17/11/2013 23:15
Les jeunes déshérités bénéficiaires des programmes de l’ONG Passerelles numériques ont toutes les clés pour trouver un emploi qui permette à leur famille d’échapper durablement à la pauvreté. C’est l’ambition de son président, Benoît Génuini. Rencontre avec cet homme de cœur.


Benoi Genuini remet des diplômes à des étudiants vietnamiens. Photo : PNV/CVN


«Il est plus utile d’apprendre aux étudiants déshérités à utiliser une canne à pêche que de leur donner des poissons. C’est la raison pour laquelle l’association Passerelles numériques (PN) les aide de A à Z, de la formation à la recherche d’un emploi»,
a expliqué Benoît Génuini, président de l’ONG.

Outre les actions qu’il a menées au Cambodge et aux Philippines depuis 2005, M. Génuini a également installé la société PN au Vietnam en 2010. Devenue PNV (Passerelles numériques Vietnam), l’association est une organisation à but non lucratif visant à aider les jeunes les plus défavorisés, en situation de précarité, et à leur permettre de bénéficier de formations supérieures en informatique et en anglais, d’une durée de deux ans, afin d’accéder à un emploi dans le secteur des nouvelles technologies et de sortir durablement de la pauvreté.

Avec son équipe de bénévoles et salariés, français et vietnamiens, M. Génuini travaille d’arrache-pied depuis quatre ans sans aucune rémunération afin de surmonter les difficultés, notamment celles posées par les distances culturelles, pour aider les jeunes vietnamiens déshérités originaires de sept localités du Centre du Vietnam, dont la ville de Dà Nang. Il cherche également à collecter des fonds en vue de couvrir les frais liés aux opérations de PNV.

Mener une vie simple au services des défavorisés

Mme Thanh Huong, manager en risques financiers et bancaires dans le groupe Ac centure France, a raconté, lors de l’une de nos conversations, qu’après deux semaines de travail au sein de PNV à Dà Nang, en tant que bénévole, elle ne pouvait s’empêcher d’éprouver de l’admiration vis-à-vis du dynamisme de M. Génuini, et de ce qu’il a entrepris jusqu’à présent, en y mettant tout son cœur, pour les jeunes vietnamiens ainsi que pour le développement de PN au Vietnam, comme dans d’autres pays en Asie. Et d’ajouter que bien qu’elle n’ait travaillé que pendant un court laps de temps avec lui, elle l’a trouvé courageux, sincère, ouvert et modeste. Il a osé abandonner les intérêts et avantages tant économiques que sociaux dont il bénéficiait dans son pays d’origine, pour mener une vie plus simple au service de jeunes en difficulté, sans salaire, depuis près d’une dizaine d’années. Parce qu’il souhaite simplement offrir leur chance à ceux qui sont défavorisés.

Le président PN et des étudiants vietnamiens bénéficiaires des programmes de PN à Dà Nang.  Photo : PNV/CVN


Lê Thanh Vu, originaire de la ville de Dà Nang, actuellement programmeur et développeur web, est un des bénéficiaires du programme de PN. Il est un des 54 étudiants auxquels a été remis le diplôme d’«Administrateur Systèmes et Réseaux», lors de la cérémonie qui s’est tenue le 19 octobre dernier à Dà Nang. Il parle avec émotion de son diplôme de technologie informatique, obtenu après de deux ans de formation à PNV, chose dont il n’aurait jamais rêvé lorsqu’il était encore au lycée. Cette association, qu’il considère comme un second foyer, lui a offert des conditions favorables pour faire ses études et aplanir les difficultés liées à la situation économique des familles précaires. Il continue à avancer grâce à «la joie et au bonheur qui brillent dans les yeux de mes parents», explique-t-il. Après ses études, il a trouvé un emploi dans la compagnie conceptrice de logiciels Magrabbit de Dà Nang.

Édifier la confiance mutuelle

M. Génuini est revenu maintes fois au Vietnam en cherchant à surmonter les difficultés et les distances culturelles, afin de développer de meilleures relations avec les Vietnamiens. «Cela prend du temps de gagner la confiance des personnes, mais je suis déterminé à être patient pour y arriver». Il ajoute que le Vietnam est un pays fascinant, qu’il découvre peu à peu, en visitant Da Nang et d’autres endroits. «La nature est très belle, la culture très riche, et les Vietnamiens sont très attachants. Il faut du temps pour entrer en relation avec eux, mais, une fois que la confiance mutuelle s’est créée, les liens noués sont très solides».

Il est en mesure de développer son association et souhaite accueillir de plus en plus de jeunes en difficulté, afin de les aider à accéder à des études supérieures et à un emploi qualifié dans le secteur high tech. Le développement économique du pays est très rapide, mais il ne profite pas à de nombreuses familles qui demeurent en situation précaire, et des inégalités persistent.


Un homme de cœur


Benoît Génuini est né le 14 avril 1953. Il est président de l’Association Passerelles numériques (depuis 2006) et a été président d’Accenture France (1995 – 2005). Il a une expérience professionnelle longue de 30 ans dans les domaines du conseil en management et des technologies de l’information. Au sein d’Accenture, il a mené de nombreuses missions d’optimisation des performances, notamment dans le secteur des entreprises industrielles et commerciales, l’industrie énergétique et les administrations publiques.

Benoît Génuini a été président d’Accenture France de 1995 à fin 2005. Membre du Comité exécutif mondial d’Accenture, il a été directeur général des activités du secteur énergie et chimie pour l’Europe, l’Afrique et l’Amérique latine.

Il a créé en 1996 la Fondation d’entreprise Accenture, dédiée au mécénat culturel et au soutien d’actions caritatives dans le domaine de l’éducation et de l’accès à l’emploi. Il s’est vu décerner en 2007 la médaille de Chevalier de la Légion d’Honneur.



Lê Hà/CVN



 

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