28/01/2019 08:09
Au moins 18 personnes ont péri dimanche 27 janvier dans un double attentat contre la cathédrale de Jolo, sur une île du Sud des Philippines qui demeure un bastion de l'organisation islamiste Abou Sayyaf.
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Photo des forces armées philippines montrant l'intérieur de la cathédrale de Jolo après l'explosion d'un engin piégé qui a fait 18 morts le 27 janvier.
Photo: AFP/VNA/CVN

Cette attaque est intervenue deux jours après l'annonce de l'approbation massive, lors d'un référendum lundi dernier 21 janvier, de la création dans le Sud de l'archipel de la région autonome Bangsamoro, dans le cadre du processus de paix avec l'insurrection musulmane.

La première bombe a explosé pendant la messe à l'intérieur de la cathédrale de Notre-Dame du Mont-Carmel, située dans le centre de Jolo, la plus grande ville de l'île du même nom, a déclaré le lieutenant-colonel Gerry Besana, porte-parole régional de l'armée. Une seconde explosion s'est produite à l'extérieur, sur le parking, quand arrivaient les militaires.

Des photos diffusées par l'armée montrent les portes et les fenêtres de la cathédrales pulvérisées, ses bancs retournés. Un photographe de l'AFP présent sur les lieux a aussi vu de nombreux corps jonchant le sol.

Le porte-parole du président philippin Rodrigo Duterte a condamné "un acte terroriste".

"Nous poursuivrons jusqu'au bout du monde les cruels auteurs de ce crime ignoble jusqu'à ce que chacun des tueurs soit amené devant la justice et mis derrière les barreaux", a déclaré dans un communiqué ce porte-parole, Salvador Panelo. "La loi sera sans pitié pour eux."

"Abou Sayyaf, premier suspect" 

Cinq soldats, un membre des garde-côtes et 12 civils ont été tués dans ce double attentat qui a également fait 83 blessés, a déclaré M. Besana.

Le chef de la police régionale Graciano Mijares a de son côté fait état de 20 morts et 81 blessés. La deuxième bombe se trouvait dans le coffre d'une moto garée à l'extérieur de l'édifice. Les autorités ont indiqué que l'attentat pourrait être le fait du groupe islamiste Abou Sayyaf.

Des soldats aux abords de la cathédrale de Jolo le 27 janvier.
Photo: AFP/VNA/CVN

"Quand vous parlez de terrorisme dans la province de Sulu, le premier suspect est toujours Abou Sayyaf mais nous ne pouvons exclure la possibilité d'autres responsables", a déclaré M. Besana.

L'île de Jolo est en effet un des principaux bastions d'Abou Sayyaf. Spécialisée dans les enlèvements crapuleux, cette organisation est aussi accusée des pires attentats dans l'archipel, en particulier celui contre un ferry qui avait fait plus de 100 morts en 2004.

Abou Sayyaf est une ramification extrémiste de l'insurrection séparatiste musulmane. Il a été créé dans les années 1990 grâce aux financements d'un membre de la famille du chef d'Al-Qaïda Oussama ben Laden.

Jolo fait partie de la région autonome Bangsamoro dont la création vient d'être plebiscitée lors d'un référendum.

La mise en place de cette zone sur un territoire à majorité musulmane - alors que l'archipel est majoritairement catholique - vise à rétablir la paix après des décennies d'un conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts.

AFP/VNA/CVN

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