24/03/2019 08:59
La passion de Thach Chành Dô, jeune fille de 19 ans, est de peindre et vendre ses tableaux à des fins caritatives. "Le bonheur, c’est de pouvoir faire ce que l’on aime", affirme-t-elle.
>>Gravure sur feuille de palmier
>>Vivre pour donner, vivre pour partager

Lors de son temps libre, Thach Chành Dô se donne corps et âme à la peinture et au dessin. Photo: Hông Tài/CVN

En regardant les œuvres de Thach Chành Dô, il est difficile de croire que cette jeune fille, née en 2000, n’a jamais fréquenté d’école d’art. Malgré un don inné et une fascination pour la peinture dès la petite enfance, la situation familiale de l’artiste en herbe ne lui a jamais permis de suivre une formation académique. Ainsi, XXIe siècle oblige, c’est grâce à Internet qu’elle a pu poursuivre sa passion en suivant des cours en ligne.

L’enfance de Dô fut loin d’être des plus heureuses. Son père décéda alors qu’elle n’était qu’une jeune enfant et se retrouva ensuite abandonnée par sa mère quelques années plus tard. Elle fut recueillie par la famille d’accueil de Bùi Thi Hang, sa mère de cœur. La petite fille arrêta ses études après le collège pour aider le commerce de sa famille adoptive dans la ville de Soc Trang (delta du Mékong), une boutique de location d’uniformes scolaires.

Lors de son temps libre, Thach Chành Dô se donne corps et âme à la peinture et au dessin. Bùi Thi Hang partage avec fierté: "Nous avons pu voir l’évolution de son art. D’abord, cela a été des images simples comme des vases, des animaux, des maisons... puis peu à peu, elle s’est mise à la production d’œuvres plus complexes comme des paysages avec des villages, des arbres… Chacune d’entre elles raconte une histoire touchante et émouvante…"

"J’aime pouvoir représenter les émotions, les différents états des arbres, les changements de saisons, les rues, les animaux... C’est peut-être pour cette raison que mes peintures ont toutes leurs propres caractéristiques. Les matières que j’utilise sont essentiellement la cire et l’aquarelle", confie Thach Chành Dô.

La philanthropie à travers l’art

Thach Chành Dô a par la suite présenté et publié ses œuvres sur son compte Facebook afin de pouvoir les vendre. Ainsi, une dizaine de ses peintures ont été vendues aux enchères en une vitesse record. Les profits ainsi amassés sont par la suite presque entièrement reversés au "Club zéro dông", une association humanitaire en faveur des plus démunis, des orphelins et des victimes de l’agent orange/dioxine de la province de Soc Trang. Dô en conserve une infime partie pour pouvoir se procurer du papier, de la peinture et toute autre matière première lui permettant d’exercer son art.

Thach Chành Dô offre un de ses tableaux au "Club zéro dông".
Photo: Hông Tài/CVN

En parlant de ses activités humanitaires, le visage de la jeune peintre s’éclaire: "Étant petite, ma situation familiale était très difficile. On manquait de tout, alors je comprends vraiment les personnes dans des situations similaires. Depuis que j’en suis capable, je souhaite réellement pouvoir venir en aide à ces personnes, autant que je le peux. J’espère uniquement que chacun puisse bénéficier d’une vie meilleure…".

Aujourd’hui, le plus grand souhait de Thach Chành Dô est que ses peintures continuent d’être reconnues afin qu’elle puisse poursuivre ses actions de bienfaisance.

D’après Nguyên Trung Thành, propriétaire d’un magasin de vêtements dans la ville de Soc Trang, les peintures de Thach Chành Dô sont vraiment magnifiques. "En plus d’embellir nos maisons, l’achat des peintures de Thach Chành Dô nous offre l’opportunité de pouvoir participer au bien-être des personnes dans le besoin", partage-t-il.

Pour Luu Hông Tài, membre de l’association "Club zéro dông", la somme amassée grâce aux œuvres de Thach Chành Dô a pu aider de nombreux foyers démunis à passer des vacances du Têt plus chaleureuses et plus humaines.

Pour la jeune artiste, peindre et participer à des activités philanthropiques sont ses deux plus grandes passions dans la vie. D’après elle, toutes deux sont les plus pures quand elles viennent du cœur. "Je suis plus heureuse lorsque j’ai l’opportunité de faire ce que j’aime. Car, je donne, certes, mais je reçois également tellement", sourit-elle avec optimisme.

Câm Sa/CVN


 
Réagir à cet article
Commentaire:*
E-mail:*
Nom:*
Espace francophone
La France aide Lilama 2 pour la formation professionnelle