14/10/2017 08:12
«Durant ces quinze dernières années, je me suis parfois retrouvé à bout de forces. Mais abandonner c’est perdre, j’ai continué à faire de mon mieux», a partagé l’artiste Quôc Tuân à propos de son quotidien avec de son enfant qui est atteint du syndrome d’Apert.
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L’artiste Quôc Tuân (droite) en compagnie de Bôm, son fils. Photo : TT/CVN

Les amateurs de séries télévisées vietnamiennes connaissent tous l’acteur Quôc Tuân, réputé notamment pour ses rôles principaux dans Nguoi vac tù và hàng tông (Celui qui jouait du cor), 12A và 4H (12A et 4H) et Nhung nguoi sông quanh tôi (Les gens de mon entourage).

Avec le temps, l’acteur s’est fait de plus en plus rare, amenant ainsi le public à penser que l’acteur avait finalement opté pour une vie plus tranquille, loin des projecteurs.

Quand le ciel s’effondre

Quôc Tuân s’est marié à l’âge de 39 ans, ce qui au Vietnam est considéré comme relativement tard. Deux ans plus tard, sa femme attendait un heureux événement. Le ciel était alors rempli d’espoir. Ou tout du moins, c’est ce que le couple pensait. Le ciel s’est rapidement couvert de nuages noirs. «Dès que ma femme a accouché, j’ai été autorisé à entrer dans la salle d’opération. À cet instant, j’ai eu un mauvais pressentiment. J’ai pris le bébé dans mes bras, et lorsque j’ai ouvert la couverture, le ciel s’est écroulé sur ma tête. Son visage était déformé, ses orteils étaient collés...», se souvient-il.

Le verdict est tombé. Leur fils est atteint du syndrome d’Apert. À l’entente de la nouvelle, sa femme, choquée, perd connaissance sur le champ, et lui, n’a pas su fermer l’œil de la nuit. Cette même nuit «J’ai énormément réfléchi. J’étais en colère et je m’en suis pris à la terre entière. Pourquoi cette injustice? Pourquoi mon fils ? Pourquoi moi...», a-t-il confié. 

Et pourtant, quand le jeune père caresse la peau fine de son nouveau né, quand il prend la main de son fils et quand il entend les premiers sons qu’il émet, la fibre paternelle vibre en lui. «Tu iras bien mon fils, c’est sûr. Tout ira bien. Papa est là», a-t-il dit. Depuis, Quôc Tuân est déterminé à faire tout son possible et à tout sacrifier pour apporter à son enfant une vie normale.

Quand Bôm (surnom de l’enfant) a eu trois ans, sa boîte crânienne a cessé de se développer tandis que son cerveau, lui, continuait de grandir. La situation pouvait devenir critique, alors, Quôc Tuân a dû se préparer financièrement pour accompagner son fils en Australie pour qu’il se fasse opérer.

«L’opération a duré des heures. Vers quatre heures, le médecin est sorti du bloc pour me parler. Il m’a dit que mon fils était en état de choc. Qu’ils devaient recourir à la trépanation. J’étais pétrifié et tétanisé à l’idée que Bôm ne puisse pas survivre» a partagé le père d’une voix tremblante. Heureusement, l’opération a été un succès, sa boîte crânienne depuis, se développe normalement.

Quelque temps plus tard, la famille s’est rendue en République de Corée pour que le jeune garçon subisse une intervention supplémentaire. Il fallait qu’il se fasse opérer des voies respiratoires. À l’époque, Bôm devait porter appareil facial visant à restructurer son visage. Chaque réajustement était un supplice pour le petit. Voyant leur fils se tordre de douleur, Quôc Tuân et sa femme, impuissants, n’ont pu que cacher leurs larmes en se consolant mutuellement.

La complicité de Bôm et son papa est telle qu’ils s’appellent souvent «anh/em» (frère) au lieu de «bô/con» (papa/fils). Photo : CTV/CVN

Les opérations effectuées en République de Corée, en Australie et même au Vietnam se sont suivies pendant 15 ans, remuant ainsi la vie de famille avec son lot de montagnes russes d’émotions allant de la préoccupation à l’espoir en passant par l’attente.

Après une dizaines d’opérations derrière lui, Bôm est aujourd’hui bien portant. Par ailleurs, il a récemment réussi, contre toutes attentes, le concours d’entrée au Conservatoire nationale de musique, spécialisé au piano. Une victoire qui fait le bonheur de son père, fier.

L’amour parental plus fort que tout

L’amour qu’éprouvent des parents pour leurs enfants est dit infini et sans conditions. L’histoire de ce père en est la parfaite illustration. Le combat de Quôc Tuân est une inspiration pour la société et nombreux sont ceux qui admirent cet homme qui, à travers son combat, envoie un message fort à propos de l’amour paternel. Un message de dévotion et d’espoir.

«Quôc Tuân, votre dévouement me touche. Je dois avouer que j’ai moi-même un fils autiste. Il va quand même à l’école mais le contact avec les autres est très limité. C’est dur… Je suis très découragé et pense parfois à baisser les bras… mais cela rendrait la situation pire», a commenté un spectateur, en parlant à l’artiste.

Se souvenant du processus de traitement de Bôm pendant ces derniers quinze années, Quôc Tuân partage : «Je me suis parfois retrouvé à bout de forces. Mais je n’ai jamais baissé les bras, j’ai continué à faire de mon mieux. Quand je suis fatigué, je fais de la gymnastique, je fais attention à mon équilibre et à ma santé. Si je tombe malade, qui s’occupera de Bôm ?».

Au-delà de la figure paternelle aimante que Quôc Tuân apporte à son fils, c’est également leur passion mutuelle pour la musique qui a su consolider ce lien fort entre père et fils. Car selon lui, il faut savoir aimer, espérer et sont se passionner corps et âme pour quelque chose pour être en mesure de profiter pleinement de la vie, de la croquer à pleine dents.

Quôc Tuân a su apprendre à son fils à avoir confiance en lui et à être quelqu’un de positif dans la vie. Bôm aime tendrement son père et leur complicité est telle qu’ils s’appellent souvent «anh/em» (frère) au lieu de «bô/con» (papa/fils). Quôc Tuân fait ainsi office de figure paternelle mais également de grand frère, d’ami et de confident. On peut dire que, Bôm est un enfant heureux et courageux qui est né et a grandit entouré de l’amour inconditionnel de ses parents, surtout de son père, dont le rêve est de permettre à son fils de vivre normalement.                 

Mai Quynh/CVN
 
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