05/04/2020 16:11
Entre deux rangées d'avions de ligne cloués au sol par le coronavirus, un A400 de l'armée de l'air attend des patients : l'aéroport d'Orly s'est mis au service de l'évacuation de malades atteints du COVID-19 pour désengorger les hôpitaux d'Île-de-France.
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Du personnel soignant transporte des malades gravement atteints par le COVID-19 dans des avions, stationnés sur le tarmac de l'aéroport de Orly le 4 avril.
Photo : AFP/VNA/CVN

Depuis mercredi après-midi 1er avril, plus d'une centaine de malades, grièvement atteints par le COVID-19, ont été transportés des hôpitaux de la région Île-de-France jusqu'à Orly, en ambulances ou par des hélicoptères, pour ensuite être transférés vers des hôpitaux de province moins débordés que dans la région parisienne, par les moyens aériens de l'armée de l'air.

Samedi après-midi 4 avril, le triste ballet d'hélicoptères se poursuivait, dont ceux jaunes et rouges de la sécurité civile, déchargeant sur le tarmac des malades, intubés, ventilés et sous sédatif, accompagnés chacun par un médecin urgentiste et un infirmier-anesthésiste, portant masques, gants, sur-chaussures et combinaisons à capuche.

Avec d'infimes précautions, le malade, entouré de personnels ultra-protégés, est ensuite poussé sur un chariot sur quelques dizaines de mètres vers un appareil de l'armée de l'air, pour être emmené vers une autre région.

Mercredi 1er avril, 24 patients ont ainsi été évacués, jeudi 45, vendredi 27 et samedi une dizaine. L'opération devait se poursuivre pour une durée encore indéterminée.

Dans le cadre de l'opération militaire "Résilience" de soutien à la population face à l'épidémie de COVID-19, trois hélicoptères Caracal, deux hélicoptères Puma, un avion cargo A400M et un Cas de l'armée participent au dispositif sur les pistes d'Orly, qui est devenu un aéroport fantôme depuis sa fermeture mardi soir 31 mars au trafic commercial en raison de l'effondrement du trafic - les vols commerciaux ont tous été redirigés vers l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.

"L'objectif de l'opération est un objectif de santé publique", explique Eric Lecarpentier, directeur médical et chef de service du Samu 94.

"On extrait des patients pour lesquels le risque de transport est le plus maîtrisé possible, de façon à pouvoir prendre en charge des patients en Île-de-France dont l'état est en train de se dégrader", poursuit-il.

Les malades, venus de tous les hôpitaux d'Île-de-France, ont été transportés essentiellement vers les régions Normandie, Pays de Loire et Centre. Samedi 4 avril, les patients ont été transférés essentiellement vers les hôpitaux de Clermont-Ferrand et d'Aurillac.

Et demain, l'inverse ?

Le gestionnaire de l'aéroport, ADP, a mis à disposition son service médical d'urgence (SMU) et un centre médical d'évacuation (CME), et un hôpital de campagne a été monté en quelques heures mercredi 1er avril pour accueillir les malades en cas d'attente entre deux vols.

Un hôpital de campagne installé le 3 avril sur l'aéroport de Orly.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le CME dispose d'une capacité médicale avec de l'oxygène et des médicaments, comme un service de réanimation temporaire. Mais selon le Dr Chadi-Christian Jbeili, médecin coordonnateur du SMU d'Orly, "les opérations se passent de manière fluide" et le centre improvisé a très peu servi.

"Une cellule de coordination médico-aéronautique récupère via l'Agence régionale de santé la liste des patients à transférer et une liste de places dans les zones moins tendues que l'Île-de-France, et c'est cette équipe qui coordonne les vecteurs et les équipes médicales qui vont se charger de ces transferts", ajoute-t-il.

Certains appareils peuvent prendre quatre patients à bord, d'autres deux et d'autres seulement un, "c'est une gymnastique pour qu'il y ait le moins d'attente pour les patients", poursuit-il.

Le centre restera en place le temps qu'il faudra, et plus tard le dispositif, qui vient compléter les évacuations par trains sanitaires, pourrait être mis en oeuvre dans d'autres régions.

"Peut-être qu'à un moment donné l'Île-de-France ne sera plus sous pression et ce sera l'inverse", les hôpitaux de la région parisienne accueilleront des patients de province, explique M. Lecarpentier.

Pour l'heure, il s'agit aussi de ne pas mettre en difficulté les régions qui ne sont pas encore en situation de surchauffe mais qui pourraient le devenir rapidement en fonction de la propagation de l'épidémie, ajoute-t-il.

 
AFP/VNA/CVN

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