27/02/2016 15:25
Dans la ville de Dà Nang (Centre), Nguyên Tuân An est connu comme le loup blanc. Il doit sa réputation à ses talents de pongiste et aussi à ses raquettes «fait maison». Rencontre avec un passionné.

Le pongiste Nguyên Tuân An au Zippo. Photo : TT/CVN

À 47 ans, Nguyên Tuân An peut s’enorgueillir d’une belle collection de médailles obtenues lors de compétitions de tennis de table locales et nationales. Si on le surnomme «le pongiste prodige», c’est moins pour ses succès lors des championnats que pour sa capacité de jouer au ping-pong avec n’importe quel petit objet plat comme briquet, morceau de brique ou pièce de bois.

Avec une fierté certaine, Tuân An partage un événement inoubliable de l’année 2007, où il a décroché le titre de «meilleur pongiste au Zippo», dans le cadre du programme télévisé «Phénomènes insolites du Vietnam». En 2006, après avoir vu un pongiste jouer avec une brique lors de ce programme télévisé, Tuân An a téléphoné à la Télévision pour informer qu’il était capable de jouer avec… un briquet.

«Un journaliste de la Télévision a été envoyé à Dà Nang pour examiner mon cas. On a mis en face de moi un bon pongiste qui jouait avec une raquette, et je l’ai battu avec mon Zippo», se souvient-il. Une victoire convaincante grâce à laquelle Tuân An a été invité à Hanoi pour ce programme télévisé. «J’étais fier d’être en vedette sur le petit écran et de devenir le pongiste au Zippo», glousse-t-il.

Un phénomène de foire

Dès après la diffusion, de nombreux bons pongistes ont cherché à le rencontrer pour se mesurer à lui. «Imaginez que durant six semaines, j’ai dû affronter des adversaires venus parfois de loin. Mais aucun n'a pu me vaincre. Et le plus cool, c’est que la plupart sont devenus de bons amis», confie-t-il.          
 
Issu d’une famille de sportifs, Tuân An a le tennis de table dans le sang. Son père, ses sœurs et ses cousins sont tous passionnés comme lui. Durant sa vie d’écolier puis d’étudiant, il n’a raté aucune compétition. Lorsqu’il était chauffeur à l’aéroport de Dà Nang pour la compagnie Vietnam Airlines, Tuân An participait à tous les championnats dans le pays, sous les couleurs de la compagnie aérienne. «Mes médailles sont tellement nombreuses que je ne peux pas les compter. Ayant fait le tour du sujet, j'ai commencé à pratiquer des techniques fantaisies en remplaçant ma raquette par de petits objets plats», explique-t-il. Au Vietnam, il existe d’autres «pongistes au briquet», mais Tuân An est le meilleur. 

L'homme a un autre talent, celui de jouer au ping-pong avec la bouche. Enfin, «jouer» est un bien grand mot, disons qu’il est capable d’expulser la balle de sa bouche au-delà du filet. Cela demande une bonne technique et, bien sûr, du coffre. Et de révéler : «Dans ce domaine, je n’ai pas encore de concurrent».

Pour lui, «le sport permet d'avoir non seulement d’être en forme, mais aussi de se faire des amis. C’est aussi une porte vers des parties inconnues de soi-même». À présent, lors de toutes les compétitions de tennis de table, locales ou nationales, organisés à Dà Nang, le «phénomène de foire» Tuân An lance le coup d'envoi.

Le café-atelier An coi

Nguyên Tuân An est propriétaire du petit café An coi  (littéralement An squelettique) sis 16, rue Hai Son, quartier de Thanh Binh, ville de Dà Nang. Les clients sont pour la plupart des sportifs, des responsables de clubs de tennis de table de la ville, mais aussi des pongistes venus de tous les coins du pays pour participer à des compétitions organisées régulièrement. «Autour d’une tasse de café, les clients peuvent jouer aux échecs chinois ou voir de leurs propres yeux la fabrication de raquettes par le patron lui-même», éclaire un habitué des lieux.

Dans son café An Coi, les clients peuvent voir de leurs propres yeux la fabrication de raquettes par le patron. Photo : TT/CVN
L’atelier de Tuân An est en effet dans la véranda du café. «J’aime bien ce métier d’appoint qui est en rapport direct avec mon sport préféré», révèle Tuân An. Les commandes sont nombreuses, car la raquette «made by An coi» a comme particularité d’être, selon le type de revêtement, adapté au jeu de chacun.

L'histoire de l'atelier An coi n'est pas commune. Il y a dix ans, Tuân An était agent commercial de la société de raquettes Butterfly. Des raquettes qui ont connu une hausse des prix vertigineuse au fil des années (de 1,5 million à 4 millions de dôngs/pièce), et dont la réparation ne pouvait s’effectuer qu’à l’étranger.

Face à cette situation, Tuân An a commencé à démonter ses raquettes abîmées pour en étudier la structure, ce qui lui a permis ensuite de créer les siennes. La nouvelle a fait vite le tour dans le microcosme pongiste vietnamien. Nombre de passionnés sont venus chez lui pour passer commande. D'où la naissance de ce petit atelier au sein de son café. Pour créer de bonnes raquettes, Tuân An importe du bois : limba, koto, rosewood du Japon, ou palissandre du Laos. Nombre de pongistes de Dà Nang sont équipés de deux raquettes : l'une de standard international, et l'autre «made by An coi» qui porte leur nom sur le manche.

«Depuis notre mariage il y a 18 ans, pas un jour mon mari n'a pas joué au ping-pong». Une confidence de l'épouse de Tuân An, Tô Thi Hanh, qui en dit long sur la passion qui anime son époux.

Nghia Dàn/CVN

 
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