06/11/2020 11:33
Les autorités demandent jeudi 5 novembre aux éleveurs de 46 départements français de confiner leurs volailles, dans l'espoir d'éviter que les oiseaux migrateurs ne leur transmettent un virus aux conséquences redoutables pour l'élevage français.

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Des canards confinés dans une ferme de l'Ouest de la France en février 2017 pour éviter une contamination par la grippe aviaire.
Photo : AFP/VNA/CVN


Le niveau de risque est passé à "élevé" dans ces territoires, parmi lesquels figurent les Landes et le Gers, réputés pour leur production de foie gras, selon un arrêté publié au Journal officiel.

Le risque lié à l'influenza aviaire hautement pathogène, communément appelée grippe aviaire, reste qualifié de "modéré" dans les autres départements français.

Depuis janvier 2018 et jusqu'à fin octobre, le risque était encore considéré comme "négligeable" dans tout le pays.

S'il était détecté en France, ce virus mettrait en difficulté les volaillers, avec la fermeture de débouchés à l'exportation.

Les éleveurs de canards du Sud-Ouest ont été frappés à deux reprises, lors des hivers 2015-2016 et 2016-2017, par des épisodes d'influenza aviaire qui avaient occasionné des abattages massifs pour éradiquer la maladie et coûté des centaines de millions d'euros aux producteurs.

La filière foie gras ne cache pas son inquiétude, à l'heure où la pandémie de COVID-19 fait déjà planer de sombres perspectives sur les fêtes de fin d'année, cruciales pour les ventes.

"Pour avoir vécu les crises précédentes, on ne voudrait pas avoir à gérer une crise sanitaire (dans les élevages) en plus des conséquences du confinement" décrété contre le COVID-19, a déclaré Marie-Pierre Pé, directrice de l'interprofession Cifog.

"Pas à l'abri" 

Le niveau de risque "élevé" implique, pour les éleveurs professionnels comme les particuliers possédant une basse-cour, d'enfermer les volailles qui évoluent habituellement à l'air libre ou de poser des filets pour empêcher tout contact avec les oiseaux sauvages.

Une partie des éleveurs compte sur une dérogation pour maintenir, même sans filet, un parcours extérieur rétréci après visite du vétérinaire et accord du préfet, précise Eric Cachan, président du Synalaf qui représente quelque 6.000 éleveurs de volailles fermières.

L'idée étant que les animaux "qui ont l'habitude d'être dehors" et risquent de devenir trop "nerveux" - comme les pintades, dindes de Noël, chapons - puissent sortir à proximité immédiate de leur bâtiment.

"On a constaté que les oiseaux migrateurs ne viennent pas" quand il y a une forte densité de volailles sur une surface, complète M. Cachan.

Sont par ailleurs interdits les rassemblements de volailles vivantes, dans des foires par exemple, de même que les transports et lâchers de gibiers à plumes par les chasseurs.

"On est beaucoup mieux préparé que les fois précédentes", estime Anne Richard, directrice de l'interprofession Anvol, qui rassemble notamment les producteurs de poulets, dindes et canards (hors ceux destinés à la production de foie gras). Il y a eu "énormément d'investissements et de formations à la biosécurité", dit-elle.

"On demande aux éleveurs une surveillance très active pour alerter les vétérinaires si une mortalité normale apparaissait", rapporte Mme Pé, de la filière foie gras, estimant qu'"on n'est pas à l'abri que le virus passe" malgré tout.

Elle relève qu'un des foyers détectés au Pays-Bas se situe dans un élevage de reproducteurs, pourtant "très sécurisé sur le plan sanitaire".

Après l'apparition de foyers en Russie et au Kazakhstan cet été, la maladie a progressé vers l'ouest, atteignant récemment les Pays-Bas.

"Depuis, une dynamique d'infection s'est emballée puisque 13 cas en faune sauvage et un foyer en élevage de poulets de chair aux Pays-Bas et 13 cas chez des oiseaux sauvages en Allemagne ont été déclarés. Mardi 3 novembre, le Royaume-Uni déclare également un premier foyer, dans le Nord-Ouest de l'Angleterre", souligne le ministère de l'Agriculture dans l'arrêté.

Ce virus "se propage très rapidement chez les oiseaux et entraîne une mortalité très élevée", décrit l'Anses sur son site Internet. Sa transmission "entre oiseaux peut être directe par des contacts rapprochés entre individus - sécrétions respiratoires, matières fécales - ou indirecte par l'exposition à des matières contaminées - nourriture, eau, matériel ou vêtements".


AFP/VNA/CVN

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