25/05/2021 09:17
L'AIEA a prolongé lundi 24 mai d'un mois la "solution temporaire" trouvée avec l'Iran pour surveiller son programme nucléaire, une extension qui offre un sursis aux grandes puissances négociant à Vienne pour sauver l'accord international de 2015.
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Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafaël Grossi, le 24 mai à Vienne.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Bonne nouvelle", a tweeté le diplomate européen Enrique Mora, qui chapeaute les discussions. "Cela nous donne un peu plus de marge de manœuvre pour parvenir à un résultat. Nous reprenons demain (mardi 25 mai)".

La Russie a également "loué" cette étape par la voix de son ambassadeur Mikhaïl Oulianov, tout comme les États-Unis. "En route vers Vienne pour une cinquième session", a commenté l'émissaire américain Rob Malley, toujours sur Twitter, soulignant qu'il restait "beaucoup de travail".

"Les activités de surveillance et de vérification vont se poursuivre dans le cadre actuel pour un mois",
avait déclaré un peu plus tôt le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Rafaël Grossi, au siège de l'organisation à Vienne.

L'Iran avait restreint en février l'accès des inspecteurs à certains sites, et refuse depuis cette date de fournir en temps réel les enregistrements de caméras et autres outils dans les installations nucléaires.

Mais l'AIEA avait à l'époque négocié un compromis avec Téhéran pour garantir un degré nécessaire de surveillance, accord qui reste donc en vigueur jusqu'au 24 juin.

'Pas idéal' 

"Les équipements continuent à être sous la garde de l'Agence", a expliqué M. Grossi. "Les données ne seront pas effacées, c'est un aspect important".

L'Iran s'est engagé à les transmettre dès que les sanctions américaines seront levées.

D'ici là, les informations "demeurent en possession de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) et ne seront pas transférées à l'AIEA", a prévenu Kazem Gharibabadi, l'ambassadeur d'Iran auprès du gendarme onusien du nucléaire, selon des propos cités par l'agence officielle Irna.

"Ce n'est pas idéal", a reconnu le chef de l'AIEA. "C'est une mesure d'urgence, (...) un remède palliatif pour éviter de naviguer complètement à l'aveugle".

De son côté, M. Gharibabadi a appelé les pays participant aux pourparlers qui ont démarré début avril dans la capitale autrichienne, à "saisir cette occasion" pour accélérer la cadence.

Objectif : faire revenir Washington dans le giron du "plan d'action global commun" (JCPOA, selon son acronyme anglais) et annuler les sanctions américaines, en échange d'un retour au strict respect par Téhéran de ses obligations nucléaires.

Les doutes de Blinken 

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken, le 18 mai à Reykjavik, en Islande.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les diplomates vont désormais s'atteler à surmonter les divergences persistantes entre les États-Unis et l'Iran, qui négocient indirectement par l'entremise des Européens.

Les autres protagonistes (Chine, Russie, France, Grande-Bretagne et Allemagne) ont fait état la semaine dernière de "progrès tangibles", estimant qu'un accord "prenait forme".

Ils évoquent une ambiance "constructive" après des débuts perturbés par une explosion dans l'usine d'enrichissement de Natanz (Centre), attribuée par l'Iran à Israël.

Dans la foulée, la République islamique avait annoncé porter le taux d'enrichissement d'uranium de 20% à 60%, tout en réaffirmant que ses ambitions étaient exclusivement "pacifiques".

Si tous espèrent aboutir avant la présidentielle du 18 juin en Iran, les États-Unis ont tempéré dimanche 23 mai l'optimisme.

Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, a déclaré que les États-Unis n'avaient à ses yeux "pas encore de réponse" à la question de "savoir si l'Iran (...) était prêt à faire le nécessaire pour se conformer de nouveau à l'accord".

Les discussions "peuvent facilement donner des résultats si une décision politique est prise à Washington", a répliqué le porte-parole iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh.

AFP/VNA/CVN
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