24/04/2018 18:18
Philip Glass, considéré comme le plus grand compositeur américain vivant, cite souvent l'Inde comme inspiration pour sa vision de la musique. Et pour comprendre l'Inde moderne, il se tourne vers un mystique du XIXe siècle, Ramakrishna Paramahamsa.

Le compositeur américain Philip Glass en 2017 à Linz, en Autriche.
Photo: AFP/VNA/CVN

La Passion de Ramakrishna, oratoire de Glass sur les derniers jours de ce très révéré gourou et présenté une première fois en 2006 en Californie, a trouvé un nouveau public lors de sa première new-yorkaise ce week-end au Carnegie Hall, en clôturant une série de concerts marquant le 80e anniversaire du compositeur.

Pour Glass, la Passion de Ramakrishna est, musicalement tout au moins, une œuvre étonnamment simple et directe, avec des cuivres triomphants et un épilogue doux, réminiscence d'une autre ère de compositeurs occidentaux. Ramakrishna, originaire de l'est du Bengale, fut épris de spiritualité très jeune avant de devenir, porté par des disciples de plus en plus nombreux, un pilier de l'Hindouisme moderne.

Il a notamment déclaré que "toutes les religions sont vraies" - une affirmation égalitaire forte dans un sous-continent indien aux multiples forces religieuses - et honorait "une mère divine" créatrice du monde. Dans une brève introduction devant le public du Carnegie Hall, Glass a souligné samedi 21 avril que Ramakrishna avait contribué à faire "renaître l'identité indienne", à une époque où le colonialisme britannique poussait beaucoup d'Indiens à "avoir le sentiment que leur culture était inférieure".

"On peine à imaginer l'émergence de l'Inde sur la scène internationale sans l'étincelle apportée par la brillance de Ramakrishna", écrivait aussi le compositeur en introduction d'un enregistrement de son oratoire.

AFP/VNA/CVN

  
 
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