25/10/2017 16:41
La Russie a opposé mardi 24 octobre son veto à un projet de résolution présenté par les États-Unis au Conseil de sécurité des Nations unies visant à prolonger d'un an une enquête sur l'utilisation d'armes chimiques en Syrie.
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Une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, le 24 octobre à New York. Photo : AFP/VNA/CVN

C'est la neuvième fois que Moscou utilise son droit de veto pour protéger son allié syrien.

La Russie s'est opposée au renouvellement du mandat des experts de l'ONU et de l'OIAC (Organisation pour l'interdiction des armes chimiques) chargés d'enquêter sur l'utilisation d'armes chimiques en Syrie. Il expire le 17 novembre.

Ces experts doivent remettre jeudi 26 octobre au Conseil de sécurité un rapport sur l'attaque au gaz sarin du 4 avril à Khan Cheikhoun, dans le Nord de la Syrie, qui a tué plus de 80 personnes dont de nombreuses femmes et enfants.

Après le veto, l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, a accusé Moscou d'être "une fois encore" du côté "des dictateurs et des terroristes qui utilisent ces armes".

En début de séance, la Russie n'était pas parvenue à faire repousser le vote sur le renouvellement du mandat au mois de novembre, après la remise de ce rapport.

L'entrée du village de Khan Cheikhoun en Syrie, le 12 juillet, cible d'une attaque au gaz sarin en avril. Photo : AFP/VNA/CVN

La Chine et le Kazakhstan se sont abstenus, la Bolivie a voté contre le renouvellement et onze pays ont voté pour une extension du mandat de la commission d'enquête, baptisée Joint Investigative Mechanism (JIM). Le veto de la Russie a bloqué l'adoption du texte.

«Déshonorer la Russie»

L'ambassadeur russe Vasily Nebenzia a accusé les États-Unis et leurs alliés de demander un vote dans le but de "montrer du doigt et de déshonorer la Russie" et affirmé que les méthodes et "le manque de preuves" de la commission d'enquête sur l'incident de Khan Cheikhoun étaient "risibles".

"Ce qui se passe aujourd'hui n'est pas très plaisant", a-t-il dit. "En fait, ça pue !", a lancé l'ambassadeur.

Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont déjà accusé le régime de Bachar al-Assad d'être responsable du drame de Khan Cheikhoun.

Des interprètes, officiant lors d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, le 24 octobre à New-York. Photo : AFP/VNA/CVN

Le mois dernier, les enquêteurs de l'ONU ont affirmé détenir des preuves impliquant la responsabilité de l'armée de l'air syrienne dans cette attaque, ce que Damas a vigoureusement nié.

Plus de 87 personnes sont mortes dans ce village, provoquant une indignation mondiale et poussant les États-Unis à tirer des missiles de croisière sur une base de l'armée syrienne.

La Russie affirme que l'attaque au gaz sarin a probablement été causée par un engin au sol et non par une attaque aérienne. Vasily Nebenzia n'a pas exclu de renouveler le mandat de la JIM après la remise du rapport.

Ce veto "ne peut pas être le dernier mot", a plaidé François Delattre, ambassadeur français à l'ONU.

"Sachons rétablir le consensus nécessaire d’ici l’échéance du mandat du JIM, mi-novembre, pour permettre son renouvellement (...) C’est notre responsabilité historique", a-t-il ajouté.

AFP/VNA/CVN






 
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