03/09/2015 10:51
Le suspense est terminé : le président américain Barack Obama devrait sortir victorieux de la bataille au Congrès sur l'accord nucléaire avec l'Iran, après le ralliement de suffisamment de sénateurs le 2 septembre en prévision du vote qui aura lieu ce mois-ci.
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Depuis l'Alaska où Barack Obama est en déplacement, son porte-parole Josh Earnest s'est félicité que plus du tiers du Sénat soutienne désormais l'accord. Il y a vu "une validation" de l'entreprise de persuasion du président et de son équipe auprès des parlementaires.

Le 2 septembre encore, le secrétaire d'État John Kerry avait repris son bâton de pèlerin pour défendre dans un discours passionné à Philadelphie (Est) le compromis historique scellé à Vienne le 14 juillet entre les grandes puissances et Téhéran.

Depuis des semaines, l'administration américaine démocrate faisait le siège du Congrès, aux mains des républicains, pour convaincre les parlementaires de ne pas torpiller le texte de Vienne.

Le secrétaire d'État, John Kerry, parle de l'accord nucléaire avec l'Iran, le 2 septembre à Philadelphie. Photo : AFP/VNA/CVN 

Le Congrès s'est en effet arrogé le pouvoir de passer en revue l'accord et d'en empêcher éventuellement l'application par Washington. Si les républicains avaient aussitôt annoncé leur opposition, le doute persistait sur la capacité de l'exécutif à rassembler assez d'élus démocrates pour leur faire barrage.

Avec le ralliement le 2 septembre de la sénatrice démocrate Barbara Mikulski, et d'au moins 34 sénateurs sur 100 au total, tous démocrates, la Maison Blanche peut désormais compter sur une minorité suffisante pour lui assurer une victoire, certes courte.

Les chefs républicains du Congrès ont prévu de mettre aux voix, avant le 17 septembre, une "résolution de désapprobation" de l'accord nucléaire. Cette résolution interdirait à Washington de lever la plupart des sanctions contre Téhéran, tel que le prévoit l'accord de Vienne, en contrepartie de l'engagement de l'Iran à ne pas fabriquer d'arme nucléaire.

Cette résolution devrait être adoptée dans un premier temps, car les républicains disposent de la majorité absolue à la Chambre des représentants et au Sénat.

Le président des États-Unis opposera son veto à la résolution, forçant de nouveaux votes, mais cette fois une majorité des deux-tiers sera requise dans chacune des deux chambres.

Même si la Chambre des représentants votait in fine contre, l'échec prévisible des républicains au Sénat garantit que le Congrès ne sera pas capable de couler l'accord nucléaire.

Vote de conscience

"Les démocrates ont gagné, l'accord sur l'Iran est fait. Avec Mikulski, Obama a toutes les voix dont il a besoin", a reconnu le numéro deux des sénateurs républicains, John Cornyn.

Les démocrates disent n'avoir pris leur décision qu'après un été de réflexion et des dizaines de réunions avec l'administration, la communauté du renseignement et des ambassadeurs des autres pays signataires de l'accord.

Beaucoup soulignent les faiblesses du pacte et regrettent l'ambiguïté des protocoles d'inspection, ou la levée de l'embargo sur les armes après cinq ans.

Mais cet accord est jugé préférable à l'affrontement qu'un rejet du texte déclencherait. Sans compter un probable isolement diplomatique des États-Unis, alors qu'Européens, Chinois et Russes semblent peu enclins à retourner à la table des négociations.

À Philadelphie, John Kerry s'est d'ailleurs encore évertué à convaincre des mérites de l'accord. Il a promis une "tolérance zéro" en cas de triche de Téhéran. "Les États-Unis et la communauté internationale surveilleront l'Iran en permanence et vous pouvez parier que si nous voyons quelque chose, nous ferons quelque chose", s'est engagé le secrétaire d'État.

Le vote, présenté comme le plus important vote de conscience de leur carrière, sera difficile pour les élus des circonscriptions où les électeurs juifs sont nombreux. Les sénateurs Chuck Schumer de New York et Robert Menendez du New Jersey ont déjà annoncé leur opposition, comme plusieurs élus de New York à la Chambre des représentants.

La date du scrutin pourrait être annoncée la semaine prochaine lorsque le Congrès rentrera de congés d'été. Mais Barack Obama aura peu de temps, avant son départ de la Maison Blanche en janvier 2017, pour démontrer les bienfaits de l'accord aux Américains.

AFP/VNA/CVN
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