12/04/2020 14:54
Les États-Unis ont franchi la barre des 20.000 morts du nouveau coronavirus, alors qu’à travers le monde des centaines de millions de chrétiens, confinés comme la moitié de l’humanité, célèbrent dimanche la fête de Pâques dans des conditions jamais vues : cérémonies sans fidèles, messes papales sur écran.
>>Des fêtes de Pâques amères pour les chrétiens, au chômage pour cause de coronavirus
>>Pâques sur écran au temps du coronavirus

Un laborantin manipule des tests d’infection au coronavirus dans un hôpital de Sanaa, au Yémen, le 11 avril. Photo : AFP/VNA/CVN

"L’obscurité et la mort n’ont pas le dernier mot", a déclaré le pape François dans une homélie prononcée à la veille de Pâques, la fête la plus importante de la chrétienté.

Selon un bilan de l’université Johns Hopkins, qui fait référence, la pandémie de Covid-19 a tué au moins 20.071 personnes aux États-Unis, où se trouve également le plus grand nombre de cas de contaminations (519.453). L’Italie frôlait samedi 11 avril ce cap des 20.000 morts, selon un comptage de l’AFP.

L’université Johns Hopkins a annoncé dans la soirée un nouveau bilan quotidien de 1.920 décès en 24 heures aux États-Unis, ce qui constitue un léger ralentissement par rapport au bilan quotidien précédent. Au total, depuis son apparition en Chine en décembre, l’épidémie de COVID-19 a tué plus de 100.000 personnes.

"L’île des morts"

À New York, la ville de loin la plus touchée des États-Unis, des images filmées avec un drone par un média local montrent des dizaines de cercueils rudimentaires en cours d’inhumation dans une fosse commune de Hart Island. Cette île située au nord-est du Bronx est surnommée depuis longtemps "l’île des morts" car elle a été utilisée depuis le XIXe siècle pour inhumer les indigents.

Le maire de New York, Bill de Blasio, a annoncé que les écoles publiques de la ville resteront fermées jusqu’à la fin de l’année scolaire. Cela "aidera clairement à sauver des vies", a-t-il dit. Comme les autres pays, les États-Unis doivent prendre garde à ne pas lever les mesures de confinement trop tôt, au risque de voir une nouvelle flambée de l’épidémie, ni trop tard, ce qui pourrait alourdir une facture économique déjà très douloureuse.

Un prêtre catholique bénit les fidèles à bord de leurs voitures, le 11 avril à Curitiba, au Brésil. Photo : AFP/VNA/CVN

Le président Donald Trump l’a souligné vendredi 10 avril : la décision de relâcher les mesures de distanciation et de confinement pour relancer l’économie des États-Unis sera "de loin la plus grande décision de ma vie", a-t-il dit.

Au Canada, la Chambre des Communes a adopté samedi 11 avril un programme de subvention des salaires, présenté comme la plus vaste mesure économique du pays depuis la Seconde Guerre mondiale, pour aider les entreprises et leurs employés à traverser la crise provoquée par le coronavirus. Le montant de ce programme est évalué à 73 milliards de dollars (47 milliards d’euros).

Célébrations sans fidèles

En ce week-end de Pâques, des centaines de millions de chrétiens ont entamé des célébrations sans fidèles. Pour la fête la plus importante de la tradition chrétienne, la commémoration de la résurrection du Christ selon ces religions, c’est sur écran que les fidèles vont suivre les messes pascales d’un pape François lui aussi confiné.

Le monde vit "des jours tristes", mais "nous pouvons et nous devons espérer", a déclaré le souverain pontife dans son homélie de veille de Pâques, prononcée dans la basilique Saint-Pierre en présence seulement d’une dizaine de célébrants et d’une dizaine de fidèles.

"L’obscurité et la mort n’ont pas le dernier mot", a assuré François, soulignant que Pâques constitue pour les chrétiens "une annonce d’espérance". Le pape donnera également sa bénédiction "Urbi et orbi" de dimanche 12 avril à l’intérieur d’une basilique Saint-Pierre presque vide.

C’est sur l’immense place Saint-Pierre envahie par la foule que le chef de l’Église catholique préside normalement la messe de Pâques, avant la bénédiction. Mais cette année elle sera célébrée à l’intérieur de la basilique, et retransmise en Mondovision. À Jérusalem, pour la première fois en plus d’un siècle, le Saint-Sépulcre, où le Christ a été enterré selon la tradition chrétienne, est fermé au public durant tout le week-end. Une simple messe à huis clos y a été célébrée pour le Vendredi Saint.

Certains fidèles ont du mal à rester enfermés en cette occasion solennelle. À San Marco in Lamis, dans les Pouilles, région du sud-est de l’Italie, deux cents d’entre eux ont violé le confinement pour venir prier devant l’église. Le maire s’est excusé de n’avoir rien pu faire "quand ces personnes sont arrivées et se sont mises à prier à genoux devant la Madone".

Le responsable de la lutte contre la pandémie en Italie, Domenico Arcuri, a exhorté les Italiens à ne pas relâcher le confinement. "Nous ne sommes pas au bout du tunnel, au contraire, la fin du tunnel est encore loin, je vous supplie de rester à la maison et de faire attention", a-t-il déclaré.

Les contacts des personnes âgées avec leur environnement en Europe vont devoir rester limités au moins jusqu’à la fin de l’année en raison de la pandémie, a averti la présidente de la Commission européenne, Ursula van der Leyen.
 
AFP/VNA/CVN
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