27/06/2018 09:12
Le président français Emmanuel Macron a rencontré mardi 26 juin le pape François au Vatican sur le sujet incontournable de l'accueil des migrants en Europe, tout en jouant l'apaisement avec le nouveau gouvernement populiste italien.
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Le président français Emmanuel Macron (droite) et le pape François à l'issue d'une entretien de près d'une heure au Vatican, le 26 juin.
Photo: AFP/VNA/CVN

À l'issue de sa visite officiellement vaticane, le président français Emmanuel Macron a révélé devant la presse avoir eu une rencontre officieuse la veille au soir avec le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, à deux jours du conseil européen consacré au dossier migratoire qui déchire l'UE.

La France s'était encore fait vertement critiquée lundi 25 juin par le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, qui accuse M. Macron de fermer ses portes aux migrants.

Mais dans un geste d'apaisement et de coopération européenne, le président a annoncé mardi 26 juin que la France sera l'un des six pays européens à accueillir les 233 migrants du navire humanitaire Lifeline que Malte va laisser accoster. Il s'agira de "quelques dizaines d'individus par pays" d'accueil, a-t-il précisé.

Et M. Macron a même rejoint certaines critiques de Rome sur le rôle des ONG en Méditerranée. Pour lui, l'ONG allemande Lifeline "a coupé le signal et elle est intervenue en contravention de toutes les règles et des garde-côtes libyens"

"On ne peut pas accepter durablement cette situation car au nom de l'humanitaire cela veut dire qu'il n'y plus aucun contrôle. À la fin on fait le jeu des passeurs en réduisant le coût du passage pour les passeurs. C'est d'un cynisme terrible", a poursuivi le président français.

Il veut aussi que l'Europe "renforce sa coopération avec les garde-côtes" libyens pour "limiter les mouvements" de migrants car, selon lui, "la capacité à fermer cette route est la plus efficace et aussi la plus humaine".

M. Macron a reconnu aussi que "l'Italie a un fardeau: les centaines de milliers d'exilés qui n'ont pas obtenu l'asile et restent dans une situation de non droit".

"Nous avons regardé la réalité de cette situation avec le pape", a-t-il dévoilé après son entretien privé, en jugeant à ses côtés que ce défi politique "ne se résout ni dans la dilution absolue de ce que nous sommes, ni dans un rejet absolu".

À l'issue de leur longue rencontre de 57 minutes, le pape lui a offert un médaillon de Saint Martin, qui selon la tradition chrétienne a partagé son manteau avec un déshérité. "C'est la vocation des gouvernants de protéger les pauvres... e tutti siamo poveri" (et nous sommes tous des pauvres), lui a fait remarquer François avec un regard appuyé, en mélangeant les deux langues.

Le chef de l'État français a aussi évoqué des sujets sociétaux avec le souverain pontife, comme l'avortement, le mariage homosexuel, ou la procréation médicalement assistée, défendant devant lui "la liberté des femmes à disposer de leur corps".

AFP/VNA/CVN

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