18/04/2019 09:00
Lê Thi Tham, bien qu’elle soit âgée de 21 ans, a l’allure d’une fillette de 26 kg. Privée congénitalement de ses bras, elle refuse de se soumettre au destin et se surpasse afin d’être scolarisée et pouvoir réaliser son rêve de devenir enseignante.
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La fille sans bras Lê Thi Tham et sa mère.

Lê Thi Tham est née dans une famille paysanne pauvre d’un village rural du district de Dông Son, province de Thanh Hoa (Centre). Souffrant d’une maladie congénitale dont la cause reste inconnue des médecins à ce jour, Tham est privée de ses bras. Mais peu de gens peuvent imaginer qu’elle est actuellement étudiante en 3e année...

Rêvant d’enseigner l’anglais depuis petite, la jeune handicapée suit la filière "pédagogie de l’anglais" à l’université Hông Duc (basée à Thanh Hoa), où elle figure parmi les meilleurs étudiants. En novembre dernier, elle a été honorée, lors d’une cérémonie à Hanoï, et s’est vu octroyer une bourse mensuelle de 510.000 dôngs.

Corps de verre, moral d’acier

Sa mère Nguyên Thi Tinh a du mal à cacher son émotion lorsqu’elle raconte l’expérience traumatisante de son accouche-ment, il y a 21 ans. "La première fois que je l’ai prise dans mes bras des mains des infirmières, je suis restée bouche bée, incapable de prononcer quoi que ce soit. Mon bébé n’avait pas de bras. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. J’ai mis plusieurs jours à me faire à l’idée et à enfin accepter notre destin… Heureusement, Tham a grandi sans gros problèmes de santé", se souvient Mme Tinh.

Les années passent puis vient le moment où Tham est en âge d’être scolarisée. Comme les autres enfants de son âge, elle dit à sa mère vouloir aller à l’école. "Quand elle me l’a demandé, je lui ai répondu: +Privée de bras, comment vas-tu faire pour écrire comme tes camarades? C’est alors qu’elle m’a répondu sans hésitation et avec force:+Avec mes pieds, maman!+".

Chose dite, chose faite. La fille au mental de fer décide que si elle peut se débrouiller seule avec les activités de toilettes quotidiennes (se brosser les dents, se coiffer…),  elle sera tout à fait capable d’écrire. Elle se lance ainsi dans un entraînement intensif avec sa jambe gauche qu’elle trouve plus habile que celle de droite. Fatigue, douleur, découragement et désespoir. Tham passe des jours, des semaines et des mois extrêmement pénibles pour être en mesure d’écrire mais aussi d’utiliser un ordinateur, de dessiner, d’enfiler une aiguille et de broder.

Durant les cinq années du primaire, Tham obtient d’excellents résultats. En CE2, elle remporte même le 2e prix du concours provincial de dessin destiné aux handicapés, et en CM2, le prix du concours "Belle écriture" une compétition entre les écoles primaires au niveau du district.

"C’est en l’amenant à l’école tous les jours et en la voyant aussi épanouie que je me dis que j’ai de la chance. Ma fille a vraiment su accomplir des miracles", confie la mère de Tham, avouant que jamais elle n’aurait imaginé qu’un jour, sa fille puisse entrer à l’université. "À la fin du lycée, elle m’avait dit qu’elle voulait s’inscrire à l’université pour réaliser son rêve de devenir professeure d’anglais. Et ses enseignants m’ont tous affirmé qu’elle en avait plus que les moyens", se rappelle-t-elle.

Une porte se ferme, une fenêtre s’ouvre

En août 2016, Tham passe les épreuves  à l’université Hông Duc mais échoue de peu. Déçue, elle reçoit un mois plus tard une invitation du recteur qui souhaite la rencontrer en personne. "Son énergie, mais surtout sa hardiesse m’a touché. Une fois que j’ai réexaminé ses textes de littérature, tous écrits dans un style remarquable, ainsi que ses épreuves d’anglais, j’ai décidé de lui donner une seconde chance", explique, sans cacher sa fierté, le Pr-Dr Nguyên Manh An, recteur de l’établissement.

Quelques images de la vie quotidienne de Tham.

Les efforts prodigieux de Tham ont également su toucher le député Bùi Sy Loi, vice-président de la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. "J’ai vraiment été ému par ton caractère et ce que tu fais. Je décide ainsi d’extraire une partie de mon salaire mensuel pour t’épauler dans tes études… Je m’engage à te remettre chaque mois 2 millions de dôngs jusqu’à ce que tu sois diplômée", révèle cet extrait de la lettre du député envoyée à l’étudiante, le 2 septembre 2016.

Outre ses heures de cours, Tham donne également des cours d’anglais chez elle en fin de semaine. La petite Phuong Linh est une de ses élèves. "Ma prof est super sympa. Les leçons qu’elle me donne sont faciles à comprendre. C’est grâce à elle que j’aime autant l’anglais", partage la jeune écolière.

"Je suis si heureuse de voir ma fille peu à peu concrétiser son rêve", sourit sa mère en regardant sa fille dans le salon, le visage illuminé et rempli de passion, donner un cours à Phuong Linh. 

Questionnée sur ses projets d’avenir, Tham répond simplement qu’elle veut garder une bonne santé pour pouvoir poursuivre ses études et enseigner l’anglais aux enfants, et pourquoi pas dans l’avenir, enseigner le vietnamien aux étrangers vivant au Vietnam. Le monde appartient à ceux qui savent rêver, Tham en est certaine.

  Texte et photos: Lê Kiên - Linh Thao/CVN   

 

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