24/03/2020 09:53
Les autorités de New York, épicentre américain de l'épidémie de coronavirus, qu'un responsable a comparé à l'Italie, ont appelé lundi 23 mars Donald Trump à déclarer un confinement coercitif national et à ordonner au secteur privé de fabriquer d'urgence masques et respirateurs.
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Une femme portant un masque sur une rue à New York, le 19 mars.
Photo : Xinhua/VNA/CVN

New York, la première métropole américaine, capitale économique du pays avec 8,6 millions d'habitants, comptait lundi matin 23 mars plus de 12.000 cas, soit près du tiers des cas américains. Face à cette situation de plus en plus dramatique, l'anxiété montait chez les habitants de cette ville, habituellement symbole d'hyper-activité et de décibels. Les rues étaient étrangement calmes après l'entrée en vigueur dimanche de nouvelles règles limitant l'activité aux entreprises jugées essentielles - supermarchés, pharmacies, fournisseurs d'internet - et obligeant les gens à rester chez eux le plus possible, même si les contrevenants ne s'exposent pour l'instant à aucune sanction.

"Il faut que ces mesures de confinement (fermant les activités non essentielles et obligeant les gens à rester chez eux, ndlr), qu'ont prises New York et la Californie, soient partout" aux États-Unis, a insisté le maire Bill de Blasio.

Andrew Cuomo, au centre de conférences Jacob Javits de Manhattan, pour annoncer son plan de transformation en hôpital de secours face au coronavirus, le 23 mars. Photo : AFP/VNA/CVN

"Il faut qu'on prenne ces mesures extrêmes". "Malheureusement, on voit que New York se rapproche de l'Italie", a estimé Jerome Adams, administrateur fédéral de la santé publique, déplorant que les gens n'appliquent pas sérieusement les recommandations fédérales de confinement, non coercitives, annoncées la semaine dernière, pour 15 jours.

M. de Blasio comme le gouverneur de l'État de New York ont relancé leurs appels au gouvernement fédéral pour qu'il ordonne aux entreprises privées de fabriquer respirateurs et masques, qui manquent cruellement aux États-Unis, comme dans beaucoup d'autres pays. "Oui, c'est une affirmation du pouvoir du gouvernement sur des entreprises privées, et alors ? C'est une urgence nationale", a souligné le gouverneur démocrate Andrew Cuomo. "On ne peut plus continuer à être fourni au coup par coup".

Donald Trump hésitant

Pour l'instant, le républicain Donald Trump a résisté à imposer de telles mesures, inquiet de leur impact sur l'économie, même si environ un Américain sur trois est déjà censé vivre confiné. "Nous ne pouvons laisser le remède être pire que le problème lui-même", a-t-il tweeté lundi 23 mars, alors que le Sénat américain échouait à nouveau à s'accorder sur un plan massif de relance de l'économie. Pour la seule ville de New York, le maire a réclamé l'envoi d'urgence de "centaines de respirateurs et de centaines de milliers puis de millions de masques".

"S'ils ne commencent pas à arriver cette semaine, nous arriverons au point où des gens ne pourront pas être sauvés alors qu'ils auraient pu l'être", a-t-il alerté. New York attend aussi l'aide de la Garde nationale et du Corps d'ingénieurs de l'armée américaine pour installer des lits d'hôpitaux supplémentaires. Le centre de conférences du Javits Center, à Manhattan, désormais déserté, doit notamment être transformé en hôpital avec une capacité de 1.000 lits, en attendant la conversion de certains hôtels, désormais privés de touristes.

M. Cuomo, qui s'est rendu lundi 23 mars au Javits Center, a indiqué espérer qu'il soit prêt d'ici "une semaine à 10 jours". Le gouverneur a également signé un décret imposant aux hôpitaux new-yorkais d'augmenter leur capacité de 50% - pour arriver à 75.000 lits - tout en les appelant à viser les 100%. Un navire-hôpital, l'USNS Comfort, d'une capacité de 1.000 lits, doit aussi partir pour New York dans deux semaines, selon le secrétaire à la Défense, Mark Esper.

AFP/VNA/CVN


 

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