06/09/2018 10:17
Le Canada est revenu à un ton nettement plus optimiste mercredi soir 5 septembre après la reprise des discussions avec l'administration Trump pour moderniser le traité commercial Aléna, évoquant même la possibilité d'un accord trilatéral avec le Mexique.
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La ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland, le 5 septembre à Washington.
Photo: AFP/VNA/CVN

"Nous avons eu un nouvel entretien productif et substantiel avec l'ambassadeur (Robert) Lighthizer et son équipe. L'atmosphère continue d'être cordiale", a déclaré la ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland, évoquant des "progrès" réalisés mercredi 5 septembre. Elle a même estimé qu'un accord "bon pour le Canada, bon pour les États-Unis et bon pour le Mexique" était "tout à fait possible". Toute la journée, elle avait souligné des discussions "constructives", ainsi que "la bonne foi et la bonne volonté" des négociateurs américains et canadiens.

La Maison Blanche, qui a imposé la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (Aléna) liant les trois pays, avait annoncé la semaine dernière un compromis avec Mexico. Un texte a même été présenté au Congrès américain. Mais pour l'heure, il ne comprend pas le Canada.

"Rien n'est fait tant que tout n'est pas réglé", a toutefois admis Chrystia Freeland, échaudée par les invectives du président américain, qui l'avait conduite à suspendre vendredi soir ces négociations en haut lieu.

La pression est forte sur les épaules des négociateurs américains et canadiens, le président américain se montrant intransigeant vis-à-vis d'Ottawa et le chef du gouvernement canadien étant résolu à ne pas faire de concessions sur les principaux points litigieux.

La principale pomme de discorde concerne le mécanisme de règlement des litiges (chapitre 19) du texte initial de l'accord de 1994, qui prévoit, en cas de différend, la constitution de panels supranationaux, indépendants de la justice américaine.

"Nous avons besoin de conserver le chapitre 19 sur le règlement des litiges car il garantit le respect des règles", a déclaré mercredi 5 septembre le Premier ministre Justin Trudeau sur une radio locale.

"Ce que je veux dire, c'est que nous avons un président qui ne suit pas toujours les règles telles qu'elles sont établies", a affirmé le dirigeant libéral, notant que le Canada "n'acceptera pas un mauvais accord, juste parce que c'est ce que veut le président" Donald Trump.

Le représentant américain au Commerce (USTR), Robert Lighthizer, le 27 août à Washington.
Photo: AFP/VNA/CVN
"Pour le Canada, la chose importante est d'avoir un bon accord. Nous sommes convaincus que c'est possible", avait aussi insisté Chrystia Freeland, qui poursuivra les réunions jeudi 6 septembre avec Robert Lighthizer non loin de la Maison Blanche.

Les deux responsables s'étaient quittés vendredi 7 septembre sur un échec après avoir pourtant frôlé l'obtention d'un compromis.

Mercredi 5 septembre, Donald Trump a évoqué des discussions "intenses" avec le Canada, tout en laissant entendre qu'Ottawa devait négocier aux conditions américaines.

"De manière juste" 

"Nous allons voir ce qui va se passer demain ou au cours des deux prochains jours. Je pense qu'ils vont nous traiter de manière juste", a dit le président américain, interrogé en marge d'une rencontre avec l'émir du Koweït.

Le milliardaire républicain ne cesse d'accuser son partenaire commercial canadien de ne pas ouvrir suffisamment son marché. Il a aussi constamment menacé d'exclure le Canada d'un nouvel accord.

Il n'y a "pas de nécessité politique de garder le Canada dans un nouvel accord Aléna", a-t-il estimé samedi 1er septembre dans un tweet. Il a en outre menacé de "simplement mettre fin à tout l'Aléna" si le Congrès, plutôt favorable au libre-échange, s'immisçait dans le dossier.

Outre le maintien du chapitre 19, Ottawa défend le mécanisme de protection de son secteur laitier, actuellement en grande partie exclu de l'Aléna. Selon un système dit de "gestion de l'offre", la production et le prix du lait, des oeufs et de la volaille canadiens sont contrôlés et assurent aux agriculteurs canadiens des revenus stables et prévisibles.

Les États-Unis, dont la production de lait est excédentaire, souhaitent un plus grand accès à ce marché. Ottawa et Washington doivent par ailleurs trouver un compromis pour le secteur culturel canadien, aujourd'hui très subventionné.

L'issue des nouvelles discussions est délicate pour Justin Trudeau, à treize mois d'élections législatives. Un échec des négociations suscite de nombreuses craintes au Canada, immense pays regorgeant de matières premières, pour lequel le maintien d'une frontière ouverte est un impératif vital compte tenu de l'étroitesse de son marché intérieur: 37 millions de personnes.

Le Canada et les États-Unis sont des partenaires commerciaux privilégiés, avec des échanges de biens et de services ayant totalisé 673 milliards de dollars américains en 2017, selon les États-Unis.

Ottawa tire 20% de son produit intérieur brut de son commerce avec son voisin du sud. Pour les États-Unis, le Canada est "plus important que la Chine, le Japon et le Royaume-Uni réunis", insiste Chrystia Freeland.

AFP/VNA/CVN
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