03/10/2019 21:32
Quatre policiers ont été tués jeudi 3 octobre à coups de couteau, à l'intérieur de la préfecture de police de Paris, par un employé qui a été ensuite abattu par les forces de l'ordre, une attaque inédite venue du sein même de l'institution.

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Des policiers montent la garde à promixité du lieu de l'attaque, le 3 octobre à Paris.
Photo : AFP/VNA/CVN


L'agression s'est produite en début d'après-midi du 3 octobre à l'intérieur de ce lieu emblématique, situé dans le centre historique de la capitale, près de la cathédrale Notre-Dame, qui regroupe plusieurs grandes directions de la police parisienne.
 

Les enquêteurs explorent notamment la piste d'un conflit personnel, ont indiqué des sources concordantes.
 

L'assaillant, abattu dans la cour de la préfecture, travaillait à la Direction du renseignement de la préfecture de police, au service informatique, et il souffrait d'un handicap.
 

"L'auteur présumé a commencé les faits dans son bureau puis il est sorti pour continuer son agression, dans d'autres endroits de la préfecture", a indiqué Loïc Travers, un responsable du syndicat Alliance police nationale, sur BFMTV.
 

"Employé modèle, sans histoire", l'agresseur avait "plus de 20 ans de maison", selon lui.
 

En début d'après-midi, le lieu était placé sous haute sécurité: le périmètre était bouclé, une dizaine de camions de pompiers étaient sur place, ont constaté des journalistes de l'AFP.
 

"Ça courait partout, ça pleurait partout", a témoigné à l'AFP Emery Siamandi, interprète présent à l'intérieur de la préfecture au moment de l'attaque. "J'ai entendu un tir, j'ai compris que c'était à l'intérieur, raconte-t-il. Quelques instants après, j'ai vu des policières qui pleuraient. Elles étaient en panique".
 

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, qui devait se rendre en Turquie, a repoussé son déplacement et s'est rendu sur les lieux. Il a été rejoint par le président Emmanuel Macron, venu "témoigner son soutien et sa solidarité à l'ensemble des personnels", le Premier ministre Edouard Philippe et la maire de Paris Anne Hidalgo.

Malaise au sein de la police
 

Quatre policiers ont été tués à coups de couteau, le 3 octobre à Paris.
Photo : AFP/VNA/CVN


Peu avant 12h00 GMT, un message d'alerte a été diffusé dans les hauts-parleurs du palais de justice de Paris, situé en face de la préfecture. "Une agression s'est produite à la préfecture de police. La situation est maîtrisée", le secteur "reste sous surveillance", mettait en garde le message.
 

"Voir un collègue s'en prendre à d'autres collègues, c'est du jamais vu de mémoire de policier", a commenté Denis Jacob, un responsable du syndicat Alternative police CFDT, sur BFMTV, qui a évoqué un contexte de "rupture du lien entre nous" et de "déshumanisation de l'institution".
 

Cette agression meurtrière survient au lendemain d'une manifestation de milliers de policiers à Paris, pour une "marche de la colère", une mobilisation inédite depuis près de 20 ans.
 

Contrairement aux précédentes mobilisations, ce n'est pas un fait divers sanglant qui a agit comme élément déclencheur, mais une surcharge de travail et de tensions liée au mouvement social des "gilets jaunes", entrés en fronde contre la politique sociale et fiscale du gouvernement depuis près d'un an, et un bond des suicides au sein de la police (52 depuis janvier), un mal endémique dans l'institution.
 

Selon les organisations syndicales, 26.000 personnes participaient à cette mobilisation. Il y a près de 150.000 policiers en France.
 

"Il y a aujourd'hui des éléments qui s'ajoutent les uns aux autres: après la vague d'attentats terroristes, les forces de l'ordre ont dû faire face avec les gilets jaunes à une mobilisation dans la durée, avec des conditions d'intervention très difficiles. Il y a également la question des suicides qui ressurgit, mais aussi les relations détériorées avec la population", a expliqué Jacques Maillard, qui codirige un centre de recherches sur le droit et les institutions pénales.
 

Si les motivations de l'assaillant de la préfecture de police restent inconnues à ce stade, les forces de l'ordre figurent parmi les objectifs récurrents des organisations jihadistes, dont l'État islamique (EI).
 

La France, atteinte depuis 2015 par une vague d'attentats islamistes sans précédent qui a fait 251 morts, vit toujours sous une menace terroriste constante.

 

AFP/VNA/CVN

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