27/10/2013 00:33
Patrimoines culturels incontournables, les villages de métiers traditionnels de la province de Ninh Binh cherchent pourtant aujourd’hui des solutions efficaces pour préserver et valoriser leur valeur économique.

La nature a doté Ninh Binh (Nord) de paysages respectant l’équilibre des éléments : montagnes, plaines, fleuves et mer. Et la province est reconnue pour sa beauté. Pourtant, ce n’est pas son seul atout. Le Service de l’industrie et du commerce de Ninh Binh recense 69 villages de métiers traditionnels reconnus par le Comité populaire provincial.

Ninh Binh doit ses charmes à l’équilibre des éléments de la nature : montagnes, plaines, fleuves et mer.


À savoir : 37 villages de fabrication d’objets en jonc, 11 d’objets d’art en pierre, 6 de vannerie, 4 de broderie, 4 de plantation de pêchers, deux de menuiserie, deux de vermicelles, un village de céramique, un de fabrication de couvertures en coton et un de maçonnerie. Fin 2012, le nombre de foyers exerçant un métier traditionnel était de 14.369, soit 27.220 travailleurs. La valeur de leur production a atteint plus de 1.400 milliards de dôngs l’an dernier.

Ninh Binh est le berceau de nombreux métiers traditionnels. Chaque métier a été introduit par une personne qui, par la suite, a été considérée comme une légende locale, ou en tout cas comme le père du métier. «Aujourd’hui, les villages de métiers traditionnels de Ninh Binh sont de petite envergure et mènent des activités morcelées», a indiqué Dô Thi Gian, directrice de la section de gestion industrielle du Service de l’industrie et du commerce de la province. Certains villages sont temporaires, ils ne sont en activité qu’hors saison agricole. D’autres bénéficient d’une croissance stable, comme les tailleurs de pierre de la commune de Ninh Vân, les brodeurs de Ninh Hai, les menuisiers de Ninh Phong, les poteries de Long Thinh, ou encore les vanniers du district de Kim Son.

Chacun sa reputation

Lorsqu’on évoque Ninh Vân (district de Hoa Lu), les Vietnamiens savent tout de suite qu’il s’agit d’un village traditionnel de tailleurs de pierres. Une profession tant technique qu’artistique. Des gros blocs de pierre brute, les artisans font des statues, têtes de lit, oiseaux, tables, stèles, autels de culte, ou des trônes. Ils peuvent également utiliser ce matériau pour orner des objets tels que cendriers, tableaux, bols, bambous, statues traditionnelles d’enfant sur un buffle. Tout est finement gravé, les traits, réalistes et caractéristiques sont réalisés avec souplesse, une véritable magie des mains et de l’esprit.

La taille de pierre est un métier traditionnel de prestige de la province de Ninh Binh.


Autre métier réputé, la vannerie de Kim Son. Si le jonc est apparu à Kim Son il y a seulement deux siècles, il occupe aujourd’hui une place importante dans l’économie de ce village. Le jonc est la matière première principale employée pour fabriquer des produits tels que nattes, draps, corbeilles, boîtes, sacs, chapeaux... Le plus réputé d’entre eux est sans conteste la natte. Un travail plein de créativité et de dextérité, du choix du jonc au séchage au soleil, en passant par la préparation de la teinture pour obtenir un rouge vif durable.

L’artisan doit avoir la main leste et une vision fine afin de ne pas commettre d’erreur. Fondé par Nguyên Công Tru (nommé Doanh Diên Su, délégué royal au Service du défrichement des terres) il y a deux siècles, le district de Kim Son, d’une superficie de 207 km2, possède 18 km de littoral. Les champs de jonc et de riz s’y côtoient avec charme et originalité. Au début du XIXe siècle, cette région n’était qu’une zone de marécages insalubres où ne poussaient que roseaux et mauvaises herbes. En 1828, le mandarin Nguyên Công Tru, envoyé en tant qu’administrateur, lance de grands travaux d’assèchement et d’exploitation des terres qui permettent la création des deux nouveaux districts : Kim Son (Mont d’or) et Tiên Hai (Mer d’argent).

La commune de Ninh Hai est quant à elle réputée pour sa broderie. Elle en est même considérée comme le royaume. La légende remonte à l’empereur Trân Thai Tông qui a cédé le trône à son fils en 1258 pour prendre une retraite bien méritée. Il s’est alors installé sur la montagne Vu Lam afin de mener une vie religieuse dans la commune de Ninh Hai, mais aussi pour établir une base militaire afin de combattre l’armée mongole. Par la suite, Trân Thi Dung, l’épouse de Trân Thu Dô, un mandarin de la dynastie des Trân, y a posé ses valises pour y transmettre l’art de la broderie.

Aujourd’hui, tous les foyers ont des cadres brodés, qu’ils soient de grand (2 m de long) ou de petit format. Les fils fins ainsi brodés peuvent se transformer en divers objets de la vie quotidienne : pinceau, rideaux, nappes, serviettes, draps, mouchoirs, tableaux.

Texte et photos : Thuy Tiên/CVN

 

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