12/07/2015 11:02
Après ses actes violant délibérément la souveraineté vietnamienne en Mer Orientale, la Chine s’efforce de faire retomber l’inquiétude de la communauté internationale en affirmant son «droit légitime», ses «politiques de la paix» ou encore son «voisinage d’amitié». Convainquant ? Pas vraiment.
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L’île Da Lon, dans l’archipel de Truong Sa. Photo : Phuong Hoa/VNA/CVN

Lors du Dialogue de Shangri-La 2015 qui vient de se dérouler à Singapour, de nombreux experts et chercheurs ont posé des questions en relation avec la construction à grande échelle par la Chine d’îles semi-artificielles dans l’archipel de Truong Sa (Spratly), ainsi que le déploiement d’armes et de munitions sur ces mêmes îles artificielles. Les explications de la Chine pour justifier ses actes hostiles envers les avions et navires de guerre américains, qui effectuaient des patrouilles dans des eaux internationales à proximité de la zone où elle a construit ces îles artificielles, étaient aussi très attendues.

Poldérisation de récifs

Le représentant de la Chine a prétexté «manquer de temps» pour pouvoir répondre précisément à chaque question, mais a néanmoins prononcé un discours bien préparé afin d’adoucir les tensions en Mer Orientale. Il s’est efforcé de rassurer les autres pays, et a avancé des engagements à prendre avec les pays voisins en soulignant que Pékin était prêt à discuter de l’instabilité en Mer Orientale. Ses réponses détournées ont exaspéré les experts et l’ensemble des participants à ce dialogue.

Le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, a prononcé un discours dans lequel il a estimé que «par ces actions en Mer Orientale, la Chine n’est pas en conformité avec les règles internationales, et la transformation de récifs en aéroports n’aidera pas la Chine à étendre son territoire».

Le représentant de la Chine a dénoncé les critiques des États-Unis sur les constructions illégales de son pays sur certains récifs, estimant que ces projets de construction sont «égaux et raisonnables». Qu’en est-il réellement ?

Selon un rapport d’explication présenté devant la Commission des relations extérieures du Sénat américain, ces derniers mois, la Chine s’active fébrilement à empiéter sur la mer et à effectuer des constructions à grande échelle sur toutes les structures qu’elle occupe illégalement dans l’archipel vietnamien de Truong Sa. Cinq sites sont en ce moment même concernés par ces travaux : les récifs Gaven (environ 15 ha), Gac Ma (13,2 ha), Châu Viên (24 ha), Huy Go (9,2 ha) et Chu Thâp (180 ha).

Depuis 2014, la Chine a construit environ 800 ha, soit une superficie plus vaste que le total des îlots et récifs revendiqués par l’ensemble des autres parties en présence. Ces actes, qui s’ajoutent à toutes les autres activités de la Chine menées ces derniers temps comme la déclaration de revendication territoriale dite de «ligne des neuf tronçons», l’implantation profonde et illégale de la plate-forme de forage Haiyan Shiyou – 981 dans la zone économique exclusive et le plateau continental du Vietnam, la promulgation unilatérale d’interdictions de pêche en haute saison, l’entrave des activités de secours des forces philippines stationnées sur le récif  Bai Co May, constituent un comportement qui suscite des inquiétudes au sein de la communauté internationale. Cette dernière estime que la Chine transforme obstinément des zones maritimes qui ne sont pas en litige en des zones maritimes litigieuses, tout en renforçant sa présence militaire en Mer Orientale.

Le 9 avril dernier, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a estimé que les constructions menées par la Chine en Mer Orientale visaient à «mieux répondre à sa responsabilité et à ses obligations internationales en matière de recherche et de sauvetage en mer, de prévention et de lutte contre les catastrophes naturelles et de règlement des conséquences de celles-ci. Ces structures doivent aussi permettre de mener des recherches et autres activités scientifiques», mais aussi, et c’est là le plus révélateur, à lui permettre de mieux «protéger sa souveraineté territoriale, ses droits et ses intérêts maritimes, et servir aux activités d’auto-défense militaire nécessaires».

Une volonté d’hégémonie

Dans le prolongement de cette idée, le représentant de la Chine a souligné que les opérations de remblaiement et la construction d’îles semi-artificielles ou la protection de «mers ouvertes» relevaient du «besoin de développement national» de son pays. Ne sait-il pas que le «besoin de développement national» de la Chine est réalisé sur le territoire d’un autre pays ? Au 14e Dialogue de Shangri-La, il a admis que son pays «construit plusieurs ouvrages sur des récifs en Mer Orientale», mais que «ces constructions visent principalement à améliorer les conditions de vie et de travail des gens qui y vivent».

Une classe sur l'île Truong Sa Lon (archipel de Truong Sa).
Photo : Lê Lâm/VNA/CVN

Toutefois, le déploiement de canons automoteurs sur différentes îles va totalement à l’encontre de ses affirmations selon lesquelles les constructions chinoises sur ces récifs n’ont que des fins civiles.

Sur le long terme, le «jeu» de la Chine consiste à faire de ces îles semi-artificielles des bases militaires pour établir une ligne de défense avancée et contrôler les lignes maritimes et aériennes dans la région. Une grande menace pour la sécurité régionale.

Bien qu’il ait cherché des prétextes pour «rassurer» les pays voisins et régionaux, le représentant de la Chine au Dialogue de Shangri-La cette année a désespéré nombre de gens. Il semble que plus il s’efforçait d’expliquer les dernières actions de la Chine en Mer Orientale, plus il perdait de crédit auprès des observateurs en tant que «puissance» et membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU.

Dès que la Chine a commencé à construire des îles semi-artificielles à Truong Sa, le Vietnam a déclaré à plusieurs reprises sa position constante de rejeter vigoureusement les réclamations de la Chine pour les archipels de Hoàng Sa et Truong Sa, les eaux alentours, ainsi que les revendications basées sur de soi-disant «droits historiques» de la Chine pour les eaux, les fonds marins et le sous-sol au sein de la «ligne des neuf tronçons» proposée unilatéralement par ce pays. Le Vietnam demande à la Chine d’arrêter immédiatement les opérations de remblaiement et les constructions illégales d’îles semi-artificielles, ainsi que le déploiement d’armes et d’équipements militaires en Mer Orientale, et de s’asseoir à la table des négociations pour parvenir enfin à un Code de conduite (COC).
Huong Linh/CVN

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