16/04/2016 10:27
Après le décès de sa grande sœur, figure emblématique de la lutte contre le cancer du sein, Nguyên Thuy Tiên prend le relais. Elle a été élue parmi les dix jeunes figures exemplaires du Vietnam en 2015.
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Thuy Tiên est l’une des fondatrices du Réseau vietnamien contre le cancer du sein. Photo : CTV/CVN


Née en 1988, Nguyên Thuy Tiên dirige actuellement le Réseau vietnamien contre le cancer du sein (Breast cancer network Vietnam - BCNV). Elle a succédé à sa grande sœur, Nguyên Khanh Thuong, surnommée Thuong Sobey, ex-professeure à l’Université des sciences sociales et humaines de Hanoi et décédée d’un cancer du sein.

«Avant la découverte de la maladie de ma grande sœur, je vivais et travaillais à Dà Lat (province de Lâm Dông, hauts plateaux du Centre, ndlr). J’aime bien cette ville, c’est paisible. J’avais même l’intention d’acheter une maison et de persuader mes parents de venir y vivre avec moi», se souvient Thuy Tiên. «Le dépistage du cancer de Thuong a changé non seulement sa vie mais aussi la mienne. J’ai oublié Dà Lat et mon souhait d’y vivre...».

Agir aux côtés des maladies

Dans cette bataille contre le cancer de sa sœur, Thuy Tiên a été déroutée de voir sa famille manquer beaucoup d’informations sur cette maladie. Elle a consacré beaucoup de temps à la recherche de données pertinentes concernant le traitement.

Sous la direction de Thuy Tiên, le BCNV  est très actif dans la sensibilisation du public au cancer. Photo : CTV/CVN

Constatant qu’il n’y avait aucune organisation vietnamienne spécialisée dans l’assistance aux femmes atteintes de ce type de cancer, Thuong Sobey et Thuy Tiên ont créé le BCNV. L’objectif était d’agir aux côtés des malades, de leurs proches mais également auprès des professionnels de santé et des institutions tout en développant la lutte contre ce cancer dans tous ses aspects.

«Jamais je n’aurais pensé abandonner le métier d’avocate pour participer à des activités communautaires à but non lucratif», avoue Thuy Tiên. En regardant sa sœur qui, devant la maladie, ne s’est jamais résignée, elle n’a pu rester les bras croisés. «Plusieurs fois par mois, Thuong était obligé de se rendre à hôpital pour une chimiothérapie. Le reste du temps, elle le consacrait à la sensibilisation du public sur le cancer du sein». Car beaucoup de femmes ne savent pas que ce cancer est à la fois le plus fréquent et le plus meurtrier chez la femme. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 500.000 femmes meurent chaque année dans le monde de ce cancer. Or, s’il est traité précocement, il peut être guéri dans neuf cas sur dix.

L’alopécie (perte des cheveux) est l’effet secondaire presque inévitable d’une chimiothérapie. Un problème souvent mal vécu chez les femmes. «Je sais bien que cela devait arriver pour ma sœur. J’ai donc décidé de couper mes cheveux en signe de solidarité. En sortant du salon de coiffure, j’ai senti le vent frais sur mon crâne, une sensation que je n’avais jamais connue. J’ai pleuré sans motif», se souvient Thuy Tiên.

La Journée du nœud rose se tient tous les ans en octobre, avec la participation de milliers de personnes. Photo : CTV/CVN

Avec leurs amis, Thuy Tiên et Thuong Sobey ont organisé la Journée du nœud rose en faveur des femmes souffrant d’un cancer du sein. Cet événement se tient tous les ans en octobre, avec la participation de milliers de personnes. De nombreuses activités sont déployées à cette occasion dont conférences, défilés, foires caritatives, etc.

Thuong Sobey est décédée en mars 2015. En tant que figure emblématique du combat contre le cancer du sein au Vietnam, sa mort a reçu un large écho dans la presse. Thuy Tiên a surmonté des moments difficiles et s’est engagé à poursuivre le rêve de sa sœur. «Je continuerai ses travaux, pour donner de l’espoir au cancéreux», assure-t-elle.

Des efforts récompensés

En 2014, le BCNV a adhéré à l’Union internationale contre le cancer (UICC). Il est très actif dans le transfert de connaissances, l’aide aux patients et l’organisation de campagnes de sensibilisation.

En janvier 2016, Thuy Tiên a été classée dans la liste des «30 under 30» publiée par Forbes Vietnam. «J’aurais souhaité que ma grande sœur soit encore en vie pour voir mon nom dans cette liste. Ce titre ne me récompense pas, mais les efforts de ma grande sœur quand elle était encore en vie, ainsi que les contributions des centaines de bénévoles membres du BCNV», partage-t-elle.

Mieux encore, elle a reçu, fin mars, le prix des Jeunes figures exemplaires du Vietnam de l’année 2015, qui honore des individus ayant obtenu d’excellents résultats dans tous les domaines, dont de jeunes Vietnamiens étudiant ou travaillant à l’étranger.

Concernant ses prochains projets, Thuy Tiên a confié qu’elle avait l’intention de créer «une banque» de soutiens-gorge et de prothèses mammaires en silicone en faveur des patientes subissant une mastectomie. «Je compte aussi chercher une bourse pour suivre à l’étranger un cursus dans le management. J’espère que les connaissances acquises durant ces études me permettront de diriger le BCNV de façon plus professionnelle».
   
Phuong Nga/CVN
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