03/06/2020 08:42
Les villes américaines ont connu une nouvelle nuit de troubles, pillages et affrontements avec la police, malgré l'engagement solennel de Donald Trump de restaurer l'ordre, au besoin en recourant à l'armée.
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Donald Trump tient une bible devant l'église Saint John près de la Maison Blanche, lundi soir 1er juin. 
Photo : AFP/VNA/CVN

Huit jours après la mort à Minneapolis de George Floyd, un homme noir asphyxié par un policier blanc, la vague de colère historique contre le racisme, les brutalités policières et les inégalités sociales qui secoue les États-Unis ne connaît pas de répit.

Le président américain, resté silencieux sur les réponses à ces maux, a une nouvelle fois vanté le maintien de l'ordre mardi 2 juin, au lendemain d'une allocution musclée.

Dans un tweet, il a assuré que Washington n'avait connu "aucun problème la nuit dernière".

Les forces de l'ordre avaient pourtant dispersé lundi soir 1er juin à coups de gaz lacrymogènes de nombreux manifestants des abords de la Maison Blanche pour permettre au président de se rendre à pied devant une église emblématique dégradée la veille.

Des manifestants ont ensuite bravé le couvre-feu nocturne instauré dans la capitale fédérale comme dans de nombreuses autres villes.

Tensions entre manifestants et forces de l'ordre près de la Maison Blanche, le 1er juin. 
Photo : AFP/VNA/CVN

Des incidents ont encore été rapportés à Washington, où la police les a rassemblés à coups de grenades assourdissantes et à l'aide d'hélicoptères pour procéder à plus de 300 arrestations, la grande majorité pour violation du couvre-feu.

"Force écrasante" et "domination" 

"Beaucoup d'arrestations. Tout le monde a fait du bon boulot", s'est néanmoins réjoui mardi 2 juin le milliardaire républicain, avant de vanter la "force écrasante" et la "domination".

Lundi soir 1er juin, il avait annoncé d'un ton martial le déploiement de "milliers de soldats lourdement armés" et policiers dans la capitale pour mettre fin "aux émeutes" et "aux pillages". Et il avait appelé les gouverneurs à "dominer les rues" tout en menaçant d'envoyer l'armée "pour régler rapidement le problème à leur place" s'ils n'agissaient pas selon ses directives.

La maire de Washington, Muriel Bowser, a protesté contre l'envoi des militaires "dans les rues américaines contre les Américains", une attaque reprise par de nombreux gouverneurs démocrates.

Car la crise, dans un pays déjà extrêmement divisé, prend une tournure de plus en plus politique à cinq mois de la présidentielle du 3 novembre.

Le candidat démocrate à la présidentielle américaine Joe Biden évoque les troubles aux États-Unis dans un discours à Philadelphie, le 2 juin.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le candidat démocrate, Joe Biden, a accusé mardi 2 juin Donald Trump d'avoir "transformé ce pays en un champ de bataille miné par de vieilles rancunes et de nouvelles peurs".

"Il pense que la division l'aide",
a-t-il ajouté lors d'un déplacement à Philadelphie, promettant de "guérir les blessures raciales qui meurtrissent notre pays depuis si longtemps".

La ville de Minneapolis, épicentre de cette nouvelle flambée de colère, a passé une nuit relativement calme après les violences des jours précédents. La police locale a rapporté avoir procédé à quelques arrestations sur place et à 65 autres, pour non respect du couvre-feu, au Capitole de Saint-Paul, la ville voisine où siège le gouvernement du Minnesota.

Mais ailleurs, de Los Angeles à Philadephie, les troubles ont continué de se propager pour la septième nuit consécutive, touchant au moins 140 villes américaines, avec des centaines d'arrestations et plusieurs blessés dans les rangs des forces de l'ordre comme des manifestants.

Pillages sur la 5e Avenue 

Un magasin de souvenirs pillés après une nouvelle nuit de protestations à Manhattan, à New York, malgré le couvre-feu.
Photo : AFP/VNA/CVN

À New York, plusieurs grands magasins de la célèbre 5e Avenue ont été pillés lundi soir 1er juin, selon des journalistes de l'AFP, et la police a annoncé avoir arrêté "des centaines" de personnes.

Le couvre-feu nocturne, instauré dans la ville à 23h00 lundi 1er juin, a été prolongé jusqu'à dimanche 31 mai, a annoncé le maire Bill de Blasio.

À St-Louis, dans le Missouri, quatre policiers ont été blessés par balles, a annoncé le chef de la police locale.

Après une manifestation pacifique dans l'après-midi de lundi 1er juin, environ 200 personnes ont commencé à lancer des pierres et des feux d'artifice aux policiers, avant de commencer à piller des boutiques. La police, a-t-il reconnu, a répondu avec des "munitions".

Face aux protestations, qui interviennent dans des États-Unis où les inégalités sociales et raciales sont déjà exacerbées par la pandémie de Covid-19, Donald Trump n'a que brièvement évoqué la "révolte" des Américains face aux conditions de la mort de George Floyd.

Cet homme de 46 ans est décédé le 26 mai en répétant "I can't breathe" ("Je ne peux pas respirer"), gisant par terre, menotté et cou sous le genou d'un policier, dont les collègues sont restés passifs.

Les autopsies ont confirmé que la mort était due à la pression létale au niveau de son cou.

L'auteur de la bavure, l'agent Derek Chauvin, a été licencié par la police puis arrêté et inculpé, sans que cela calme les esprits.

AFP/VNA/CVN

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