22/11/2021 17:50
Avec 48 millions de clients, la pop star Anitta au conseil d'administration et des pubs très funky, la banque en ligne Nubank, qui a révolutionné le marché brésilien, s'attaque à présent à Wall Street, avec une entrée en bourse très attendue début décembre.

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Une passante devant le siège de la banque en ligne brésilienne Nubank le 9 juin à Sao Paulo. Photo : AFP/VNA/CVN


La fintech fondée en 2013 à Sao Paulo par le Colombien David Velez, l'Américain Edward Wible et la Brésilienne Cristina Junqueira, espère atteindre une valeur boursière de plus de 50 milliards d'USD au New York Stock Exchange (NYSE).

Si elle atteint cet objectif, la "néobanque" Nubank dépassera la banque traditionnelle Itau Unibanco, numéro un du Brésil actuellement.

Avant cette entrée en Bourse le 9 décembre, Nubank, qui, au-delà du Brésil, a aussi des clients en Colombie et au Mexique, est valorisée à environ 30 milliards d'USD.

En juin, elle a levé 500 millions de dollars auprès d'investisseurs emmenés par Berkshire Hathaway, le conglomérat financier de l'investisseur Warren Buffett.

Nubank est aussi financée par des fonds de référence comme Sequoia (qui a investi dans Airbnb) ou le Chinois Tencent.

Spécialisée dans des services de paiements avec des cartes bancaires gratuites, cette banque en ligne est née avec la promesse d'éliminer toute bureaucratie et frais de gestion, avec toutes les opérations disponibles sur smartphone.

Grâce au succès de Nubank, David Velez, 39 ans, est devenu milliardaire, avec une fortune estimée à 5,2 milliards d'USD par le site du magazine Forbes.

Funk et inclusion 

À l'image d'autres banques en ligne, comme Banco Inter, Neon ou C6 Bank, Nubank a atteint une clientèle délaissée par les grandes banques traditionnelles.

"Cela ouvre de nouveaux horizons pour des consommateurs aux faibles revenus, ou pour un public jeune et prometteur", explique Thais Carnio, spécialiste du marché bancaire et professeure à l'Université Presbytérienne Mackenzie.

Avec plus de 80 millions de comptes ouverts actuellement au Brésil, les fintech sont de nouveaux acteurs dans un marché "concentré en cinq grandes banques", deux publiques (Caixa et Banco do Brasil) et trois privées (Itaú, Bradesco et Santander Brasil), précise-t-elle.

Pour Rafael Schiozer, professeur de Finances à la Fondation Getulio Vargas - EAESP, "les banques en ligne, et notamment Nubank, sont plus à même d'inclure rapidement des personnes qui n'auraient pas de compte autrement".

Durant la pandémie, Nubank a vu son nombre de clients brésiliens pratiquement doubler, dépassant les 41 millions.

Elle offre aussi des comptes d'épargne, des emprunts et des assurances et a lancé récemment une plateforme d'investissements très accessible.

"Si ça rapporte, je veux ma part (...), parce que nous avons aussi notre place", peut-on entendre dans une chanson de funk de MC Jottapê, avec un clip publicitaire tourné dans une favela.

Pour cette campagne, Nubank a aussi recruté des influenceurs, comme une chef cuisinière qui compare les actions en Bourse à des parts de tarte à la noix de coco.

Concurrence faussée ? 

Mais même si elle a un nombre de clients très important, "Nubank ne fait pas partie des 20 plus grandes institutions financières du Brésil", tempère Rafael Schiozer.

Selon lui, pour vraiment entrer dans la cour des grands, cette banque en ligne doit d'abord dégager des bénéfices : en 2020, elle a accumulé 171,5 millions d'USD de pertes.

Cette année, les pertes s'élevaient à 99,1 millions d'USD de janvier à septembre.

Comme de nombreuses entreprises de nouvelles technologies, Nubank est dans un premier temps concentrée sur sa croissance avec des investissements massifs et des acquisitions.

Pour Rubens Sardenberg, directeur de la régulation à la Febraban, association qui regroupe les principaux acteurs du secteur bancaire, Nubank et les autres banques en ligne représentent une "menace potentielle".

Dans une tribune publiée récemment dans la presse locale, la Febraban a fait état d'"asymétries" dans la régulation qui pourraient "fausser la concurrence".

"La régulation doit s'adapter. Une fintech dans un garage, c'est une chose, mais une entreprise qui va entrer en Bourse, c'est tout autre chose", résume Rubens Sardenberg.

Pour Thais Carnio, l'entrée de Nubank à Wall Street suscite "de grandes attentes", car elle servira à prendre le pouls "de l'avenir d'autres fintechs brésiliennes".

AFP/VNA/CVN

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