06/04/2019 13:00
En neuf ans, la maison Nhân Ai, à Lào Cai, a accueilli et soutenu près de 200 victimes du trafic d’êtres humains.
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Distribution des brochures sur la prévention et la lutte contre la traite des êtres humains à des femmes d’ethnies minoritaires. Photo: CTV/CVN

Située dans une rue calme au centre-ville de Lào Cai (Nord), la maison Nhân Ai (Charité), du Service provincial du travail, des invalides de guerre et des affaires sociales, est un refuge pour des jeunes femmes qui ont pu s’évader des réseaux de prostitution. Actuellement, elle accueille 20 pensionnaires, qui y bénéficient, avant de s’intégrer de nouveau à la société, de traitements psychologiques, de cours de formation professionnelle, et de connaissances sur la loi concernant la lutte contre la traite humaine.

Sauver des vies brisées

Nguyên T.N., 21 ans, originaire de la province de Ninh Binh (Nord), a été vendue en Chine par un "ami" récemment connu sur Facebook, et forcée à se prostituer. Après plusieurs tentatives de fuite, elle a été battue et surveillée en permanence. De crainte d’être sauvagement frappée, voire tuée pour avoir essayé d’échapper à ses bourreaux, comme de nombreuses autres filles,  N. vivait dans l’angoisse. Devenue dépressive, elle fumait et s’automutilait.

Après avoir été sauvée, elle a rejoint la maison Nhân Ai où elle a pu recevoir des traitements psychologiques et gynécologiques. Sa santé s’est progressivement améliorée, et elle a pu retourner dans son village natal après avoir suivi des cours de couture pour gagner sa vie.

Luong T.M., 25 ans, originaire d’un district de la province montagneuse de Lào Cai, est considérée comme la sœur aînée de la maison Nhân Ai. Bien que ses épreuves soient du domaine du passé, elle ne peut toujours pas cacher sa tristesse quand elle raconte ses jours douloureux en Chine.

"J’ai été abusée et vendue pour épouser un Chinois. Enceinte, j’ai été  forcée d’accoucher. J’ai pu m’échapper en profitant d’un instant de distraction de mon tortionnaire, mais en abandonnant mon petit enfant dans une contrée inconnue", se souvient Luong T.M.

"À Nhân Ai, j’ai reçu beaucoup d’aides et de tendresses des cadres et d’autres membres de la maison. Après avoir suivi un cours d’apprentissage, j’ai trouvé un emploi dans la ville de Lào Cai. Je  considère toujours ce lieu comme ma vraie famille", ajoute Luong T. M.

Nguyên T.N. et Luong T.M. sont deux parmi près de 200 victimes de la traite d’êtres humains qui ont pu profiter des soins de Nhân Ai. Cette maison a été construite en 2010 sous le patronage de l’ONG américaine  Pacific Links Foundation, du Comité populaire de Lào Cai et de l’ambassade du Royaume-Uni au Vietnam. Sa mission est d’accueillir des victimes du trafic d’êtres humains dans ou hors de la province, de leur fournir les services d’assistance nécessaires afin de les aider à se réinsérer dans la société.

Soigner les corps et les âmes

À Nhân Ai, les pensionnaires reçoivent beaucoup d’aide et d’amour.
Photo: GDTE/CVN

En neuf ans, Nhân Ai a accueilli près de 200 victimes dont toutes ont bénéficié de soins médicaux, de cartes d’assurance santé et 80% d’un cours de formation professionnelle. Plusieurs de ces jeunes femmes sont volontairement allées aux marchés de montagne ou aux écoles pour contribuer à sensibiliser habitants et élèves sur la prévention et  la lutte contre la traite des êtres humains.

Tout cela n’aurait pu se faire sans l’engagement total des femmes-cadres de la maison. En accomplissant des actions toutes simples, elles ont réchauffé de nombreux cœurs blessés. Les bons repas équilibrés, préparés par Mme Dung, les conseils de Mme Ngân sur la nécessité de se protéger, de se soigner ou de suivre les cours d’apprentissage, autant de facteurs qui ont permis aux jeunes pensionnaires de surmonter le sentiment d’infériorité laissée par leurs vies brisées. C’est pourquoi, ces femmes-cadres sont considérées par les victimes comme des mères ou des sœurs.

Vivant ici depuis près de sept ans, Nguyên Thi Dung, une cadre de Nhân Ai,  raconte avec fierté les progrès accomplis: "Les premiers jours, plusieurs filles, âgées de 13 à 16 ans, étaient maigres à faire peur. Après quelques temps, grâce à l’aide des cadres de la maison, elles ont pu s’épanouir et retrouver un équilibre. Certaines sont devenues étudiantes, enseignantes ou tailleuses. Je suis heureuse. Nhân Ai est devenue ma deuxième famille".

"Les premiers jours, Nhân Ai rencontra beaucoup de difficultés. Pourtant, grâce aux efforts de tous, elle a obtenu des résultats encourageants. Je trouve que mon travail est plus significatif", 
reconnaît Nguyên Tuong Long, chef de l’Office de prévention et de lutte contre les fléaux sociaux du Service provincial  du travail, des invalides de guerre et des affaires sociales. Et d’ajouter qu’"avec ce modèle, Lào Cai est considérée comme l’une des provinces phares dans le pays en termes d’accueil et d’aides efficaces aux victimes de la traite d’êtres humains".
 

La ville de Lào Cai est un pôle d’attraction de plus en plus développé grâce à des sites touristiques réputés comme Sa Pa, Bac Hà… Avec son excellent réseau de communication, que ce soit la ligne ferroviaire Hanoï - Lào Cai ou l’autoroute Nôi Bài - Lào Cai, la région attire un grand nombre de touristes vietnamiens et étrangers. En outre, la porte-frontière internationale de Lào Cai est l’unique du pays située dans le cœur d’une grande ville, ce qui crée des bases favorables au développement socio-économique. Pourtant, rançon du succès, la ville doit faire face à de nombreuses difficultés dans le règlement des problèmes sociaux, notamment la lutte contre la drogue, la prostitution et la traite d’êtres humains.

Huong Linh/CVN


 
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