07/07/2017 10:59
Ayant une femme gravement malade, l’agriculteur Pham Tân Luc du district de Binh Son, province de Quang Ngai (Centre), est à l’affût de la corruption sur le chantier de construction de l’autoroute de Dà Nang – Quang Ngai. Portrait de ce pauvre paysan qui cherche à protéger, sans rémunération, les investissements de l’État.
>>«Je ne veux qu’allumer un feu»

Pham Tân Luc dans sa maison du district de Binh Son, province de Quang Ngai (Centre).
Photo : Lao Dông/CVN

Du haut de ses 1,5 mètre, Pham Tân Luc parait bien plus vieux que son âge, 57 ans, à cause de son visage ridé et de sa voix saccadée. Habitant dans la commune de Binh Trung, district de Binh Son, le pauvre agriculteur et éleveur de poulets habite dans une bien vieille maison.

«Lorsque l’on écoute parler de la dette publique vietnamienne à la radio, on se rend compte que chaque Vietnamien doit plusieurs dizaines de millions de dôngs, ce qui est supérieur à mon revenu annuel de la culture du riz !», partage Pham Tan Luc.

Étant ancien soldat et fils de soldat mort pour la Patrie, le caractère droit et juste du vieil homme ne lui permet pas de rester de marbre face aux corruptions sur le chantier de construction de l’autoroute de Dà Nang – Quang Nai qui traverse son village.

Une inspection au cœur du danger

Les 140 kilomètres de l’autoroute de Dà Nang – Quang Nai, dont 10,6 kilomètres traversant le district de Binh Son, sont confiés à l’entrepreneur chinois Jiangsu et coûtent près de 1,5 billion de dollars. Avec un chantier d’une telle envergure, les fraudes ont immédiatement fait surface. Après plusieurs témoignages des habitants et après s’être lui-même déplacé sur le terrain, Pham Tan Luc a su rassembler les informations nécessaires. 

À partir des témoignages de Pham Tân Luc, plusieurs médias ont exposé la part de responsabilité prise par l’entrepreneur chinois Jiangsu en matière de corruptions impliquées dans la construction de la partie A3 de l’autoroute de Dà Nang – Quang Ngai.
Photo : DT/CVN

Au début de 2016, son premier témoignage a été envoyé de manière anonyme aux administrations provinciales. Depuis, de nouveaux rapports ont été ajoutés avec le support des habitants qui sont également survenus sous les menaces des autres.

En 2016, plusieurs malfaiteurs ont rendu «visite» au vieil homme, en le menaçant de mort. Mais rien ne fait sourciller le brave Pham Tân Luc «Vous êtes vous-même vietnamiens, pourquoi choisir de vous mettre de leur côté et non du nôtre ?», leur a-t-il demandé. Puis, en 2017, des pierres ont été lancées chez lui. Depuis, sa femme refuse tout entretien avec la presse.

C’est sans hésitation que Pham Tân Luc a envoyé ses rapports avec photos et vidéos à la présidente de l’Assemblée nationale Nguyên Thi Kim Ngân et au Premier ministre Nguyên Xuân Phuc.

Dès l’été 2016, les premiers journalistes ont poursuivi les rapports et témoignages de Pham Tân Luc et ont donné raison à ce dernier quant aux accusations de fraudes à l’encontre de l’entrepreneur Jiangsu. Finalement, son travail a bien porté ses fruits en attirant l’attention des administrations. C’est de manière imminente que la Compagnie générale d’investissement et de développement des autoroutes du Vietnam (VEC) a intervenu en remplaçant les inspecteurs en construction, et tout particulièrement en licenciant Guo Li Ping, le chef d’exécution de projet.

Nguyên Manh Hùng, directeur adjoint de VEC, a apprécié le travail de Pham Tân Luc et lui a confié désormais l’élaboration des rapports et autres compte-rendus réguliers de la construction de la partie A3. Pourtant, le modeste paysan lui a répondu de manière discrète : «Je n’ai fais que mon devoir de citoyen. Si tout le monde est prêt à combattre les corruptions, la dette publique se verra grandement réduite !».

Dang Duong/CVN
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