24/02/2018 16:54
En ce troisième jour de la Semaine de la mode milanaise, les défilés ont renversé les discours de classes.
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Défilé Versace à Milan le 23 février 2018.
Photo : AFP/VNA/CVN

Chez Versace, Donatella a présenté ses clans méritocratiques. Chez Marras, les première, deuxième et troisième classes voyagent vers des horizons nouveaux. Et pour cette saison, Roberto Cavalli continue sa mue, moins tape à l’œil et toujours plus… classe.

"Certaines personnes naissent royales. D'autres deviennent des reines par leurs propres moyens" : c'est par ces mots que Donatella Versace a présenté vendredi soir 23 février ses collections femmes automne-hiver 2018. Ses femmes ne sont pas donc pas déterminées par la naissance, mais construisent leur identité à travers passion et style.

Des leitmotivs définissent les clans de Versace : celui de la couleur, de l'unité et du présent. Sur les podiums, du tartan jaune et violet, bleu et rouge, qui s’étale sur des kilts, des foulards en soie, des écharpes d’équipes de foot ou des ensembles pantalons-chemises d'une couleur ou d'un seul imprimé.

Les tailleurs de femmes actives sont sanglés, les looks d’écolières aux jupes plissées sont associés à des blousons en cuir cloutés, les robes du soir sont hyper colorées.

Les codes de la maison s'adaptent aux "millennials", en méga-baskets geek pour le confort.

Le défilé du créateur sarde Antonio Marras à Milan le 23 février 2018.
Photo : AFP/VNA/CVN

Marras en transatlantique

Antonio Marras a quand à lui fait tanguer la fashion week. Connu pour ses collaborations avec le théâtre et le cinéma, le styliste sarde a convié l'assistance à bord du transatlantique de son ancêtre John Marras, pour un voyage imaginaire faisant écho aux migrations d'aujourd'hui.

Une histoire racontée dans le petit livret distribué pendant le show et savamment mise en scène sur le podium, des acteurs et des danseurs ponctuant de leurs prestations le passage des mannequins sur fond de notes de piano interprétées en direct.

Écrite par l'épouse du styliste, cette traversée imaginaire vers le Nouveau Monde était dédiée par Antonio Marras à un aïeul (imaginaire lui aussi ?), John Marras.

Mais le créateur sarde ne s'en cache pas, la narration était aussi pour lui un moyen d'évoquer de façon allégorique les migrants d'aujourd'hui.

"En première classe, des hommes d’affaires élégants et des comtesses embijoutées, en seconde des commerçants et des femmes rêvant de rejoindre le tendre aimé et en troisième, douleur et désarroi", raconte le designer.

Beaucoup de patchwork dans cette collection où les vestes d’hommes en pied de poules, prince de galles ou jacquard et les robes sont rehaussées de dentelles, de bijoux, de perles, de tulle.

Tout est impeccable, rigoureux et élégant, pour ces voyageurs en partance pour des destinations et des rêves nouveaux.

Défilé Roberto Cavalli à Milan le 23 février 2018.
Photo : AFP/VNA/CVN

Cavalli et la "Surridge touch"

Pour son deuxième défilé en tant que directeur de création, l’anglais Paul Surridge a quant à lui ajouté sa touche personnelle au répertoire de la maison transalpine Roberto Cavalli.

L’opulence sexy et bohème laisse ici place à une relecture plus sophistiquée et atténuée des codes de la maison. "La collection interroge la notion de glamour moderne et ce que cela signifie pour moi", a déclaré à l’AFP le styliste, en coulisses après le défilé.

"La confiance en soi est pour moi la clé de l’attitude sexy et glamour, mais pour cela il faut aussi se sentir confortable dans ses vêtements. Sans ce confort, on risque de devenir vulgaire. La collection est donc légère, élastique, elle s’adapte aux corps des femmes et des hommes".

On retrouve les imprimés animaux chers à la maison, mais dans des tons bleu nuit ou pourpre. Les robes sont près du corps, ajourées sans tomber dans la vulgarité et avec un air urbain.

"Le dégradé, autre élément clé du vocabulaire de Roberto Cavalli, est ici inspiré des couleurs du verre de Murano", a précisé Paul Surridge.

AFP/VNA/CVN
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