02/12/2019 18:16
L'Iran s'est dit prêt dimanche 1er décembre à "sérieusement reconsidérer" ses engagements envers l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), en réaction à la menace des Européens d'activer un mécanisme prévu par l'accord de Vienne pouvant mener au rétablissement de sanctions onusiennes.
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Le président du Parlement, Ali Larijani, lors d'une conférence de presse, le 1er décembre à Téhéran.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'accord sur le nucléaire iranien visant à garantir la nature pacifique de son programme nucléaire en échange d'un allègement des sanctions est en délitement depuis le retrait unilatéral des États-Unis en 2018.

Les trois pays européens parties à l'accord de Vienne (France, Royaume-Uni et Allemagne) ont affirmé vouloir en sauver les acquis, mais leurs efforts n'ont jusqu'ici pas abouti.

En novembre, Paris et Berlin ont en outre menacé de déclencher un mécanisme de règlement des différends prévu par l'accord de 2015, qui pourrait mener à terme au rétablissement de sanctions de l'ONU, après une série de violations de ce texte par l'Iran.

"S'ils ont recours au mécanisme, l'Iran serait forcé de sérieusement reconsidérer certains de ses engagements" envers l'AIEA, a déclaré dimanche  1er décembre le président du Parlement, Ali Larijani.

"S'ils pensent que c'est plus avantageux pour eux, ils peuvent le faire", a ajouté M. Larijani, lors d'une conférence de presse.

Les inspecteurs de l'AIEA présents en Iran sont chargés du suivi de l'application de l'accord international de 2015.

Depuis mai, Téhéran a enclenché un désengagement progressif de l'accord, en riposte au retrait des États-Unis et au rétablissement de lourdes sanctions américaines asphyxiant son économie.

Par ces mesures, l'Iran veut faire pression sur les autres État parties de l'accord pour qu'ils l'aident à contourner les sanctions américaines qui ont plongé son économie dans la récession.

Mais face à la dernière mesure prise par l'Iran début novembre en contravention avec l'accord de Vienne, la France et l'Allemagne ont averti que le mécanisme prévu par le texte en cas de différend pourrait être activé.

Ce dispositif compte toutefois de nombreuses étapes et durerait probablement plusieurs mois.

À terme, il peut mener jusqu'à un vote au Conseil de sécurité de l'ONU pour décider si l'Iran peut toujours bénéficier de l'allègement de sanctions décidé lors de l'accord.

L'ambassadeur iranien à l'AIEA, Kazem Gharib Abadi, le 21 novembre à Vienne.
Photo : AFP/VNA/CVN

M. Larijani a aussi suggéré dimanche 1er décembre que l'impasse actuelle avec Washington pourrait être "réglée" si l'ennemi juré de Téhéran acceptait de s'inspirer du passé.

L'ancien président américain Barack "Obama a écrit une lettre disant +j'accepte l'enrichissement (en uranium) de l'Iran, à présent négocions+", a-t-il dit.

"Si les responsables américains actuel ont assez de sagesse pour s'inspirer des expériences passées, alors ils peuvent régler ce problème".
 
AFP/VNA/CVN
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