16/08/2021 09:11
Au moins 28 personnes ont été tuées et des dizaines blessées par l'explosion dans la nuit du 14 au 15 août d'un réservoir d'essence dans le Nord du Liban, nouveau drame dans un pays en plein effondrement qui souffre d'innombrables pénuries, notamment de carburant.
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Le site de l'explosion meurtrière d'une citerne d'essence dans le village de Tlel, dans le Nord du Liban, le 15 août.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'explosion ravive le souvenir de celle du port de Beyrouth le 4 août 2020, qui avait fait plus de 200 morts, ravagé une partie de la capitale et entraîné la démission du gouvernement, toujours pas remplacé un an après.

L'armée a indiqué dans un communiqué que l'explosion du réservoir avait eu lieu peu avant 02h00 locales (23h00 GMT) dans la région du Akkar, dans l'extrême nord du pays.

Le réservoir avait été auparavant "confisqué" par l'armée pour que l'essence soit distribuée aux citoyens, selon le communiqué.

L'armée s'était déployée samedi 14 août dans des stations-service pour y empêcher le stockage de carburant à des fins spéculatives, après la récente annonce par la Banque centrale d'une levée des subventions sur les carburants.

Selon le ministère de la Santé, l'explosion a fait 28 morts et 80 blessés. Deux soldats ont péri tandis que 11 autres sont dans un état critique et quatre sont portés disparus, a indiqué l'armée dans un communiqué.

Plusieurs militaires parmi les victimes n'étaient pas en service mais tentaient de se ravitailler en essence au moment de l'explosion, ont indiqué des blessés à l'AFP.

Tests ADN

L'explosion aurait eu lieu, selon l'Agence nationale d'information (ANI), après des bagarres entre des habitants qui cherchaient à se procurer de l'essence.

Le président libanais Michel Aoun a réclamé l'ouverture d'une enquête et le gouvernement a décrété lundi 16 août journée de deuil national.

Des blessés dans l'explosion meurtière d'une citerne d'essence à Tlel, dans le Nord du Liban, pris en charge à l'hôpital Salam de Tripoli, le 15 août.
Photo : AFP/VNA/CVN

À l'hôpital Al-Salam à Tripoli, grande ville du Nord, les salles d'urgence se sont remplies dès le petit matin de blessés et de proches de victimes, certains à la recherche d'une personne disparue.

"Ne nous quitte pas !", criait une mère à côté de son fils au corps entièrement brûlé, tandis qu'un homme pleurait à chaudes larmes, priant Dieu de sauver son enfant.

Au moins sept corps et des dizaines de personnes brûlées ont été transférés dans un hôpital du Akkar, a indiqué un employé de cet établissement, Yassine Metlej.

Mais "les cadavres sont tellement carbonisés qu'on ne peut pas les identifier", a-t-il dit. "Certains n'ont plus de visage, d'autres plus de bras".

L'hôpital a dû refuser la plupart des blessés car il n'est pas équipé pour soigner les grands brûlés, a-t-il ajouté.

"Il y a beaucoup (...) de corps que nous n'avons pas pu identifier", a confirmé une source sécuritaire, indiquant que des tests ADN avaient débuté.

Le ministre sortant de la Santé, Hamad, a dit être en contact avec notamment la Turquie, le Koweït et la Jordanie pour y transférer les brûlés graves.

Dimanche soir 15 août, un avion turc a atterri à l'aéroport de Beyrouth pour venir chercher quatre militaires grièvement brûlés, a rapporté l'ANI.

Dans plusieurs hôpitaux, des correspondants de l'AFP ont vu des dépouilles enveloppées dans des linceuls blancs. Une personne grièvement blessée a été transportée en hélicoptère vers un hôpital à Beyrouth, a constaté un photographe de l'AFP.

AFP/VNA/CVN
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