'être confronté à toute ce drame et de ne pas s'émouvoir". "Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour nous occuper des victimes, limiter les dégâts, enquêter et réclamer justice pour éviter de nouvelles tragédies", a affirmé le président.

M. Bolsonaro a révélé que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui était venu assister à son investiture à Brasilia le 1er janvier, l'avait appelé samedi 26 janvier pour lui proposer de l'aide dans la recherche des disparus. "Nous acceptons et remercions pour cette technologie israélienne une nouvelle fois au service de l'humanité", a-t-il dit.

Un porte-parole des pompiers a expliqué que cette technologie consiste en des appareils munis de sonars capables de localiser des corps à grande profondeur, qui seront utilisés à partir de lundi 28 janvier.

Amende pour Vale

Le bilan dépasse déjà celui d'une autre rupture de barrage en 2015, à 125 km de là, à Mariana, également dans l'État du Minas Gerais. Il y avait eu 19 morts et d'énormes dégâts environnementaux.

À l'époque, des centaines de kilomètres carrés avaient été submergés par un tsunami de boue, qui avait traversé deux États brésiliens et s'était répandu sur 650 kilomètres jusqu'à l'océan Atlantique à travers le lit du fleuve Rio Doce, l'un des plus importants du Brésil.

Le site internet d'informations G1 a affirmé que la justice du Minas Gerais avait ordonné de bloquer des comptes bancaires de l'entreprise totalisant un milliard de réais (233 millions d'euros) en prévision de l'indemnisation des victimes.

L'agence gouvernementale Ibama, qui dépend du ministère de l'environnement, a par ailleurs infligé à Vale une amende de 250 millions de réais (58 millions d'euros).

"Trois ans après le grave crime contre l'environnement perpétré à Mariana, avec une enquête toujours pas terminée, l'histoire se répète de manière tragique à Brumadinho. Il est inadmissible que les pouvoirs publics et les compagnies minières n'aient tiré aucune leçon", a déploré l'ancienne ministre de l'Environnement (PT, opposition) Marina Silva.

AFP/VNA/CVN

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