12/06/2020 09:04
Plus de 1,5 million de malades du COVID-19 ont été recensés en Amérique latine, désormais sous la menace d'une crise alimentaire, alors que les marchés ont à nouveau dévissé jeudi 11 juin, anticipant un long chemin vers la reprise économique.
>>Au moins 70.000 morts en Amérique latine
>>Le point sur la pandémie dans le monde

Contrôle de température à l'entrée d'un centre commercial de Sao Paulo, au Brésil, le 11 juin. Photo : AFP/VNA/CVN

Nouvel épicentre de la pandémie, l'Amérique latine et les Caraïbes déplorent plus de 73.000 morts, dont plus de la moitié au Brésil.

Le plus grand pays d'Amérique latine, peuplé de 212 millions d'habitants, a franchi le seuil des 40.000 morts et des 800.000 cas confirmés. En dépit de la forte progression de l'épidémie, les centres commerciaux ont rouvert à Rio de Janeiro et Sao Paulo.

Le Brésil se situe au deuxième rang mondial en termes de contaminations, derrière les États-Unis. En Amérique latine, la pandémie "peut nous ramener 13 ans en arrière", a averti Alicia Barcena, secrétaire générale de la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC). "Nous devons voir comment éviter que la crise sanitaire ne devienne une crise alimentaire", a-t-elle ajouté.

Au fur et à mesure que les familles se retrouvent obligées d'avoir recours à tous les moyens pour survivre, des millions d'enfants supplémentaires pourraient être forcés de travailler dans le monde, a averti l'ONU.

"En temps de crise, le travail des enfants devient un mécanisme d'adaptation pour de nombreuses familles", a expliqué la directrice générale de l'UNICEF, Henrietta Fore, dans un communiqué. Selon elle, "lorsque la pauvreté augmente, que les écoles ferment et que la disponibilité des services sociaux est en recul, un plus grand nombre d'enfants se retrouvent poussés vers le monde du travail".

Sur les marchés, la remontée spectaculaire des Bourses européennes et américaine entamée après le plongeon de mars a subi jeudi 11 juin un brusque coup d'arrêt face aux craintes d'une deuxième vague. Wall Street a connu sa pire séance en trois mois, le Dow Jones cédant 6,90%.

Les Bourses de Paris (-4,71%), Francfort (-4,47%) et Londres (-3,99%) ont elles aussi dévissé. Tokyo a ouvert en forte baisse vendredi matin 12 juin.

Réouverture des frontières de l'UE 

Outre l'Amérique latine, la pandémie s'accélère aussi en Afrique. "Il a fallu 98 jours pour atteindre la barre des 100.000 cas et 18 seulement pour franchir celle des 200.000" atteinte dès mardi 9 juin, a souligné jeudi 11 juin le Dr Matshidiso Moeti, directrice régionale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l'Afrique.


"Même si ces cas enregistrés en Afrique représentent moins de 3% du total mondial, il est clair que la pandémie s'accélère" sur le continent, a-t-elle ajouté.

Dans le monde, le COVID-19 a fait plus de 417.000 morts, et infecté plus de 7,4 millions de personnes. Des chiffres officiels sans doute largement inférieurs à la réalité, selon la communauté scientifique.

Les États-Unis sont le pays le plus touché. Le cap des deux millions de personnes infectées a été franchi et le pays continue à enregistrer autour de 20.000 nouveaux cas chaque jour.

Le pays comptabilise 113.209 décès. Suivent le Royaume-Uni avec 41.279 morts, le Brésil (40.919), l'Italie (34.167) et la France (29.346).

Mais en Europe, où les nouvelles hospitalisations et les chiffres des décès sont en chute libre, Bruxelles a préconisé la levée de toutes les restrictions de voyage au sein de l'Union européenne et de l'espace Schengen dès le 15 juin, et la réouverture des frontières extérieures de l'UE dès le 1er juillet aux voyageurs des Balkans occidentaux.

La Commission s'est aussi prononcée pour une réouverture "partielle et progressive" des frontières extérieures de l'UE et de l'espace Schengen après le 30 juin. Le dernier mot sur les frontières appartient toutefois aux États.

Le déconfinement se poursuit sur le Vieux Continent. En Espagne, un des pays les plus touchés par la pandémie (plus de 27.000 morts), le Championnat de football a repris jeudi 11 juin, après trois mois d'interruption, avec un derby de Séville à huis clos, dans un contexte de haute vigilance sanitaire.

"Nous nous préparons au pire

Les perspectives restent sombres en Inde où des médecins épuisés craignent que la crise sanitaire ne fasse que commencer.

Des Indiens portent le masque de protection pour la lutte contre le COVID-19 à New Delhi.  Photo : Xinhua/VNA/CVN

"Nous ne savons pas quand le pic interviendra", déclare le docteur Devenu Jaune au Max Smart Super Spécialité Hospitalité, à New Delhi. "Nous espérons tous le meilleur, mais nous nous préparons mentalement et physiquement au pire".

Le pays a commencé son déconfinement, mais 10.000 nouveaux cas sont encore confirmés chaque jour, avec au total jusqu'ici plus de 275.0000 infections.

Plus globalement, l'économie américaine va connaître une récession de 6,5% cette année, selon les nouvelles estimations de la Banque centrale (Fed) publiées mercredi 10 juin.

Au niveau mondial, la récession sera d'au moins 6%, selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Dans la course pour la mise au point d'un vaccin, à laquelle participent universités et laboratoires du monde entier, les grandes manœuvres se poursuivent.

L'État brésilien de Sao Paulo a annoncé la signature d'un accord avec le laboratoire chinois Sinovac Biotech pour la production d'un vaccin, qui sera testé auprès de 9.000 volontaires dès juillet. "Les études montrent que ce vaccin pourrait être distribué d'ici juin 2021" si les essais s'avèrent concluants, a assuré le gouverneur de Sao Paulo, Joao Doria.

Aux États-Unis, la société de biotech Moderna a annoncé que son vaccin expérimental, cofinancé par le gouvernement américain, entrera dans la troisième et dernière phase des essais cliniques en juillet sur 30.000 volontaires. Moderna et l'Université d'Oxford, qui a aussi lancé un essai à grande échelle sur 10.000 volontaires et attend des premiers résultats en septembre, sont parties parmi les tout premiers dans la course mondiale au vaccin.
 
AFP/VNA/CVN
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