18/02/2019 09:14
Entre 1.000 et 2.000 "gilets jaunes" ont défilé dimanche 17 février dans le calme à Paris au lendemain de l'acte 14 et trois mois jour pour jour après le début du mouvement, ont constaté des journalistes de l'AFP.

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Nouvelle mobilisation de "gilets jaunes", le 17 février sur les Champs-Élysées à Paris. Photo: AFP/VNA/CVN


Partis des Champs-Élysées vers midi, les manifestants ont vu leurs rangs grossir progressivement en se dirigeant vers le Champ-de-Mars, destination finale de cette manifestation déclarée en préfecture et encadrée par un imposant dispositif policier.

Vers 16h00, la quasi-totalité d'entre eux s'était dispersée et certains projetaient notamment de retourner sur les Champs-Élysées, selon une journaliste de l'AFP.

D'après la préfecture de police de Paris, ce premier rassemblement dominical des "gilets jaunes" a réuni 1.500 personnes.

Samedi 16 f
évrier, le ministère de l'Intérieur avait dénombré 41.500 manifestants en France et 5.000 à Paris, des chiffres en recul par rapport à la semaine précédente mais contestés par les "gilets jaunes" qui en ont dénombré plus du double (104.070).

Mobilisée depuis la première journée d'action dimanche 17 novembre, Martine Bonfilloup, 55 ans, est venue dimanche 17 février "montrer que le mouvement ne s'essouffle pas". "Vous avez vu que l'essence a réaugmenté? La classe moyenne, on est taxé au maximum", affirme-t-elle.

Défilant sous un grand soleil, des "gilets jaunes" ont entonné un "joyeux anniversaire" dans les rues de Paris pour fêter les trois mois de ce mouvement de contestation inédit qui fragilise l'exécutif.

Aux côtés de banderoles appelant à la mise en place d'un référendum d'initiative citoyenne (RIC) ou dénonçant les "mutilations de civils" par les forces de l'ordre, certains manifestants brandissaient au départ du cortège des drapeaux aux couleurs de la CGT, suscitant des crispations.

"Cassez-vous la CGT! Vous servez à rien, vous êtes les suce-boules du gouvernement", crie Julien Dubois, un Parisien de 38 ans. "Que la CGT vienne avec les +gilets jaunes+, je veux bien mais qu'ils cachent leurs drapeaux. Ils servent à rien. Si le peuple est dans la rue c'est que eux n'ont rien fait", explique-t-il par la suite.

Âgée de 16 ans, Lola est, elle, venue protester contre la réforme du lycée et de l'université qu'elle compare à un "tri sélectif". "J'ai des grands-parents qui gagnent pas beaucoup. Ils peuvent vraiment pas vivre. Je voulais voir de mes propres yeux le mouvement et montrer qu'il y avait aussi les lycéens, les étudiants", dit-elle.

Devant les fenêtres barricadées de l'hôtel Plaza Athénée, sur la très chic avenue Montaigne, des manifestants ont lancé avec ironie "attention, des pauvres dans la rue", pendant qu'une sono diffusait "Le chant des partisans".

"Pour les riches des couilles en or, pour le peuple des nouilles encore", avait écrit un manifestant sur son gilet jaune.

Sur le Champ-de-Mars, Ingrid Levavasseur, qui a récemment renoncé à conduire une liste "gilet jaune" aux européennes, a du être exfiltrée du cortège face à l'hostilité d'autres manifestants.

Samedi 16 f
évrier, l'acte 14 du mouvement s'était déroulé sans incidents majeurs à Paris mais a été marqué par des heurts à Toulouse et Bordeaux.

Attaque d'un fourgon de police à Lyon
 

 
Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, le 14 février à Paris. 
Photo: AFP/VNA/CVN


"Insupportable": la violente attaque d'un fourgon de police samedi 16 février à Lyon lors d'une manifestation des "gilets jaunes", filmée depuis le véhicule, a été vivement condamnée par les autorités, en premier lieu par le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. "On est pris à partie et on reçoit des pavés", entend-on dire le policier qui filme la scène au début de la vidéo, diffusée par la chaîne LCI. Au volant, sa collègue tente de se frayer un chemin entre deux files de voitures, sous les jets de projectiles. La scène dure plus d'une minute.

La manifestation des "gilets jaunes" a bloqué pendant deux heures, samedi 16 février, la circulation dans un sens de l'autoroute A7 qui traverse Lyon. Le véhicule de police, appartenant à la CRS autoroutière, était pris dans le trafic quand il a été violemment attaqué.

Sur la vidéo, on voit notamment un manifestant vêtu de noir arriver en courant et sauter sur le capot. D'autres lancent des projectiles qui brisent les vitres. Certains assaillants portent un gilet jaune, d'autres non. Des forces de l'ordre arrivent finalement pour protéger leurs collègues. La conductrice finit en pleurs. "J'ai trop eu peur", l'entend-on souffler à la fin du document, qui a provoqué l'indignation.

M. Castaner a dénoncé une "violence insupportable" dans un tweet. "Demain, ils seront dans leur commissariat pour enregistrer la plainte d'une femme agressée ou sur le terrain pour porter secours à un commerçant braqué. Leur quotidien: nous protéger. Notre devoir: ne rien laisser passer. STOP!", a ajouté le ministre en soutien aux policiers.

Le secrétaire d'État à l'Intérieur, Laurent Nuñez, a lui estimé sur BFMTV que cette attaque était "emblématique du mouvement", dénonçant l'œuvre de "hordes sauvages" et saluant la réaction des deux policiers qui ont montré "un calme absolu du début à la fin malgré la violence".

La préfecture du Rhône a condamné l'attaque "avec la plus grande fermeté". "Ces policiers lâchement attaqués étaient là pour protéger les manifestants. Soutien total à nos forces de l'ordre", a ajouté le préfet.

Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour des "faits de violences avec arme et en réunion sur personnes dépositaires de l'autorité publique", confiée à la Sûreté départementale, sans interpellation à ce stade.

L'attaque a également été vivement condamnée par le syndicat Alternative Police, qui a diffusé la vidéo sur les réseaux sociaux. "On voulait montrer l'extrême violence à laquelle les policiers sont confrontés au quotidien", a déclaré Alexandre Costa, délégué zonal du syndicat en Auvergne-Rhône-Alpes pour les CRS.

Les deux fonctionnaires attaqués appartiennent à la CRS 45, une unité mixte de maintien de l'ordre et de sécurité routière basée à Genas à l'est de Lyon.
 

AFP/VNA/CVN

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