19/12/2015 16:00
Barack Obama a promis le 18 décembre, lors de son ultime conférence de presse de l'année, d'intensifier la lutte contre le groupe État islamique (EI) tout en mettant en avant les succès engrangés par ailleurs en 2015, de l'accord international sur le nucléaire iranien à celui sur le climat.
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Le président américain Barack Obama, le 18 décembre 2015 à Washington.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Nous ne laisserons pas l'EI respirer", a lancé le président des États-Unis, qui peine à convaincre les Américains de l'efficacité de sa stratégie face aux jihadistes, une large majorité d'entre eux jugeant que la réponse militaire n'a pas été assez agressive.

Avant de s'envoler pour des vacances familiales à Hawaï, M. Obama, les traits tirés, a énuméré les progrès enregistrés en Irak comme en Syrie, promettant d'avancer de manière "agressive" sur les fronts militaire comme diplomatique. Mais il a aussi lancé une mise en garde aux Américains, inquiets après les attentats sanglants de Paris (130 morts) et de San Bernardino en Californie (14 morts).

"Ils continueront à être dangereux", a-t-il affirmé, citant en particulier la capacité de l'EI à infiltrer des pays occidentaux "grâce à ceux qui se sont rendus en Syrie ou en Irak" ainsi que leur "savoir-faire sur les réseaux sociaux". "Nous les pourchasserons systématiquement. Mais pour les éliminer complètement, nous devons éliminer les zones de non-droit dans lesquelles ils opèrent", a-t-il poursuivi, réaffirmant avec force qu'il n'y aurait pas de paix en Syrie, ravagée par quatre ans et demi de conflit, "sans un gouvernement légitime".

"Je pense qu'Assad va devoir partir pour que le pays mette un terme aux effusions de sang ou pour que toutes les parties prenantes puissent aller de l'avant", a-t-il martelé, sans préciser à quel moment d'une éventuelle transition politique en Syrie M. Assad devrait quitter le pouvoir.

Le secrétaire d'État américain John Kerry a été critiqué ces dernières semaines pour avoir mis de l'eau dans son vin et s'être rapproché de Moscou en n'exigeant plus un départ immédiat de Bachar al-Assad, l'allié de la Russie. Avant de répondre aux questions des journalistes, M. Obama a mis en avant les résultats "tangibles" enregistrés au cours des 12 derniers mois, aboutissement dans de nombreux cas de chantiers ouverts lors de son arrivée au pouvoir, il y a six ans.

Le rapprochement avec Cuba, lancé il y a un an tout juste et salué quasi-unanimement sur la scène internationale, est sur les rails, même si, pour grand nombre de Cubains, les changements dans leur vie quotidienne se font attendre.

Star Wars, encore et toujours

La conclusion, le 14 juillet, d'un accord historique sur le programme nucléaire iranien a offert à M. Obama une victoire diplomatique de taille, traduction concrète de l'un des principes fondamentaux de sa politique étrangère: donner sa chance au dialogue, même avec les ennemis de l'Amérique. Trente-cinq ans après la rupture de leurs relations diplomatiques dans la foulée de la Révolution islamique, les deux pays, ainsi que les autres membres du P5+1, sont tombés d'accord sur un texte qui vise à empêcher Téhéran de se doter de l'arme nucléaire en échange d'une levée des sanctions qui étranglent l'économie iranienne.

Le président américain a réaffirmé sa volonté de fermer la prison de Guantanamo.
Photo : AFP/VNA/CVN

Début octobre, la conclusion, après cinq années de négociations acharnées d'un accord de libre-échange Asie-Pacifique (TPP) rassemblant 12 pays, a donné corps à l'un de ses engagements anciens : ancrer plus fortement les États-Unis vers le continent le plus peuplé de la planète.

L'accord mondial sur le climat obtenu il y a moins d'une semaine à Paris, enfin, est aussi un aboutissement pour Barack Obama qui avait connu l'immense déception du sommet de Copenhague en 2009. "L'accord historique conclu à Paris par près de 200 pays a été rendu possible grâce au leadership américain", a-t-il estimé vendredi 18 décembre.

Se tournant vers 2016, il a réaffirmé sa volonté de fermer la prison de Guantanamo, "l'un des principaux aimants pour le recrutement de jihadistes". Affichant sa volonté de travailler avec le Congrès, il n'a cependant pas exclu, en cas d'impasse, d'agir par décrets pour tenir cette très ancienne promesse de campagne.

Paradoxe du fonctionnement de la politique américaine: c'est le Congrès à majorité républicaine, avec lequel M. Obama entretient des relations exécrables, qui lui a apporté, quelques heures à peine avant son départ en vacances, une ultime bonne nouvelle pour 2015: un compromis budgétaire qui écarte la perspective d'une paralysie de l'État fédéral.

Mais dès le début de sa conférence de presse, le président américain avait averti que ce rendez-vous avec les journalistes n'était "clairement pas l'événement le plus important de la journée à la Maison Blanche", annonçant une projection du dernier opus de Star Wars en présence de familles d'anciens combattants.
 
AFP/VNA/CVN
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