04/10/2018 17:38
Une petite ville rurale du Nord-Est de la Thaïlande transformée en capitale du sport s'apprête à accueillir à partir de vendredi 5 octobre le premier Grand Prix moto organisé dans le royaume.
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L'Espagnol Marc Marquez (Honda/2g) en conférence de presse, le 3 octobre à Bangkok.
Photo: AFP/VNA/CVN

Pour cette 15e manche du Championnat du monde MotoGP, des dizaines de milliers de spectateurs sont attendus jusqu'à dimanche 7 octobre à Buriram, qui était encore il y a dix ans une bourgade pauvre et oubliée à 400 kilomètres de Bangkok.

Mais un ancien député devenu homme d'affaires, Newin Chidchob, s'est lancé un défi: transformer son fief rural de 30.000 habitants en un temple national du sport.

Depuis, l'argent coule à flots: un immense stade de foot, achevé en 2011, a été construit au milieu des rizières pour Buriram United, un club de la Premier League thaïlandaise devenu en quelques années l'une des meilleures équipes du royaume.

Trois ans plus tard, le Circuit international de Buriram - le premier certifié Formule 1 en Thaïlande, long de 4,6 kilomètres et dessiné par l'architecte star des sports mécaniques Hermann Tilke - était inauguré.

Après les Championnats du monde des voitures de tourisme ou encore Superbike, le MotoGP y a rendez-vous pour la première fois ce week-end, avec en tête d'affiche l'Espagnol Marc Marquez (Honda).

"On m'a dit que c'était la saison des pluies et que tout peut arriver", a déclaré le quadruple champion du monde MotoGP et leader du classement des pilotes lors d'une rencontre avec la presse à Bangkok mercredi 3 octobre, "confiant" malgré la perspective d'une asphalte glissante.

Ces chantiers ont été menés au pas de charge, contrastant avec les retards que prennent souvent les projets d'infrastructure lancés par l'État.

En quelques années, "nous avons changé cette ville, que les gens ne faisaient que traverser et qui n'avait pas de touristes, en une ville qui reçoit trois millions de visiteurs par an", s'était félicité en 2017 Newin Chidchob.

Accueillir un Grand Prix moto représente une manne exceptionnelle pour l'Issan, région la plus pauvre du pays qui reste à la traîne de Bangkok et des zones touristiques du sud: l'évènement devrait "générer plus d'un milliard" de bahts thaïlandais (plus de 25 millions d'euros), d'après le ministère des Sports.

"Gagner une reconnaissance mondiale" 

L'Espagnol Marc Marquez (Honda) à son arrivée pour une conférence de presse, le 3 octobre à Bangkok.
Photo: AFP/VNA/CVN

Le géant thaïlandais du duty-free, King Power, dont le patron possède aussi le club de football anglais de Leicester, compte parmi les sponsors. Et toutes les places ont été vendues sur le site officiel du GP.

Mais cette compétition va-t-elle intéresser en nombre les Thaïlandais, passionnés de football, alors que le ticket d'entrée coûte une soixantaine de dollars dans un pays où le salaire minimum est de 10 dollars par jour ?

Grâce à ce pari sur le sport, des milliers d'emplois ont en tout cas été créés. Quelque 5.000 chambres d'hôtels sont sorties de terre et des centaines de restaurants ont été construits dans leur sillage.

La plate-forme de véhicules de transport Grab entend de son côté recruter 4.000 chauffeurs supplémentaires pour répondre à l'afflux de visiteurs. Sécuriser la ville est un autre casse-tête. Pour cela, près de 1.700 policiers vont être déployés, du jamais vu dans la paisible bourgade.

Les autorités thaïlandaises vont débourser environ neuf millions de dollars pour accueillir la compétition cette année et les deux prochaines, d'après les médias locaux.

"C'est une occasion importante pour notre pays de gagner une reconnaissance mondiale", a déclaré à la presse Ruj Saeng-udom, gouverneur adjoint de l'Autorité des sports de Thaïlande. "L'Asie du Sud-Est est un domaine où le MotoGP est désireux de se développer, car ce sport y a beaucoup de succès", relève de son côté Jamie Klein, journaliste pour le site Motorsport, sollicité par l'AFP.

Avant de se passionner pour le sport, Newin Chidchob a passé près de 20 ans en politique, changeant de camp au gré des vents, soutenant un temps le parti démocrate, puis l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra, ce qui lui a valu le surnom de "faiseur de roi". Il a finalement été interdit de politique, accusé d'avoir acheté des voix, et a choisi de se replier sur son fief de Buriram. Il pourrait désormais tenter d'attirer la Formule 1, encore plus prestigieuse.

AFP/VNA/CVN

 
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