14/08/2021 15:58
Le journal français Le Monde a récemment publié un article de l'association Collectif Vietnam-Dioxine, appelant les hommes politiques français à soutenir les victimes vietnamiennes de l'agent orange/dioxine et à demander l’instauration d’une journée officielle en leur mémoire.
>>Dioxine : quelle justice pour les victimes ?
>>Agir ensemble pour adoucir la douleur de l’agent orange
>>Agent orange/dioxine : une tragédie qui perdure depuis 60 ans

L'article de l'association Collectif Vietnam-Dioxine publié sur le journal français "Le Monde".
Photo : CTV/CVN 

Intitulé Nous voulons briser le silence sur les conséquences de l'agent orange au Vietnam, l'article affirme que 60 ans après le début des épandages massifs par l’armée américaine de l’herbicide, les conséquences en sont encore présentes.

Il y a des drames qui tombent dans l’oubli ; des histoires qui, à force de rester dans l’ombre, s’éteignent avec les individus qui les portent, a souligné l’article dans une tribune au Monde.

L’article écrit : "Il y a 60 ans, le 10 août 1961, débutaient les premiers épandages d’agent orange, un puissant herbicide contenant de la dioxine, substance à l’origine de nombreux cas de cancers et de malformations à la naissance".

Cet herbicide a été déversé sur la partie Sud du Vietnam par l’armée des États-Unis pendant la guerre du Vietnam, afin de détruire le couvert végétal et débusquer, ainsi, les résistants vietnamiens qui s’y réfugiaient.

"Il y a 60 ans, l’histoire de cette guerre commençait à peine à s’écrire, mais que nous reste-t-il de ce récit ? Nous, citoyens d’un pays, la France, qui a colonisé le Vietnam à partir de l’année 1858, qui a recruté de force des +soldats ouvriers+ (les +Linh Tho+ lors de la première guerre mondiale, puis les +Công Binh+, durant la seconde) ; qui, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, lui a refusé l’indépendance en combattant celles et ceux qui luttaient pour ce droit inaliénable, et qui, depuis 1975, a accueilli des centaines de milliers de Vietnamiens sur son sol, que savons-nous de leur histoire ?".

La famille d'une enfant victime dans la province de Soc Trang (Sud) reçoit des cadeaux de l'Association vietnamienne de l'agent orange/dioxine (VAVA). 
Photo : Trung Hiêu/VNA/CVN

L’article souligne que l’enseignement se contente aujourd’hui de balayer les grandes lignes, en omettant les conséquences désastreuses - et pourtant terriblement actuelles - de la guerre sur les écosystèmes et les habitants. Il omet aussi, bien trop souvent, d’appuyer la différence entre le napalm et l’agent orange, dont les Français ne discernent pas toujours la nature, sans doute à cause de l’absence à l’époque de représentations des ravages causés par l’agent orange et du cliché, devenu célèbre, d’une enfant vietnamienne brûlée au napalm en 1972.

Le pays et le peuple vietnamiens sont habitués à voir des visages et des corps défigurés, et les malheureux sont également habitués à vivre dans le silence et à endurer la douleur, selon l'article, soulignant qu'il est nécessaire de briser ce silence.

L'association Collectif Vietnam-Dioxine fait valoir que toutes les victimes de l'agent orange/dioxine ne méritent pas de subir la douleur et les désavantages, vivent dans des conditions difficiles et n'ont quasiment aucun accès aux services.

Elle souligne la nécessité de lutter pour la justice pour eux au Vietnam ainsi que dans d'autres pays.

Collectif Vietnam-Dioxine propose aux parlementaires français de participer à la réparation des injustices subies par toutes les victimes de l'agent orange/dioxine en reconnaissant les crimes commis au Vietnam et dans ses pays voisins comme le Cambodge et le Laos.

Elle appelle également à envisager de présenter l'impact de la guerre du Vietnam sur les personnes et les écosystèmes dans les écoles.

L'association affirme qu'elle continuera à unir ses efforts pour soutenir le Vietnam.

De 1961 à 1971, l'armée américaine a déversé 80 millions de litres de défoliants au Vietnam, lesquels contenaient près de 400 kg de dioxine, un produit hautement toxique qui perturbe les fonctions hormonales, immunitaires et reproductives de l'organisme.

Plus de 20% des forêts du Sud du Vietnam ont été "défoliées" au moins une fois et 10 millions d'hectares de terres agricoles ont été détruits. Les épandages sont restés secrets jusqu'à fin 1965.

Ce n'est que lorsque des enquêtes ont été faites au Congrès que le gouvernement a réussi à expliquer qu'il ne s'agissait pas de guerre chimique, mais que des herbicides étaient utilisés pour détruire les récoltes des agriculteurs.

Nguyên Huu Châu (gauche) et sa femme, province de Quang Nam (Centre), ont sept enfants affectés par l'agent orange/dioxine.
Photo : VNA/CVN

L'agent orange/dioxine détruit l'environnement, bouleverse les écosystèmes et entraîne de lourdes pertes de ressources en bois, ainsi que la disparition de nombreuses espèces végétales et animales rares et menacées d'extinction. Mangroves et forêts en amont de 28 grands fleuves vietnamiens ont été gravement endommagées. Ce sont les causes de catastrophes naturelles, d’inondations, d’érosion et de sécheresses de plus en plus fréquentes.

Dans les anciennes bases militaires américaines utilisées pour le stockage et le mélange de produits chimiques toxiques, la quantité de dioxine restante est évaluée à plusieurs milliers de fois plus élevée que la concentration autorisée, notamment dans les aéroports de Biên Hoà (province de Dông Nai) au Sud, Dà Nang (ville éponyme) et Phù Cat (province de Binh Dinh) au Centre.

Lors de la deuxième conférence internationale sur les herbicides toxiques utilisés par les États-Unis pendant la guerre du Vietnam et ses effets à long terme sur la nature et les humains tenue à Hanoï en 1993, de nombreux scientifiques vietnamiens et étrangers ont confirmé que l'agent orange utilisé par l'armée américaine a détruit la nature, les plantes, la santé humaine, et a causé de nombreuses maladies graves.

À ce jour, la population vietnamienne ainsi que les descendants de vétérans américains subissent encore les conséquences dramatiques de ce produit : malformations, handicaps, retards moteurs et mentaux, autant d'effets dévastateurs touchant les 3e et maintenant 4e générations de familles.

L'Association vietnamienne des victimes de l'agent orange/dioxine (VAVA) estime qu'environ trois millions de Vietnamiens ont souffert de maladies liées à l'agent orange, dont au moins 150.000 enfants nés avec des malformations congénitales et au moins un million sont gravement touchés par cette substance toxique.
 
VNA/CVN
Réagir à cet article
Commentaire:*
E-mail:*
Nom:*
Espace francophone
Des maquettes miniatures reflètent les spécificités de la culture vietnamienne

Hanoï se prépare à la relance du tourisme Cinq mois depuis l'éclosion de la 4e vague du COVID-19, la situation épidémique à Hanoï et à de nombreuses villes et provinces s'est améliorée considérablement.