15/04/2018 00:32
Il est honteux de trébucher deux fois sur la même pierre. Cela dit, lorsqu'il s'agit d'intervenir militairement au Moyen-Orient, certains pays occidentaux, les États-Unis en tête, semblent atteints d'amnésie.
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Photo fournie par le service de presse des armées d'un Rafale se préparant à décoller de la base aérienne de Saint-Dizier, le 13 avril pour une mission en Syrie.
Photo: AFP/VNA/CVN

Le président américain Donald Trump a ordonné samedi 14 avril à Washington des "frappes de précision" contre la Syrie, en coordination avec le Royaume-Uni et la France, en réponse à l'attaque chimique "très probablement" lancée le week-end dernier par les troupes gouvernementales syriennes contre le district sous contrôle rebelle de Douma, en périphérie de Damas.

Le gouvernement syrien, la Russie et l'Iran ont toutefois fustigé l'accusation infondée des États-Unis et de leurs alliés, avertissant que des frappes "ne seraient pas sans conséquences".

Sans aucune enquête officielle et juste menée par des institutions internationales telles que l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), toute conclusion quant à l'identité des responsables semble imprudente et peu convaincante.

Le risque d'escalade militaire globale et l'incapacité à aboutir à un compromis sur la création d'un mécanisme de responsabilité ne feront qu'infliger encore plus de souffrance à des Syriens innocents. On ne peut s'empêcher de se rappeler qu'avant l'éclatement de la guerre d'Irak en 2003, les administrations de George W. Bush et de Tony Blair avaient prétendu que Saddam Hussein cachait de grands stocks d'armes de destruction massive en Irak.

Cependant, les prétendues preuves se sont avérées au mieux douteuses à l'issue la guerre, qui a coûté la vie d'environ 4.500 soldats américains et de plus de 100.000 Irakiens jusqu'au retrait officiel des troupes américaines huit ans plus tard.

Malheureusement, cet épisode déplorable ne semble pas perturber les pays qui placent le gouvernement syrien en ligne de mire. Le lourd tribut des interventions militaires au Moyen-Orient échappe également à leur mémoire.

Des douloureuses leçons du passé

La défense antiaérienne syrienne entre en action dans le ciel de Damas, à l’aube, samedi 14 avril.
Photo : AP/VNA/CVN

Au nom de la guerre contre le terrorisme, de la construction de la démocratie et du retour de la paix durable dans la région, les États-Unis et leurs alliés ont lancé de nombreuses actions militaires en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie depuis les attentats du 11-Septembre. Hélas, hormis le renversement du régime taliban en Afghanistan, de Saddam Hussein en Irak et de Mouammar Kadhafi en Libye, aucun des objectifs défendus par Washington et ses alliés n'a été atteint dans la région.

En plus de la perte de milliards de dollars et de milliers de vies humaines, la crise des réfugiés, résultat direct de leur interventionnisme, est revenue troubler les États occidentaux belligérants. Depuis le début de la guerre civile en Syrie, en 2011, plus de 4 millions de réfugiés ont fui à l'étranger, provoquant la pire crise humanitaire de l'histoire européenne moderne. Cette crise a catalysé les conflits religieux et culturels dans les sociétés européennes, ouvrant un boulevard aux partis populistes et eurosceptiques.

Les nouvelles actions militaires de Washington, Londres et Paris contre la Syrie risquent d'aggraver encore la situation actuelle. Étant donné la complexité et la sensibilité de l'environnement géopolitique en Syrie, l'intervention occidentale pourrait générer une nouvelle réaction en chaîne au Moyen-Orient. Il est temps de revenir à la raison et de souvenir des douloureuses leçons du passé.
 
Xinhua/VNA/CVN
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