26/03/2020 09:21
Emmanuel Macron a promis un "plan d'investissement massif" pour l'hôpital, en première ligne face à l'"aggravation rapide" de l'épidémie de coronavirus, qui a fait plus de 1.300 morts en France, un bilan multiplié par cinq en une semaine.
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Membres du personnel soignant se changent et désinfectent le matériel au sortir d'une ambulance qui a transporté des malades du COVID-19, à l'hôpital de Brest, le 24 mars. Photo : AFP/VNA/CVN

"La nation tout entière est mobilisée" a assuré mercredi soir 25 mars Emmanuel Macron en visite à Mulhouse, particulièrement frappée : le chef de l'État, après avoir visité l'hôpital militaire installé sur place protégé d'un masque FFP2, a appelé à "l'union" contre le virus. Saluant "la mobilisation totale" des soignants, il leur a garanti "une prime exceptionnelle pour accompagner cette reconnaissance" ainsi qu'à l'ensemble des fonctionnaires mobilisés.

La France doit s'attendre à des "jours difficiles", a souligné le Directeur général de la Santé (DGS), le Pr Jérôme Salomon, en annonçant un total de près de 3.000 patients en réanimation (2.827, soit 311 de plus en 24 heures) : "c'est un nombre considérable, exceptionnel dans un temps aussi bref et pour une seule maladie". L'Est de la France reste particulièrement touché : un TGV médicalisé, arrivé à Strasbourg, doit évacuer jeudi 26 mars vers des hôpitaux des Pays-de-la-Loire vingt patients infectés par le coronavirus afin de soulager les hôpitaux alsaciens totalement saturés.

Mais l'Île-de-France, désormais, affronte aussi une "tension majeure" malgré "des efforts considérables pour ouvrir encore des centaines de lits en réanimation après avoir déjà multiplié par deux" le nombre de lits disponibles, a-t-il souligné en saluant les 7.000 volontaires, dont un tiers d'infirmières, qui se sont fait connaître.

Longue et difficile

"La crise va être longue, les prochains jours vont être particulièrement difficiles", a estimé le Pr Salomon en soulignant que "la vague de cas graves" était "déjà là". Hommage aux soignants et "communion de pensée" avec eux et les malades, les cloches des églises catholiques ont sonné partout pendant dix minutes à 19h30 et des bougies allumées ont été posées aux fenêtres.

Face à cette évolution dramatique, le gouvernement annoncera "dans quelques jours" la probable prolongation du confinement, a indiqué la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye à l'issue du Conseil des ministres. Le conseil scientifique a recommandé mardi 24 mars de l'étirer jusqu'au 28 avril.

Nombre de personnes hospitalisées, en réanimation et nombre de décès en France liés au nouveau coronavirus. Photo : AFP/VNA/CVN

Le Conseil des ministres, réuni avant un conseil de défense, a adopté 25 ordonnances - un record - pour permettre au pays de limiter les dommages sociaux et économiques. La France doit se préparer à "un effort long", pour Edouard Philippe : "C'est l'urgence sanitaire qui anime tous les esprits aujourd'hui, mais c'est aussi, et ce sera de plus en plus, un choc économique, un choc social", a prévenu le Premier ministre.

Opération militaire

Le Premier ministre a aussi annoncé qu'un "pont aérien", via "des avions cargos", était prévu entre la France et la Chine pour faire venir les millions de masques de protection commandés. La mobilisation est aussi militaire avec l'annonce par Emmanuel Macron d'une opération "Résilience" qui "sera entièrement consacrée à l'aide et au soutien aux populations, ainsi qu'à l'appui aux services publics pour faire face à l'épidémie, en métropole et en Outre-mer".

Le porte-hélicoptères amphibie Mistral sera déployé "immédiatement" dans le sud de l'océan Indien et, "début avril, le porte-hélicoptères Dixmude se positionnera dans la zone Antilles Guyane en soutien aux territoires ultramarins". "Tout le monde est mobilisé, secteur public et secteur privé et hôpitaux militaires", a résumé le Pr Salomon. Plus de 100.000 personnes se sont engagées sur la plateforme "je veux aider", dont 40.000 pour la réserve sanitaire, a insisté le chef de l'État. Mercredi matin 25 mars, le directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris Martin Hirsch avait réclamé la réquisition de personnels soignants, soulignant que l'AP-HP accueillent déjà plus de 1.600 malades.

La situation est particulièrement cruelle dans les maisons de retraite où le nombre de décès n'est pas exactement connu mais se chiffre en dizaines de morts. Rien qu'en Île-de-France, sur les 700 Ehpad, au moins 148 étaient touchés mardi 24 mars, d'après le décompte de l'Agence régionale de santé (ARS).

Des pompiers partent en intervention auprès d'une personne qui présente des signes de l'infection au coronavirus, le 24 mars à Paris. Photo : AFP/VNA/CVN

Sur les tests, la France se prépare à changer d'échelle: d'ici une dizaine de jours, a promis le Pr Salomon, la France disposera d'une capacité de 25.000 à 30.00 tests par jour, contre 9.000 aujourd'hui. Le ministre de la Santé Olivier Véran veut notamment développer les tests rapides dans la perspective du "déconfinement", a-t-il expliqué devant le Sénat, afin de "savoir par une prise de sang qui aura été immunisé par le virus et qui ne l'aura pas été".

Nouveau formulaire

Dans l'attente, pour sortir de chez eux, les Français doivent désormais utiliser un nouveau formulaire d'attestation de déplacement, avec l'obligation d'indiquer l'heure du déplacement. Des dizaines de milliers d'infractions ont été constatées et les sanctions ont été durcies pour ceux ne respectant pas ces consignes. Les 135 euros d'amende forfaitaire passent à 1.500 euros en cas de récidive "dans les 15 jours" et pourront monter jusqu'à "3.700 euros d'amende et six mois de prison".

Alors que peu d'experts se risquent à pronostiquer la date du "pic", un essai clinique européen a démarré dimanche dans au moins sept pays pour tester quatre traitements expérimentaux. Dans l'attente des conclusions de ce test, la chloroquine, l'un des traitements testés qui fait débat, peut être administrée aux malades souffrant de "formes graves" du coronavirus, mais pas pour des formes "moins sévères".

Le professeur Didier Raoult, dont les préconisations pour un traitement à la chloroquine des malades du COVID-19 font polémique, sera en couverture de l'hebdomadaire Paris Match jeudi 26 mars, qui se demande s'il a "trouvé le remède" au coronavirus.

AFP/VNA/CVN



 
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