01/12/2021 09:18
Le patron du laboratoire pharmaceutique Moderna a affiché mardi 30 novembre son pessimisme sur l'efficacité des vaccins actuels contre le variant Omicron du coronavirus, au moment où de nouvelles restrictions sanitaires se multiplient dans le monde, comme au Royaume-Uni et au Japon.
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Un homme passe devant un écran montrant les vols annulés à l'arrivée de l'aéroport Haneda de Tokyo, au Japon, à cause du variant Omicron du coronavirus, le 30 novembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Face à ce qui ressemble à de la panique, le chef de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a appelé mardi 30 novembre au "calme" et demandé aux États membres une réponse "rationnelle" et "proportionnelle" à la propagation du variant.

Comprenant "le souci de tous les pays de protéger leurs citoyens", il s'est aussi dit "préoccupé par le fait que plusieurs États membres prennent des mesures générales et brutales qui ne sont ni fondées sur des preuves ni efficaces en soi, et qui ne feront qu'aggraver les inégalités" entre pays.

Dans un entretien au Financial Times, Stéphane Bancel, le dirigeant de Moderna, a prédit une "baisse significative" de l'efficacité des vaccins actuels face à Omicron et estimé qu'il faudra plusieurs mois pour en élaborer un nouveau. "Tous les scientifiques à qui j'ai parlé (...) disent +Cela ne va pas le faire+", assure-t-il.

Divers fabricants, dont Moderna, AstraZeneca, Pfizer/BioNTech et Novavax se sont néanmoins dits confiants dans leur capacité à créer un nouveau vaccin contre le COVID-19. La Russie a, elle aussi, annoncé travailler sur une version de son Spoutnik V ciblant spécifiquement Omicron.

La pandémie de COVID-19 a fait au moins 5.206.370 morts depuis son apparition fin 2019 en Chine, selon un comptage de l'AFP.

Tour de vis mondial

Signalée initialement en Afrique du Sud la semaine dernière, cette nouvelle souche a été repérée sur tous les continents, du Canada à l'Italie, en passant par le Japon, l'Allemagne, l'Espagne, le Portugal ou encore le Royaume-Uni.

De nombreux États ont suspendu les voyages vers l'Afrique australe, instauré des dispositifs préventifs et, pour les plus riches, exhorté leur population à se faire injecter une dose de rappel.

Au Royaume-Uni, pays parmi les plus endeuillés par la pandémie (près de 145.000 morts), porter un masque dans les transports et les magasins est redevenu obligatoire mardi 30 novembre. Tous les voyageurs y arrivant doivent faire un test PCR et s'isoler jusqu'au résultat.

Depuis ce weekend, Londres n'acceptait déjà plus les non-Britanniques venant de 10 pays africains (Afrique du Sud, Namibie, Lesotho, Eswatini, Zimbabwe, Botswana, Malawi, Mozambique, Zambie et Angola).

L'Europe, confrontée à une nouvelle vague épidémique, semble le continent le plus touché par Omicron.

Les Pays-Bas ont fait état de 14 passagers arrivés d'Afrique du Sud porteurs d'Omicron. Mais le variant était déjà en circulation dans le pays le 19 novembre, soit presque une semaine avant l'annonce sud-africaine sur l'existence du variant, selon les autorités néerlandaises.

La France a signalé son premier cas mardi 30 novembre, sur l'île de la Réunion, et recommande désormais la vaccination aux 5-11 ans présentant un risque de forme grave du COVID. Le régulateur européen avait approuvé le vaccin pour les 5-11 ans il y a quelques jours.

En Allemagne, qui connaît une véritable flambée, la Cour constitutionnelle a jugé justifiées et proportionnelles les mesures de confinement partiel prises par le gouvernement depuis le début de la pandémie, ouvrant la voie à un prochain nouveau durcissement des restrictions. Le futur chancelier Olaf Scholz s'est dit favorable à la vaccination obligatoire.

En Asie, le Japon, trois semaines après avoir assoupli certaines restrictions, interdit depuis mardi 30 novembre "toutes les entrées de ressortissants étrangers". Le gouvernement a confirmé mardi 30 novembre son premier cas d'Omicron, chez un homme revenu de Namibie.

Israël (un cas confirmé) a également fermé ses portes aux étrangers, depuis dimanche 28 novembre.

Ne pas "paniquer"

Jamais un variant du COVID-19 n'avait provoqué autant d'inquiétude depuis l'émergence de Delta, actuellement dominant et déjà très contagieux.

"Il y a des raisons d'être préoccupés face à ce nouveau variant, mais pas de raison de paniquer", a relativisé le président américain Joe Biden lundi 29 novembre.

Un homme reçoit une dose de vaccin contre le COVID-19 dans un parc public de Washington, aux États-Unis, le 29 novembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les États-Unis, pays le plus endeuillé au monde par le COVID-19 (près de 780.000 morts), qui s'étaient rouverts au reste du monde début novembre, ont interdit l'entrée aux voyageurs venant de huit pays d'Afrique australe.

L'OMS juge "élevée" la "probabilité qu'Omicron se répande au niveau mondial", même si de nombreuses inconnues demeurent: contagiosité, efficacité des vaccins existants, gravité des symptômes.

Élément rassurant : à ce jour, aucun décès associé à Omicron n'a été signalé.

Hausse exponentielle

En Afrique du Sud, la majorité des nouvelles contaminations sont déjà liées à Omicron et le gouvernement prédit une hausse exponentielle.

Ces données laissent penser que le variant a un grand potentiel de propagation et rappellent l'urgence d'une vaccination à l'échelle mondiale, seule à même de permettre de contrôler l'épidémie, alors que l'Afrique est très peu vaccinée.

Le variant pourrait peser sur l'économie et l'inflation, a averti le président de la banque centrale américaine Jerome Powell, soulignant des "risques à la baisse pour l'emploi et l'activité économique".

Mardi 30 novembre, les bourses mondiales et le pétrole reculaient nettement face à l'avancée d'Omicron.

La Chine a de son côté reconnu qu'Omicron compliquerait l'organisation des Jeux olympiques d'hiver de Pékin (4-20 février 2022), mais a réaffirmé sa confiance dans leur réussite.

AFP/VNA/CVN
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