04/02/2022 20:45
La compagnie pétrolière espagnole Repsol a promis jeudi 3 février de terminer en mars prochain les opérations de nettoyage des côtes péruviennes souillées par une nappe de pétrole.
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Nettoyage d’une plage touchée par une marée noire après une fuite de pétrole, le 26 janvier à Callao, au Pérou. 
Photo : AFP/VNA/CVN

"Nous estimons que si les conditions météorologiques le permettent, ce sera à la mi-mars" que prendront fin le nettoyage des plages et des îles touchées par cette marée noire de quelque 12.000 barils de pétrole brut, a indiqué à la presse le directeur de la Sécurité environnementale de Repsol, l’Espagnol José Terol.

Ce dernier, qui dirige ces opérations de nettoyage, a toutefois expliqué que dans des zones plus difficiles d’accès, le travail prendrait plus de temps.

"À la mi-février, il n’y aura plus de nappes de pétrole en mer. Dans un scénario optimiste, les opérations dans les zones difficiles prendront fin à la fin mars", a-t-il assuré.

Le 15 janvier, une fuite de pétrole s’est produite pendant le déchargement d’un tanker dans la raffinerie de La Pampilla, propriété du groupe pétrolier espagnol Repsol, située à 30 km au nord de Lima.

La nappe de pétrole a été poussée par les courants jusqu’à 140 km au nord de la raffinerie.

Elle a entraîné la mort de milliers de poissons et d’oiseaux marins et mis des centaines de pêcheurs artisanaux au chômage. En plein milieu de l’été austral, le secteur touristique de la zone est également touché de plein fouet.

"Repsol assassin"

Pendant la conférence de presse du responsable de Repsol, des dizaines de commerçants d’Ancon, une populaire ville balnéaire située à 20 km au nord de la raffinerie, ont manifesté leur mécontentement.

"Repsol assassin" ou "Repsol, il faut réparer", pouvait-on lire sur les pancartes brandies par ces manifestants.

"La raison de cette manifestation, c’est que nous sommes sans travail à cause de cette pollution de la mer d’Ancon", a dit Miguel Basurto, un chauffeur de taxi à moto âgé de 53 ans.

"Nous sommes indignés parce que nous ne recevons aucun soutien de Repsol. Ils s’en lavent les mains et s’en vont en nous laissant toute cette pollution qui affecte les enfants et les personnes âgées", a-t-il ajouté.

La raffinerie de La Pampilla, à 30 km au nord de Lima, où une fuite de pétrole a souillé les côtes du Pérou, le 3 février.
Photo : AFP/VNA/CVN

La raffinerie rejette la responsabilité de l’accident sur la forte houle présente en mer ce jour-là après la puissante éruption volcanique aux îles Tonga qui a provoqué un tsunami dans le Pacifique. Ses responsables affirment que les autorités maritimes péruviennes n’avaient pas émis d’alerte.

Dans une décision rendue vendredi dernier, la justice péruvienne a interdit à quatre responsables du groupe Repsol, dont son président au Pérou, l’Espagnol Jaime Fernandez-Cuesta Luca de Tena, de sortir du pays pendant 18 mois, le temps de poursuivre l’enquête sur la marée noire.

"La demande du parquet est fondée", a déclaré le juge Romualdo Aguedo au cours d’une audience en ligne, validant cette décision.

"Nous continuerons à coopérer pleinement à toute enquête pénale, comme nous le faisons avec l’enquête préliminaire en cours", a réagi le groupe espagnol depuis Madrid dans un courrier électronique envoyé à l’AFP.

"Notre principale préoccupation est le nettoyage de l’environnement. Repsol concentre tous ses efforts dans les travaux de nettoyage avec la plus grande célérité pour progresser dans les zones affectées", a-t-il ajouté.

Des employés de la compagnie pétrolière espagnole Repsol montrent sur une carte les zones polluées par une marée noire, le 3 février au Pérou.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le centre d’opérations de Repsol travaille jour et nuit, appuyé par 18 satellites qui prennent des photos de la nappe de pétrole, a assuré la compagnie espagnole depuis le Pérou.

"Le dispositif opérationnel atteint près de 3.000 personnes", dont 2.400 à terre, 500 en mer et 90 dans le centre lui-même, a précisé M. Terol devant la presse, ajoutant que 32% du pétrole avait été récupéré jusqu’à présent.

AFP/VNA/CVN
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