25/12/2019 11:48
En exil à Buenos Aires, l'ex-président bolivien Evo Morales a accordé un entretien dans lequel il dénonce un coup d'État perpétré en raison des richesses en lithium de son pays. Il indique également que le candidat de son parti pour l'élection présidentielle de 2020 sera choisi mi-janvier.
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L'ex-président bolivien Evo Morales lors d'un interview à Buenos Aires, le 24 décembre. Photo : AFP/VNA/CVN 

Premier président indigène de Bolivie, M. Morales a démissionné le 10 novembre après avoir été lâché par l'Armée et sous la pression de manifestations de l'opposition, qui contestait sa réélection au premier tour pour un quatrième mandat. La crise post-électorale en Bolivie a fait une trentaine de morts et des centaines de blessés.

Q : Comment s'organise votre vie politique depuis Buenos Aires ? Êtes-vous en campagne ?

R : "Nous organisons des réunions, nous recevons des visites. Le dimanche 29, il y aura une réunion (du parti Mouvement vers le socialisme, MAS) à Buenos Aires. De là, nous allons organiser un rassemblement pour choisir le candidat à la présidentielle. Le rassemblement devrait avoir lieu le 15 janvier, dans plus ou moins deux semaines. Il se déroulera en Bolivie ou en Argentine, ce sera un grand rassemblement. À la frontière (entre l'Argentine et la Bolivie), ce serait plus facile, mais il y a aussi la question de la sécurité".

Q : Êtes-vous confiant sur le respect des résultats en cas de victoire du candidat du MAS lors de la prochaine élection présidentielle dont la date n'a pas encore été fixée ?

R : "Il faudra une mission (d'observation) internationale, d'organismes internationaux comme le Centre Carter, ou un conseil de Prix Nobel de la Paix, le pape François, les Nations unies ou quelqu'un de reconnu dans le monde. Malgré tant de diffamation et de persécution et l'absence pour l'heure de candidat, nous sommes toujours en tête des sondages (faits par) la droite, ce qui est surprenant. Si le MAS gagne, les résultats de l'élection devront être respectés. Nous les respecterons".

Q: Un mois et demi après votre démission et après ce que vous avez traversé, regrettez-vous d'avoir été candidat à la présidentielle du 20 octobre 2019 ?

R : "Nous avons gagné dès le premier tour. Même si on ne compte pas les 226 procès-verbaux mis en cause par le rapport de l'OEA (Organisation des États d'Amérique). Même si ces votes allaient à la droite, nous avons gagné dès le premier tour. Des groupes d'études aux États-Unis, 98 personnalités de diverses universités dans le monde demandent à l'OEA (qui a dénoncé des +irrégularités+ dans le décompte des voix, ndlr) de se rétracter et qu'elle fasse l'objet d'une enquête. Notre participation n'est donc pas un échec. Un coup d'État avait été préparé à l'avance."

Q : Vous dites que vous avez été victime d'un coup d'État, à quoi l'attribuez-vous ?

R : "C'est un coup d'État national et international. Fondamentalement, c'est un coup d'État dû à deux choses : au fait que nous pouvions être une alternative, une référence en nous libérant des diktats du gouvernement des États-Unis. Les pays industrialisés ne veulent pas être concurrencés. Nous avons commencé à remplacer les importations. Et je suis absolument convaincu que c'est un coup d'État pour le lithium. Nous avons commencé l'extraction industrielle du lithium en tant qu'État (...). En tant que petit pays de 10 millions d'habitants, d'ici peu nous allions définir le prix du lithium. On sait que nous avons les réserves les plus importantes au monde, 16.000 km2 de lithium".

L'ex-président bolivien Evo Morales.
Photo : AFP/VNA/CVN 


Q : Le gouvernement intérimaire de Jeanine Añez a décidé d'intégrer la Bolivie au Groupe de Lima, une instance régionale formée en 2017 dans le but de chercher une issue à la crise au Venezuela. Qu'en pensez-vous ?

R : "Être membre du Groupe de Lima, c'est comme être membre de l'Alca (Aire de libre-échange des Amériques), c'est être soumis aux politiques des États-Unis comme à celles du Fonds monétaire international. C'est revenir en arrière pour la Bolivie, c'est perdre notre souveraineté et l'indépendance de l'État, perdre la dignité et l'identité du peuple bolivien. La région est en lutte, elle s'oppose (...) Je comprends que les États-Unis nous divisent et Luis Almagro (secrétaire général de l'OEA, ndlr) et son groupe d'observateurs sont le meilleur instrument de domination de l'Amérique latine et des Caraïbes (...). Luis Almagro devrait être jugé pour sa responsabilité de tant de massacres et de morts en Bolivie". 
 
AFP/VNA/CVN
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