19/10/2018 08:59
Le président américain Donald Trump a menacé jeudi 18 octobre de fermer la frontière avec le Mexique pour empêcher des milliers de migrants d'Amérique centrale de gagner les États-Unis, relançant un de ses thèmes de campagne favoris à trois semaines des élections cruciales de mi-mandat.
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"Je dois, dans les termes les plus forts, demander au Mexique de stopper cet assaut - et s'il n'en est pas capable, je ferai appel à l'armée américaine et FERMERAI NOTRE FRONTIERE DU SUD!..", a-t-il tweeté, renouvelant ses menaces de couper les aides financières aux pays d'Amérique centrale concernés. Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo doit se rendre jeudi 18 octobre et vendredi 19 octobre au Panama puis au Mexique.

M. Trump enfourche de nouveau l'un de ses principaux chevaux de bataille - qui a contribué à sa victoire présidentielle en 201 - à trois semaines de législatives à l'issue desquelles les républicains pourraient perdre leur majorité au Sénat et/ou à la Chambre des représentants. Environ 2.000 migrants ont quitté samedi San Pedro Sula, au Honduras, après un appel sur les réseaux sociaux. Ils ont ensuite franchi la frontière avec le Guatemala à Esquipulas (Sud-Est), et certains avaient atteint jeudi 18 octobre la capitale guatémaltèque.

Un autre millier de Honduriens ont franchi mercredi 17 octobre la frontière avec le Salvador avec l'intention de traverser le pays pour rejoindre la marche au Guatemala. Un premier groupe de quelques centaines de migrants est arrivé tard mercredi 17 octobre à la frontière entre le Guatemala et le Mexique. Beaucoup dormaient dans des sacs de couchage dans la rue ou dans des squares.

Nombre d'entre eux ne voyageaient qu'avec quelques vêtements de rechange et un peu d'argent. D'autres portaient de jeunes enfants dans les bras. Plusieurs migrants ont dit qu'ils attendaient que le reste de la marche arrive, afin de traverser la frontière en masse dans l'espoir de déborder les autorités mexicaines, qui ont annoncé qu'elles arrêteraient toute personne ne possédant pas de papiers.

"Calcul politique"

Selon M. Trump, cette marche est "aiguillée" par les démocrates. Le milliardaire républicain accuse le parti d'opposition d'être en faveur de l'ouverture des frontières et à l'origine de lois qu'il juge laxistes.

La clôture frontalière entre États-Unis et Mexique, à Santa Teresa (Nouveau-Mexique) le 23 avril. Photo: AFP/VNA/CVN

Les leaders du Guatemala, du Honduras, et du Salvador "font très peu pour stopper le vaste afflux de personnes, DONT BEAUCOUP DE DELINQUANTS", a-t-il également dénoncé. "L'assaut sur notre pays à notre frontière sud, y compris les éléments criminels et les DROGUES qui affluent, sont beaucoup plus importants pour moi, comme président, que le commerce et l'AEUMC", le récent accord commercial conclu en septembre entre le Canada, le Mexique et les États-Unis, a poursuivi M. Trump dans un troisième message.

Un haut responsable du gouvernement Trump a quant à lui affirmé à des journalistes que cette "caravane" de migrants n'était pas "apparue" toute seule. "Il y a un aspect politique et organisationnel qui franchement vise à semer le chaos et la discorde", a-t-il affirmé, parlant sous couvert d'anonymat. Marcelo Ebrard, nommé ministre des Affaires étrangères par le président élu mexicain Manuel Lopez Obrador, a minimisé les propos du président américain, estimant que celui-ci jouait sur sa base électorale.  "La position du président Trump est celle qu'il a toujours tenue, et je ne le trouve pas surprenant, je serais surpris par une position différente", a-t-il déclaré à une radio locale. "C'était prévisible et les élections sont très proches, donc il fait un calcul politique", a-t-il ajouté.

Le ministre des Affaires étrangères américain Mike Pompeo doit rencontrer jeudi 18 octobre le président du Panama Juan Carlos Varela, afin notamment de discuter des "problématiques régionales dont la lutte contre les narcotiques, le terrorisme et l'immigration illégale", précise un communiqué du Département d'État. M. Pompeo doit ensuite discuter vendredi 19 octobre avec le président sortant du Mexique, Enrique Pena Nieto, pour aborder notamment la lutte contre l'immigration illégale, selon ce communiqué. Plus de 500.000 personnes traversent chaque année illégalement la frontière sud du Mexique pour tenter ensuite de remonter vers les États-Unis, selon des chiffres de l'ONU.

AFP/VNA/CVN

 
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